C’est la lutte fi­nale

TEN­NIS Coupe Da­vis (de­mi-fi­nale). Jo-Wil­fried Tson­ga peut en­voyer l’équipe de France en fi­nale à condi­tion de battre cet après-mi­di Du­san La­jo­vic. Si­non, Lu­cas Pouille se re­trou­ve­ra dos au mur.

Le Parisien (Oise) - - SPORTS - DE NOTRE EN­VOYÉ SPÉ­CIAL ÉRIC BRUNA À VILLE­NEUVE-D’ASCQ (NORD)

En quit­tant le stade Pier­re­Mau­roy, après la ba­lade de la paire Ma­hut-Her­bert face au faible duo serbe Zi­mon­jic-Kra­ji­no­vic (6-1, 6-2, 7-6), Jo-Wil­fried Tson­ga ar­bore un large sou­rire. Le no 1 fran­çais a la place en fi­nale de Coupe Da­vis au bout de sa ra­quette, à par­tir de 13 heures, face à La­jo­vic. Un point, c’est tout ce qu’il faut aux Bleus pour ten­ter de faire re­luire un 10e Sa­la­dier d’ar­gent, fin no­vembre, face à la Bel­gique ou en Aus­tra­lie (les Aus­tra­liens mènent 2-1). Même si la dé­con­ve­nue de Pouille, ven­dre­di, peut in­ci­ter à la pru­dence, per­sonne ne doute de la ca­pa­ci­té du Man­ceau à épar­gner son jeune co­équi­pier des affres d’un cin­quième match cou­pe­ret.

« Il est là, il a en­vie, et ce se­rait une belle image qu’il ter­mine, souffle Ma­hut. Ce n’était pas fa­cile de ren­trer ven­dre­di à 0-1 avec tous les souve-

nirs qu’il a ici (NDLR : la dé­faite et la bles­sure en fi­nale 2014 contre

la Suisse). Il a été très fort pour gé­rer cet as­pect-là. »

Avant-hier, le no 18 mon­dial a as­su­ré. Et ras­su­ré. « Il est en confiance, il a joué de mieux en mieux, ob­serve Loïc Cour­teau, l’en­traî­neur des Bleus. Il au­ra de bonnes sen­sa­tions, mais il faut qu’il soit vi­gi­lant, qu’il es­saie de prendre son ad­ver­saire à la gorge d’en­trée de jeu et qu’il lui montre qui est le pa­tron en avan­çant avec ses grosses frappes en coup droit. L’ob­jec­tif, c’est la vic­toire pour Jo, tout en pré­pa­rant Lu­cas à al­ler cher­cher un éven­tuel 3e point à 2-2. Il ne faut sur­tout pas se dire que ça va être fa­cile… »

D’au­tant que la der­nière fois que la France s’est in­cli­née après avoir me­né 2-1, c’était en… Ser­bie, lors de la fi­nale de 2010. « Ne pen­sez même pas à comment on pour­rait faire pour perdre, c’est un truc de pois­sard, lâ- che le ca­pi­taine, Yan­nick Noah, les traits ti­rés par le stress. On a deux matchs pour faire un point. Vu l’ad­ver­saire, ce se­ra plus un sou­la­ge­ment qu’une joie. Parce qu’on sait que si on perd, ça va être notre fête. On a tel­le­ment en­vie d’y ar­ri­ver ! Si ça doit se pas­ser, c’est cette an­née. On ne sait pas ce que va de­ve­nir la Coupe Da­vis, le ca­len­drier de l’an­née pro­chaine, etc. En fi­nale (sic), on risque de jouer l’Aus­tra­lie. C’est une belle

SI ÇA DOIT SE PAS­SER, C’EST CETTE AN­NÉE. LES JOUEURS LE SAVENT YAN­NICK NOAH, CA­PI­TAINE DE L’ÉQUIPE DE FRANCE

op­por­tu­ni­té pour nous. Pour l’Aus­tra­lie aus­si, vous me di­rez… J’y croyais dé­jà à mort l’an­née der­nière (NDLR : dé­faite en Croa­tie en de­mie), et ce­la a été une énorme dé­cep­tion. » Dif­fi­cile de ne pas avoir dé­jà la tête dans les nuages alors que les pieds de Tson­ga n’ont même pas en­core fou­lé la terre. « Der­rière, il y a une fi­nale, glisse Ma­hut. Ce n’est pas fi­ni pour nous. Ce n’est qu’une étape. Vous l’avez tous dans la tête, on l’a dans la tête. Ça fait long­temps qu’on court après cette vic­toire qui nous échappe. » Seize ans, pré­ci­sé­ment. De­puis l’ex­ploit du qua­tuor Gros­jean, Es­cu­dé, Pio­line, San­to­ro… en Aus­tra­lie.

Stade Pierre-Mau­roy (Ville­neuve-d’Ascq), hier. Après le point du double ap­por­té par la paire Ma­hut-Her­bert (au centre), Jo-Wil­fried Tson­ga (ci-des­sous) doit conclure contre La­jo­vic pour qua­li­fier la France.

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