Vers un re­ma­nie­ment an­non­cé

Avec l’élec­tion du porte-pa­role du gou­ver­ne­ment, Chris­tophe Cas­ta­ner, à la tête de la Ré­pu­blique en marche, c’est un re­ma­nie­ment… a mi­ni­ma qui s’an­nonce.

Le Parisien (Oise) - - LA UNE - PAR MY­RIAM ENCAOUA

à l’ho­ri­zon. Dans les cou­loirs du pa­lais pré­si­den­tiel et dans les mi­nis­tères, même son de cloche : c’est un re­ma­nie­ment a mi­ni­ma qui se pro­file… Après l’élec­tion, sa­me­di, de Chris­tophe Cas­ta­ner à la tête de la Ré­pu­blique en marche, l’exé­cu­tif va de­voir lui trou­ver un rem­pla­çant au poste de por­te­pa­role du gou­ver­ne­ment. Cas­ta­ner pour­rait, en re­vanche, conser­ver son por­te­feuille de se­cré­taire d’Etat aux Re­la­tions avec le Par­le­ment. Em­ma­nuel Ma­cron et Edouard Phi­lippe en dé­bat­tront cette se­maine.

Pour lui suc­cé­der, deux noms re­viennent : ceux des se­cré­taires d’Etat Ju­lien De­nor­man­die et Ben­ja­min Gri­veaux. une cer­ti­tude : « Ce­lui qui va être sol­li­ci­té le se­ra au der­nier mo­ment », dit un proche du pré­sident. Le re­ma­nie­ment de­vrait être an­non­cé en dé­but de se­maine pro­chaine par voie de com­mu­ni­qué. « Si je de­vais faire un pa­ri, lance un mi­nistre, sur une échelle de 1 à 3, je pla­ce­rais le cur­seur à 2 sur Ben­ja­min. » Jusque-là fa­vo­ri, le se­cré­taire d’Etat à Ber­cy a vu sa cote chu­ter en quinze jours. La rai­son ? « On lui re­proche de trop par­ler », pour­suit le mi­nistre. Quant à De­nor­man­die, il a fait ses preuves sur le dos­sier du lo­ge­ment et « il ap­prend vite », glisse-t-on. Très ap­pré­cié du pré­sident, le chou­chou de la ma­cro­nie ne rêve pas du job, mais « est bon élève » et se plie­ra au choix du chef. Pour le reste, l’Ely­sée pré­vient : il n’y au­ra pas de jeu de chaises mu­si­cales. Le pré­sident n’a pas l’in­ten­tion de tou­cher aux grands équi­libres. Six mois après leur en­trée en fonc­tion, les mi­nistres, is­sus de la so­cié­té ci­vile, sont presque tous en­core in­con­nus des Fran­çais. Qu’im­porte ! Ce cas­ting d’ex­perts est là pour du­rer. « Il y a des mi­nistres qui peuvent par­fai­te­ment res­ter tout le quin­quen­nat », as­sure même un conseiller de l’Ely­sée. En cou­lisse, l’en­tou­rage pré­si­den­tiel dé­fend ces « pro­fils dif­fé­rents », gage de pro­fes­sion­na­lisme.

Rien ne rem­pla­ce­ra donc l’ef­fi­ca­ci­té aux yeux de l’exé­cu­tif. Même si le pre­mier cercle re­con­naît que les mi­nistres no­vices doivent « in­car­ner da­van­tage la co­hé­rence de l’ac­tion » et « s’ap­pro­prier le Et

en même temps ». Mais fer­mez le ban : « Ce n’est pas le genre de gou­ver­ne­ment avec le­quel on peut jouer. Les mi­nistres ne sont pas in­ter­chan­geables. »

Confir­ma­tion qu’il n’y au­ra donc pas de ré­vo­lu­tion de pa­lais. Cer­tains évoquent tou­te­fois la pos­si­bi­li­té d’en­voyer un si­gnal fort à l’élec­to­rat de gauche avec la no­mi­na­tion d’un mi­nistre à la grande pau­vre­té. His­toire de gom­mer l’éti­quette de pré­sident des riches…

2018, AN­NÉE « DIF­FI­CILE »

L’Ely­sée pa­rie sur le temps long. Les ré­sul­tats pro­dui­ront leurs fruits, es­père-t-on, « d’ici un an à dix-huit mois ». Seuls juges de paix : la feuille d’im­pôts, la feuille de paie et l’em­ploi. Les Fran­çais ont été « po­ly­trau­ma­ti­sés par la pres­sion fis­cale des deux pré­cé­dents quin­quen­nats », dit-on à l’Ely­sée. « A la fin, ce qui va comp­ter, ce ne sont pas les sta­tis­tiques mais les chan­ge­ments vi­sibles du quo­ti­dien », pour­suit-on au Châ­teau. En at­ten­dant, l’équipe en place — ef­fi­cace ou pas — de­vra re­le­ver le dé­fi « d’une an­née 2018 » qui se­ra de l’aveu même des conseillers d’Em­ma­nuel Ma­cron « dif­fi­cile ».

À LA FIN, CE QUI VA COMP­TER, CE NE SONT PAS LES STA­TIS­TIQUES MAIS LES CHAN­GE­MENTS VI­SIBLES DU QUO­TI­DIEN L’EN­TOU­RAGE PRÉ­SI­DEN­TIEL

Pa­lais de l’Ely­sée (Pa­ris, VIIIe), le 2 no­vembre. Le rem­pla­ce­ment de Chris­tophe Cas­ta­ner ne bou­le­ver­se­ra pas les grands équi­libres du gou­ver­ne­ment.

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