BAL­LON D’OR L’autre match du Mon­dial

Le bi­lan en Rus­sie pè­se­ra lourd à l’ins­tant de dé­cer­ner le pré­cieux tro­phée en fin d’an­née. Les têtes d’af­fiche ha­bi­tuelles — Mes­si, Ro­nal­do, Ney­mar — se­ront confron­tées à des out­si­ders très sé­rieux.

Le Parisien (Hauts de Seine) - - SPORTS - PAR DO­MI­NIQUE SÉVÉRAC

La plus grande compétition spor­tive du monde au­ra for­cé­ment une in­ci­dence sur le ré­sul­tat du Bal­lon d’or « France Foot­ball » dé­cer­né en fin d’an­née. Les têtes d’af­fiche ha­bi­tuelles — Mes­si, Cris­tia­no Ro­nal­do, Ney­mar — vont de­voir se frot­ter à d’éven­tuels can­di­dats très sé­rieux. Ce tro­phée in­di­vi­duel est de­ve­nu une ob­ses­sion pour ces joueurs-là qui vivent le foot­ball de ma­nière col­lec­tive et per­son­nelle.

CRIS­TIA­NO RO­NAL­DO, POR­TÉ PAR LE REAL MA­DRID

Avant que le Mon­dial ne dé­bute, il est en­core le grand fa­vo­ri pour se suc­cé­der une nou­velle fois à lui-même. Parce qu’il a en­core été dé­ci­sif avec le Real Ma­drid, une nou­velle fois cham­pion d’Eu­rope. En point d’orgue, son ci­seau réa­li­sé à la per­fec­tion en quart de fi­nale à Tu­rin contre la Juve. Son point faible, tout re­la­tif, est d’évo­luer avec le Por­tu­gal, pas sou­vent ci­té comme can­di­dat à la vic­toire fi­nale. Pour­tant, sa Se­le­ção semble plus forte qu’à l’Eu­ro 2016. Et les quatre der­niers Bal­lons d’or lui ont été at­tri­bués. On di­rait qu’il est sur une lan­cée.

NEY­MAR, GRÂCE AU BRÉ­SIL

Après sa bles­sure contre Mar­seille le 25 fé­vrier et le feuille­ton de son opé­ra­tion et de sa conva­les­cence, il semble dé­jà dans de bonnes dis­po­si­tions phy­siques, avec deux buts su­blimes en matchs de pré­pa­ra­tion. Si le Bré­sil va en fi­nale ou rem­porte le Mon­dial, compte te­nu de sa po­si­tion cen­trale au sein de la sé­lec­tion, il a toutes les chances de gla­ner son pre­mier Bal­lon d’or, mal­gré l’éli­mi­na­tion pi­teuse du PSG en 8e de fi­nale de la Ligue des cham­pions. LIO­NEL MES­SI AU­RA BE­SOIN DU MON­DIAL Il pour­rait le re­ce­voir chaque sai­son puis­qu’il est in­trin­sè­que­ment le plus fort de toutes les stars de la pla­nète foot. Mais, en ver­tu des cri­tères du Bal­lon d’or, il lui fau­dra plus que le gain du cham­pion­nat d’Es­pagne et de la Coupe du roi pour de­ve­nir le pre­mier à en pos­sé­der six. En 2014, sa place en fi­nale de la Coupe du monde n’a pas suf­fi. CR7 lui est pas­sé de­vant, mais à l’époque le tro­phée avait été fu­sion­né avec ce­lui de la Fifa. Il est main­te­nant re­ve­nu dans le gi­ron de « France Foot­ball ». MO­HA­MED SA­LAH, LE CHOIX DU COEUR Il a par­ti­ci­pé, hier avec l’Egypte, à son pre­mier en­traî­ne­ment col­lec­tif de­puis sa bles­sure à l’épaule en fi­nale de la Ligue des cham­pions le 26 mai. Sa per­son­na­li­té et ses sta­tis­tiques avec Li­ver­pool cette sai­son suf­fisent pour qu’il rem­porte le plus grand tro­phée in­di­vi­duel. Mais per­sonne ne sait comment il va re­ve­nir de sa bles­sure et, sur­tout, il a le dé­faut, qui ne lui ap­par­tient pas, de jouer pour l’Egypte, pas fa­vo­rite du Mon­dial ni de son groupe (Rus­sie, Uru­guay, Ara­bie saou­dite). SER­GIO RA­MOS PART DE PLUS LOIN Il y a trois fa­vo­ris dans ce Mon­dial : le Bré­sil, l’Al­le­magne et l’Es­pagne. Ney­mar in­carne le pre­mier, per­sonne vrai­ment la deuxième et Ra­mos la troi­sième. Si la Ro­ja s’as­soit sur le toit du monde, le Ma­dri­lène ver­ra sa cote aug­men­ter, parce qu’il au­ra aus­si ga­gné la Ligue des cham­pions. Mais c’est un dé­fen­seur et il traîne une mau­vaise ré­pu­ta­tion, comme sur le contact en fi­nale de la Ligue des cham­pions avec Sa­lah qu’il oblige à sortir. Der­nier écueil : dou­bler Ines­ta. Le gé­nie bar­ce­lo­nais quitte l’Eu­rope, di­rec­tion le Ja­pon, mais pour l’en­semble de sa car­rière (un cri­tère qui n’existe pas) et sa trace dans l’his­toire du jeu, il mé­rite un Bal­lon d’or. DES SUR­PRISES POSSIBLES Si la France est cham­pionne du monde, Griez­mann, vain­queur de la Ligue Eu­ro­pa, et Mbap­pé se­raient dis­tin­gués à coup sûr. Har­ry Kane pour­rait s’im­po­ser si l’An­gle­terre se ré­veille pour la pre­mière fois de­puis 1966. Sua­rez et Ca­va­ni in­carnent l’Uru­guay, un outsider du tour­noi.

Sa­lah, Ra­mos, Ney­mar, Mes­si et Ro­nal­do (de g. à dr.) au­ront à coeur d’épa­ter la ga­le­rie pen­dant la compétition.

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