Le coup de pouce ma­lin pour sor­tir du RSA

C’est le pa­ra­doxe : en re­trou­vant un em­ploi, les al­lo­ca­taires perdent sou­vent des aides et donc des re­ve­nus. Pour gom­mer cet ef­fet per­vers, l’Es­sonne a ima­gi­né un « pack sor­tie RSA ».

Le Parisien (Oise) - - ÉCONOMIE - PAR CÉ­CILE CHEVALLIER DANS L’ES­SONNE

UNE SORTE DE PRIME de re­tour à l’em­ploi. Le conseil dé­par­te­men­tal de l’Es­sonne a adop­té à l’una­ni­mi­té hier la mise en place, à comp­ter du 1er dé­cembre 2017, d’un « pack sor­tie RSA » vi­sant à la « sé­cu­ri­sa­tion et au re­tour dans l’em­ploi des bé­né­fi­ciaires du re­ve­nu de so­li­da­ri­té ac­tive ». Pen­dant un dé­lai de six mois maxi­mum, cer­tains al­lo­ca­taires en passe de re­nouer avec la vie ac­tive (en CDI ou en CDD) pour­ront dé­sor­mais dis­po­ser d’un ac­com­pa­gne­ment fi­nan­cier et so­cial.

« C’est un dis­po­si­tif très in­no­vant, se fé­li­cite Fran­çois Durovray, le pré­sident (LR) de l’Es­sonne. Nous sommes un des pre­miers dé­par­te­ments de France à le mettre en place

(NDLR : l’Oise dis­tri­bue aus­si une prime de re­tour à l’em­ploi). » L’idée est née grâce au Groupe Res­sources, une struc­ture où agents so­ciaux, al­lo­ca­taires et élus échangent sur les po­li­tiques pu­bliques.

MISE EN PLACE LE 1er DÉ­CEMBRE

« La plu­part des bé­né­fi­ciaires du RSA sont employables et ont très en­vie de tra­vailler, pour­suit Fran­çois Durovray. Mais cer­tains évoquent des obs­tacles, no­tam­ment fi­nan­ciers, pour re­prendre une vie ac­tive. Car ils perdent le RSA mais aus­si toute une bat­te­rie d’aides. » Le « pack sor­tie RSA » vise à gom­mer ces dif­fé­rences de re­ve­nus. Il pré­voit par exemple l’at­tri­bu­tion d’un mon­tant maxi­mum de 75 € pour une carte de trans­port dans l’at­tente de la prise en charge à 50 % par l’em­ployeur si la prise en charge à 100 % par Ile-de-France Mo­bi­li­tés a ces­sé. Autres coups de pouce : « Un mon­tant maxi­mum de 150 € par mois pour la garde d’en­fant ou en­core des ché­quiers d’in­ser­tion de 100 € le pre­mier tri­mestre pour fi­nan­cer le dé­jeu­ner, l’achat de vê­te­ments adap­tés ou des pro­duits d’hy­giène. »

Mis en place dès le 1er dé­cembre, il pour­rait, en 2018, concer­ner 150 al­lo­ca­taires qui per­ce­vraient jus­qu’à 1 350 € pour six mois sur une en­ve­loppe glo­bale de 200 000 €. « Si nous de­vons aug­men­ter les cré­dits pour élar­gir cette aide à plus de bé­né­fi­ciaires, nous le fe­rons, an­nonce Fran­çois Durovray. Tout le monde a in­té­rêt à ce que ce pack réus­sisse », ajoute-t-il.

En Es­sonne, 26 081 per­sonnes per­çoivent le RSA, et le dé­par­te­ment dé­pense 162 M€ par an pour ver­ser cette al­lo­ca­tion (contre 60 M€ en 2010). « Après la lutte contre la fraude, qui nous a per­mis de ra­dier 1 200 per­sonnes, nous al­lons plus loin avec ce pack pour que le re­tour à l’em­ploi ne soit ja­mais pé­na­li­sant », conclut Fran­çois Durovray. Il a été sui­vi, une fois n’est pas cou­tume, par l’op­po­si­tion qui a « plei­ne­ment sous­crit » à un dis­po­si­tif qu’elle es­père voir prendre en­core plus d’am­pleur.

“LA PLU­PART DES BÉ­NÉ­FI­CIAIRES DU RSA SONT EMPLOYABLES ET ONT TRÈS EN­VIE DE TRA­VAILLER

FRAN­ÇOIS DUROVRAY, PRÉ­SIDENT DU CONSEIL DÉ­PAR­TE­MEN­TAL DE L’ES­SONNE

Evry (Es­sonne), hier. Le conseil dé­par­te­men­tal a adop­té un dis­po­si­tif d’ac­com­pa­gne­ment fi­nan­cier et so­cial pour les al­lo­ca­taires du RSA vou­lant re­prendre une ac­ti­vi­té pro­fes­sion­nelle.

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