Un col­lec­tion­neur ico­no­claste

Le Parisien (Oise) - - VOTRE DIMANCHE - R.B.

ALAIN BOUR­BON­NAIS

(1925-1988), di­plô­mé en ar­chi­tec­ture, se dis­tin­gue­ra ra­pi­de­ment en rem­por­tant plu­sieurs con­cours, avant d’être nom­mé ar­chi­tecte en chef des bâ­ti­ments ci­vils et pa­lais na­tio­naux. Mais ce pro­fil pro­fes­sion­nel des plus sé­rieux cache un ar­tiste : Alain Bour­bon­nais peint et réa­lise des gra­vures puis se lance dans la construc­tion, au dé­but des an­nées 1970, de ses « Tur­bu­lents », des au­to­mates géants consti­tués de ma­té­riaux ré­cu­pé­rés.

UNE AF­FAIRE DE FA­MILLE

Au même mo­ment, il tombe dans la mar­mite de l’art brut, après une ren­contre avec Jean Du­buf­fet en 1971, et il en­tame une col­lec­tion qu’il ex­pose dans un ate­lier à Pa­ris, rue Ja­cob (VIe), consa­cré à l’art « hors les normes ». Mais il rêve d’un lieu beau­coup plus vaste, sus­cep­tible d’ac­cueillir des oeuvres de grande taille ain­si que sa col­lec­tion qui ne cesse de se dé­ve­lop­per. En 1982, Alain Bour­bon­nais ferme donc l’Ate­lier Ja­cob et ouvre l’an­née sui­vante la Fa­bu­lo­se­rie, dans l’Yonne : une im­mense mai­son et un jar­din qui de­vien­dront le temple de l’art hors les normes. Il le fait fonc­tion­ner avec sa femme Ca­ro­line jus­qu’à son dé­cès en 1988, puis Ca­ro­line prend le re­lais jus­qu’en 2014. Au­jourd’hui, ce sont leurs filles, Agnès et So­phie, qui re­çoivent les vi­si­teurs à la Fa­bu­lo­se­rie, où per­siste l’es­prit du créa­teur.

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