Stade Fran­çais, l’état d’alerte

Pas­sé au tra­vers àTou­louse, le club pa­ri­sien a mon­tré ses la­cunes du mo­ment. Et va jouer sa peau lors des pro­chains matchs contre Tou­lon, Pau, Mont­pel­lier et Cler­mont !

Le Parisien (Oise) - - RUGBY - DE NOTRE COR­RES­PON­DANT VINCENT PIALAT À TOU­LOUSE (HAUTE-GARONNE)

ON N’A PAS UN EF­FEC­TIF AS­SEZ COS­TAUD. EN CE MO­MENT, ON DOIT FAIRE LE DOS ROND ET TRA­VAILLER ” JU­LIEN DUPUY, EN­TRAέNEUR DES AR­RIÈRES PA­RI­SIENS

QUATRE MATCHS, une seule vic­toire, 132 points en­cais­sés de­puis le mois d’août et une place d’avant-der­nier : le Stade Fran­çais doit-il dé­jà s’alar­mer ? Hier, les Pa­ri­siens ont lâ­ché dans les grandes lar­geurs (53-17) à Tou­louse. Ils n’ont exis­té qu’une di­zaine de mi­nutes en dé­but de se­conde mi-temps, et ont une nou­velle fois connu un jour sans, après no­tam­ment une large dé­faite à Bor­deaux (30-10). « On ne peut pas jouer au rug­by si on perd 20 ou 25 bal­lons dans le match », re­lève le troi­sième ligne An­toine Bur­ban.

Dé­jà re­lé­gué en fond de clas­se­ment, le Stade Fran­çais du nou­veau pro­prié­taire al­le­mand Hans-Pe­ter Wild s’ap­prête à vivre une an­née ga­lère que, par pu­deur, beau­coup au club ap­pellent « sai­son de tran­si­tion ». Les deux der­niers exer­cices avaient dé­jà été très longs à tra­ver­ser. A trop jouer avec le feu, Pa­ris risque de se brû­ler. « On n’a joué que quatre jour­nées, la sai­son est suf­fi­sam­ment longue pour ne pas s’alar­mer », es­time An­toine Bur­ban. « Le pro­blème, c’est sur­tout notre dé­faite lors de la pre­mière jour­née, à do­mi­cile face à Lyon, pour­suit Alexandre Flan­quart, le ca­pi­taine. On ne va pas se mettre le feu au­jourd’hui. Mais c’est sûr qu’avec notre nombre de points et le ca­len­drier, ça peut de­ve­nir pro­blé­ma­tique. »

Amoin­dri par de très nom­breuses ab­sences, Pa­ris va de­voir gé­rer un pro­gramme dan­tesque : Tou­lon, Pau, Mont­pel­lier, Cler­mont lors des quatre pro­chaines jour­nées… « On sait que c’est com­pli­qué, re­con­naît Ju­lien Dupuy, l’en­traî­neur des ar­rières. On n’a pas un ef­fec­tif as­sez cos­taud, on a trop de jeunes joueurs. En ce mo­ment, on doit faire le dos rond et tra­vailler. »

Le Stade Fran­çais est dé­jà presque en si­tua­tion d’ur­gence et, mal­gré les mes­sages d’apai­se­ment, les joueurs en ont bien conscience. « Le pro­chain match, c’est Tou­lon à la mai­son et il est hors de ques­tion qu’on le perde », pointe Bur­ban. « On a la chance de pou­voir se re­faire à do­mi­cile le week-end pro­chain, es­time Flan­quart. On au­ra le cou­teau sur la gor- ge. J’es­père qu’on se­ra comme des morts de faim. »

Pour ce­la, les Pa­ri­siens de­vront je­ter toutes leurs forces dans la ba­taille et com­mettre moins d’er­reurs que de­puis le dé­but de sai­son. « On est moins cos­tauds que les autres, ex­plique An­toine Bur­ban. C’est plus com­pli­qué pour nous de dé­fendre. C’est pour ça qu’on doit da­van­tage gar­der le bal­lon. On est bons quand on a le bal­lon. Sans, on de­vient une équipe mau­vaise. » « On a deux vi­sages, veut po­si­ti­ver Jules Plis­son. Il faut le­ver la tête et ne pas ré­duire les in­ten­tions de jeu. Mais c’est sûr que ça ne peut pas suf­fire. »

Stade Er­nest-Wal­lon (Tou­louse), hier. La­mi­nés par les Tou­lou­sains, Stee­vy Cer­quei­ra (au sol), Ter­ry Bouh­raoua (de dos) et les Pa­ri­siens semblent bel et bien par­tis pour une nou­velle sai­son ga­lère.

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