Macron scelle la paix avec les ar­mées

Un an après le clash avec l’ex-chef d’état-ma­jor, le pré­sident a ac­cor­dé des moyens sup­plé­men­taires aux mi­li­taires.

Le Parisien (Oise) - - Politique - PAR AVA DJAMSHIDI

NI STU­PEUR ni fra­cas. Hier, lors de la tra­di­tion­nelle gar­den-par­ty of­ferte par la mi­nistre des Ar­mées à l’Hô­tel de Brienne, Emmanuel Macron s’est em­ployé à ras­su­rer. Comme pour mieux tour­ner la page de dé­buts com­pli­qués avec les mi­li­taires.

Sur ces mêmes pe­louses, un an plus tôt, le pré­sident s’était li­vré à un re­ca­drage en règle du chef d’état­ma­jor des ar­mées (CEMA) qui avait souf­flé les of­fi­ciers pré­sents. « Je suis votre chef », avait ton­né Macron, deux mois après son ar­ri­vée à l’Ely­sée. « Les en­ga­ge­ments que je prends de­vant nos conci­toyens et de­vant les ar­mées, je sais les te­nir et je n’ai be­soin de nulle pres­sion et de nul commentaire. » Dans son vi­seur, le gé­né­ral Pierre de Villiers qui s’était éle­vé contre l’hy­po­thèse de coupes bud­gé­taires dans la dé­fense, alors que lui mi­li­tait pour une hausse. Un mo­ment vé­cu comme un « élec­tro­choc » par nombre de gra­dés. Six jours plus tard, le CEMA an­non­çait sa dé­mis­sion.

Hier soir, de­vant les mi­li­taires de haut rang réunis à l’Hô­tel de Brienne, le ton s’est adou­ci. Plus ques­tion de re­mettre à sa place le nou­veau CEMA. D’ailleurs le suc­ces­seur de Pierre de Villiers, le gé­né­ral Fran­çois Le­cointre, a été dé­co­ré plus tôt dans la jour­née à l’Ely­sée. En ar­ri­vant rue Saint-Do­mi­nique, le chef de l’Etat est mon­té dans le bu­reau de Georges Cle­men­ceau pour si­gner la loi de pro­gram­ma­tion mi­li­taire 2019-2025 qui pré­voit une hausse des cré­dits de dé­fense pour at­teindre 2 % du PIB. Une mise en scène so­len­nelle, conçue comme l’un des temps forts de la longue cam­pagne de re­con­quête des mi­li­taires qu’il a pris soin de choyer dans son dis­cours : « Je n’ignore pas vos souf­frances, vos doutes, la dif­fi­cul­té par­fois de vous ré­in­sé­rer, la dif­fi­cul­té d’ex­pli­quer ce que vous avez vé­cu, a sou­li­gné le chef de l’Etat. Sa­chez que je pense à vous en chaque ins­tant. Pas seule­ment aux mo­ments des com­mé­mo­ra­tions, mais à chaque mo­ment où il faut choi­sir, dé­ci­der. »

Le pré­sident a an­non­cé qu’un mémorial pour les sol­dats morts en opé­ra­tions ex­té­rieures lors des der­nières dé­cen­nies se­rait « bien­tôt » éri­gé au parc André-Citroën, à Pa­ris (XVe).

AF­FAIRE DE VILLIERS :

« LA PAGE EST TOUR­NÉE »

De quoi scel­ler l’en­tente entre les ar­mées et le chef de l’État ? « L’an­née der­nière, le pré­sident a dit qu’il était le chef, cette an­née, il nous a don­né les moyens. Main­te­nant, il faut que les cré­dits bé­né­fi­cient aux mi­li­taires, qu’ils en sentent les bé­né­fices dans leur quo­ti­dien », as­sure un gra­dé. Quant à l’élec­tro­choc de Villiers, af­faire clas­sée ? « La page a été tour­née », jure un of­fi­cier. « Il y a eu un in­ci­dent, il a été trai­té », ajoute un autre. Un mi­li­taire de haut rang ré­sume ain­si la si­tua­tion : « Ce n’est pas une af­faire d’hommes, mais d’ins­ti­tu­tion. Une ar­mée est un bloc suffisamment so­lide pour ne pas être dé­sta­bi­li­sé par la perte d’un chef. »

“JE N’IGNORE PAS VOS SOUF­FRANCES [...] SA­CHEZ QUE JE PENSE À VOUS

EN CHAQUE INS­TANT. EMMANUEL MACRON

Pa­ris, hier. Emmanuel Macron a an­non­cé un mémorial pour les sol­dats morts en opé­ra­tions ex­té­rieures.

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