Vingt ans de vio­lences conju­gales au tri­bu­nal

Le Parisien (Oise) - - VOTRE DÉPARTEMENT - DIA­PO­RA­MA

s’en­traînent l’un l’autre à boire. Iso­lés dans une pe­tite mai­son à Thies­court, ils boivent et se battent de­puis 23 ans, « même si on s’aime », a confié Yves au tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Compiègne ven­dre­di der­nier. Cet homme de 55 ans, qui ne dis­pose que d’une pen­sion d’adulte han­di­ca­pé pour vivre, a été condam­né à deux ans de pri­son, dont un an ferme. « Le 7 no­vembre, quand votre femme a fui le do­mi­cile et est al­lée se ré­fu­gier à la mai­rie, elle était cou­verte de bleus, dé­taille Co­ra­lie Bru­not, la ma­gis­trate qui pré­si­dait l’au­dience. Et ce n’est pas la pre­mière fois. Vous avez dé­jà été condam­né pour vio­lence sur votre femme en 2004. » Elle se se­rait fait battre trois fois ce mois-ci. Yves a éga­le­ment in­ter­dic­tion d’en­trer en contact avec sa com­pagne pen­dant trois ans. Le pré­ve­nu de­vra éga­le­ment soi­gner son al­coo­lisme et as­sis­ter à un stage pour les au­teurs de vio­lences conju­gales.

pour la dé­gra­da­tion de la pro­pre­té dans nos gares. Nous met­tons tout en oeuvre pour ré­ta­blir la si­tua­tion et comp­tons sur votre pa­tience et votre ci­vi­li­té. » Ce mes­sage, les uti­li­sa­teurs des 75 gares du ré­seau Pa­ris-Nord (lignes B, D, H et K) l’en­tendent en boucle de­puis quelques jours… Mais sur­tout, ils le vivent au quo­ti­dien.

Dif­fi­cile de trou­ver des poubelles qui ne soient pas pleines ou des quais non jon­chés de dé­tri­tus… Car de­puis main­te­nant plus de dix jours, les quelque 80 em­ployés de la so­cié­té char­gée du net­toyage sont en grève. Mou­ve­ment re­con­duit hier, en as­sem­blée gé­né­rale, et qui concerne dé­sor­mais 100 % des em­ployés.

La rai­son ? La so­cié­té H. Rei­nier, fi­liale du géant du net­toyage Onet, a ra­che­té leur en­tre­prise le 1er no­vembre. « Ils sont cen­sés re­prendre l’en­semble du per­son­nel mais en­vi­sagent de chan­ger l’or­ga­ni­sa­tion de leur tra­vail », ex­plique Fa­bien Du­mas, se­cré­taire fé­dé­ral du syn­di­cat Sud-Rail. Le tract de re­ven­di­ca­tion des gré­vistes men­tionne entre autres « le main­tien des postes et ho­raires de tra­vail de chaque sa­la­rié », l’ap­pli­ca­tion de « la conven­tion col­lec­tive Ma­nu­ten­tion fer­ro­viaire pour tous » ou en­core le ver­se­ment d’une « prime de pa­nier à 4 € par jour pour tous ».

« Plu­sieurs réunions ont eu lieu, sans par­ve­nir à trou­ver un ac­cord sur l’en­semble des re­ven­di­ca­tions », ré­agit le groupe Onet. « Nous sou­hai­tons abou­tir dans les plus brefs dé­lais à une re­prise du dia­logue sur des bases construc­tives avec les re­pré­sen­tants des sa­la­riés, dans l’in­té­rêt de tous et en pre­mier lieu, ce­lui de notre client et des usa­gers de Tran­si­lien. »

LA SNCF AS­SURE QUE TOUT SE­RA PROPRE À PAR­TIR D’AU­JOURD’HUI

Mais ce conflit a pris une autre di­men­sion avec la condam­na­tion aux prud’hommes, ven­dre­di, de la so­cié­té H. Rei­nier pour des faits de har­cè­le­ment sexuel à l’en­contre de cinq sa­la­riés char­gés du net­toyage des trains en gare du Nord. Des faits suf­fi­sam­ment graves pour que le Dé­fen­seur des droits confirme lors de l’au­dience les « al­lé­ga­tions de har­cè­le­ment sexuel, de re­pré­sailles et de man­que­ment de l’em­ployeur à son obli­ga­tion de sé­cu­ri­té ». Fa­bien Du­mas rap­pelle, de son cô­té que « Sud-Rail a in­ter­pel­lé à maintes re­prises la di­rec­tion ré­gio­nale SNCF Mo­bi­li­tés sur la si­tua­tion af­fli­geante des sa­la­riés… »

« Lors de l’at­tri­bu­tion de l’ap­pel d’offres, il y a plu­sieurs mois, cette so­cié­té n’était pas en­core condam­née », se dé­fend la SNCF, en ajou­tant que, même si ce­la avait été le cas, « une condam­na­tion aux prud’hommes

n’entre pas dans les pos­si­bi­li­tés d’ex­clu­sion d’un ap­pel d’offres ». « Nos clients n’ont pas à sup­por­ter la sa­le­té en­gen­drée par ces ar­rêts de tra­vail », s’ex­cuse la SNCF. Et de pré­ci­ser : « Onet a mis du per­son­nel non gré­viste

en équipe nuit et jour pour trai­ter les gares les plus cri­tiques », avant de conclure : « Toutes au­ront été net­toyées d’ici mer­cre­di. » Au­cun doute que les usa­gers, nom­breux à se plaindre sur les ré­seaux so­ciaux, vé­ri­fie­ront.

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