« J’ap­pelle tout le monde au se­cours »

La mère d’un jeune mi­li­taire, dis­pa­ru mys­té­rieu­se­ment de­puis une se­maine en Sa­voie, fait ap­pel à la po­pu­la­tion.

Le Parisien (Oise) - - FAITS DIVERS - DE NOTRE COR­RES­PON­DANT

der­nier, et mal­gré d’im­por­tantes re­cherches, le ca­po­ral Ar­thur Noyer, 23 ans, du 13e ba­taillon de chas­seurs al­pins (BCA) à Bar­by (Sa­voie), reste in­trou­vable. Une dis­pa­ri­tion mys­té­rieuse qui laisse sa fa­mille, ses amis, ses col­lègues mi­li­taires dans l’an­goisse. Tous re­muent ciel et terre pour ten­ter de re­trou­ver sa trace. Mais Ar­thur semble s’être pro­pre­ment vo­la­ti­li­sé.

Il est 4 heures du ma­tin ce 12 avril à Cham­bé­ry lorsque, après une soi­rée pas­sée dans des bars et une dis­co­thèque avec des col­lègues de ré­gi­ment, le jeune ca­po­ral dé­cide de re­ga­gner seul sa ca­serne de Bar­by, si­tuée à en­vi­ron 5 km du cen­tre­ville. Ar­thur se trouve alors dans le sec­teur du Car­ré Cu­rial. Sur des images cap­tées par des ca­mé­ras de sur­veillance, on voit Ar­thur faire du stop, rue de la Ré­pu­blique, non loin de la dis­co­thèque où il a lais­sé ses amis. Et en­suite, plus rien. A 8 heures, au ba­taillon, le jeune mi­li­taire n’est pas à son poste comme pré­vu. En fin de ma­ti­née, l’ar­mée donne l’alerte.

Les pa­rents du ca­po­ral, Di­dier et Cé­cile Noyer, sont pré­ve­nus à Bourges (Cher), où ils ré­sident. Très vite, ils prennent la route de Cham­bé­ry. Et de­puis jeu­di, avec leur deuxième fils, Quentin, 21 ans, et des amis d’Ar­thur, ils ar­pentent la ville, collent des avis de re­cherche par­tout.

Cé­cile et Di­dier Noyer sont des pa­rents dé­vas­tés : « On veut sa­voir ce qui s’est pas­sé. On veut re­trou­ver notre fils, quelle que soit l’is­sue. J’ap­pelle tout le monde au se­cours », san­glote la mère d’Ar­thur. « On est en pleine dé­tresse. Ar­thur est un jeune bien dans ses bas­kets, qui ri­gole, qui danse le rock’n’roll. La joie de vivre dans toute sa splen­deur », ex­plique son père. « On ne croit pas du tout à une dis­pa­ri­tion vo­lon­taire. Notre fils était heu­reux d’être à l’ar­mée. Il avait in­té­gré le 13e BCA en 2014. Il avait la confiance de ses su­pé­rieurs. Mar­di soir, Ar­thur a eu son frère Quentin au té­lé­phone. Ils ont échan­gé des pho­tos. A au­cun mo­ment Ar­thur n’a évo­qué un quel­conque sou­ci », confie sa ma­man.

« For­cé­ment, on est obli­gés de pen­ser au pire », re­con­naît Di­dier Noyer. « Ar­thur a peut-être été ren­ver­sé par une voi­ture. Et pour fuir ses res­pon­sa­bi­li­tés, l’au­teur de l’ac­ci­dent a pu l’em­bar­quer avant de le je­ter quelque part. La seule chose dont on est per­sua­dés, c’est qu’un élé­ment extérieur est in­ter­ve­nu dans sa dis­pa­ri­tion. Ar­thur n’au­rait ja­mais lais­sé sa fa­mille comme ça dans l’incertitude. Si quel­qu’un a vu quelque chose, il faut qu’il parle. S’il vous plaît, ai­dez-nous ! » sup­plie, en pleurs, le père d’Ar­thur. La thèse d’une agres­sion à ca­rac­tère ter­ro­riste n’est pas re­te­nue par les en­quê­teurs. Le jeune ca­po­ral du 13e BCA n’était pas en uni­forme au mo­ment de sa dis­pa­ri­tion et per­sonne ne pou­vait sa­voir qu’il était mi­li­taire. Les gen­darmes ont ten­té hier, dans le sec­teur du Car­ré Cu­rial, de re­trou­ver la trace d’Ar­thur avec un chien de Saint-Hu­bert. En vain. Le mystère de­meure pour l’ins­tant.

« ON NE CROIT PAS DU TOUT À UNE DIS­PA­RI­TION VO­LON­TAIRE » CÉ­CILE NOYER, LA MÈRE D’AR­THUR

Cham­bé­ry (Sa­voie), hier. Cé­cile et Di­dier Noyer, les pa­rents du ca­po­ral Ar­thur Noyer, 23 ans, dis­pa­ru de­puis le 12 avril, re­cherchent de­puis une se­maine des té­moins qui pour­raient les ai­der à re­trou­ver leur fils.

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