Mé­len­chon cherche un se­cond souffle

Le Parisien (Oise) - - POLITIQUE - QUEN­TIN LAURENT

tous le re­con­naissent, sans cil­ler : Em­ma­nuel Ma­cron est « très fort », « ha­bile », « stra­tège »… JeanLuc Mé­len­chon vou­lait faire de l’op­po­si­tion aux or­don­nances du gou­ver­ne­ment la « ba­taille de France », lui op­po­ser la rue, faire re­cu­ler l’exé­cu­tif… Las, la mo­bi­li­sa­tion n’a pas pris. Et voi­là les In­sou­mis qui se tri­turent les mé­ninges… Quelle mé­thode adop­ter face au pré­sident mar­cheur ? Telle est la ques­tion…

Dans un ul­time re­cours pour re­don­ner du souffle à la contes­ta­tion, LFI a ten­té de mo­bi­li­ser la jeu­nesse avec des tracts à des­ti­na­tion des ly­céens et des étu­diants. Cet ap­pel se­ra-t-il en­ten­du ? Les In­sou­mis le sau­ront lors de la ma­ni­fes­ta­tion de jeu­di contre les or­don­nances mais l’heure n’est pas à l’op­ti­misme.

« Il va fal­loir avoir une vraie ré­flexion » sur la fu­ture tac­tique à adop­ter, re­con­naît Eric Co­que­rel, dé­pu­té de la Sei­neSaint-De­nis. Les par­le­men­taires LFI — sur­nom­més les 17 — se réunissent au­jourd’hui. La ques­tion se­ra « évi­dem­ment » abor­dée, confie-t-on.

DÉ­CLEN­CHER « L’ÉTINCELLE »

« Ce se­rait une er­reur de pen­ser qu’on est seuls à avoir la clé contre ce que fait Ma­cron. Il faut ras­sem­bler les forces qui veulent en dé­coudre », ex­plique Clé­men­tine Au­tain, autre dé­pu­tée du 93. Faut-il com­prendre que la par­ti­tion so­lo de Jean-Luc Mé­len­chon à la fin de l’été a ses li­mites ? Il a tar­di­ve­ment ten­du la main aux syn­di­cats, avant de cri­ti­quer leur « di­vi­sion ».

Les In­sou­mis per­sistent, eux, à croire que « chaque nou­velle an­nonce de Ma­cron peut mettre le feu aux poudres ». Leur reste à trou­ver com­ment dé­clen­cher « l’étincelle »… L’ap­pel à la rue, trop éner­gi­vore, ne peut être un re­cours sys­té­ma­tique.

Co­or­di­na­trice du pro­gramme, Char­lotte Gi­rard s’in­ter­roge : « Faut-il at­tra­per toutes les balles, ne rien lais­ser pas­ser de ce que fait Ma­cron ? On peut aus­si s’épui­ser à ça », note cette proche de Mé­len­chon, qui ad­met que « la par­tie n’est pas fa­cile à jouer ». Se­lon elle, le « dis­cours tech­no » du gou­ver­ne­ment a vo­ca­tion à « dé­po­li­ti­ser le dé­bat » à des­sein, pour em­pê­cher la contes­ta­tion de prendre. Contre ce « ca­mou­flage ha­bile », d’autres es­timent qu’il faut faire montre de pé­da­go­gie, en uti­li­sant « les deux jambes de l’op­po­si­tion » pour « s’op­po­ser et pro­po­ser », dé­taille An­toine Léaument, res­pon­sable de la com­mu­ni­ca­tion nu­mé­rique de LFI. A dé­faut de pou­voir mo­bi­li­ser ex ni­hi­lo, In­ter­net doit être « un ou­til d’édu­ca­tion po­pu­laire » en re­dis­til­lant le pro­gramme des In­sou­mis. Même si ce der­nier n’avait pas per­mis à Mé­len­chon de se his­ser plus haut qu’à la 4e place lors de la pré­si­den­tielle.

Pour ses al­liés com­mu­nistes, l’op­po­si­tion ne trou­ve­ra de sa­lut que dans l’union. « Il faut que toute la gauche, avec un grand G, se voie, souffle-t-on place du Co­lo­nel-Fa­bien, où l’on ré­fute toute idée de lea­der­ship de l’op­po­si­tion. C’est un frein à la mo­bi­li­sa­tion. »

Jean-Luc Mé­len­chon et les In­sou­mis peinent à mo­bi­li­ser et à fé­dé­rer l’op­po­si­tion.

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