« Ces étapes-là sont une mas­ca­rade »

Au­teur d’une échap­pée so­li­taire de plus de 100 km lors de la 7e étape hier, Yoann Of­fre­do n’a pas re­çu le prix de la Com­ba­ti­vi­té. Le cou­reur de Wan­ty-Groupe Go­bert s’in­surge contre le pe­lo­ton et l’or­ga­ni­sa­teur.

Le Parisien (Oise) - - Sports - DE L’UN DE NOS ENVOYÉS SPÉCIAUX OLIVIER FRAN­ÇOIS À CHARTRES (EURE-ET-LOIR)

Sa longue sil­houette se fau­file à vélo au mi­lieu de la foule et d’un pe­tit coup d’épaule, écarte un cy­cliste du di­manche pour évi­ter de fi­nir dans le fos­sé. Yoann Of­fre­do re­joint son bus. Le cou­reur de Wan­tyG­roupe Go­bert ful­mine. Alors que le ma­tin même, au vil­lage dé­part, il avait as­su­ré à sa com­pagne Ma­rie qu’il res­te­rait dans le pe­lo­ton, il s’est ra­vi­sé et s’est lan­cé hier dans une échap­pée so­li­taire de près de trois heures. Sans suc­cès. Of­fre­do n’a même pas re­çu le prix de la Com­ba­ti­vi­té lors de la 7e étape, rem­por­tée au sprint par le Néer­lan­dais Dy­lan Groe­ne­we­gen. D’où son coup de gueule.

Vous sem­blez épui­sé…

YOANN OF­FRE­DO. Je suis ex­té­nué ! Je sa­vais qu’il n’y au­rait pas beaucoup de can­di­dats pour al­ler de­vant sur cette longue étape, mais c’est un peu dom­mage. La seule ré­com­pense que j’ai eue, c’est le sou­rire du pu­blic.

Pen­siez-vous mé­ri­ter le prix de la Com­ba­ti­vi­té (re­ve­nu au cou­reur de For­tu­neo Laurent Pi­chon) ?

Je ne com­prends pas trop son prin­cipe. Pour­quoi Laurent Pi­chon n’est-il pas ve­nu avec moi au lieu de par­tir après ? Pour­quoi tant d’équipes ne col­la­borent-elles pas ? C’est ma­gni­fique d’être en tête du Tour de France. Je pense que cer­tains de­vraient es­sayer.

Pour­tant, vous n’étiez pas dé­ci­dé à vous échap­per au dé­part…

Non, d’ac­cord, mais après, qu’est-ce qu’on fait ? On se re­garde les qué­quettes (sic), on at­tend l’ar­ri­vée et on fait un sprint. Je me suis dit pour­quoi pas, si on est plu­sieurs.

D’où vient votre co­lère ?

Je trouve na­vrant de ne pas être ré­com­pen­sé de la part d’ASO (NDLR :

l’or­ga­ni­sa­teur). C’est nul. Ce n’est pas le prix de la Com­ba­ti­vi­té qui m’in­té­resse. Mon­ter sur un po­dium, ça ne veut pas dire grand-chose mais ce qui est dé­ce­vant, c’est qu’en prin­cipe ce prix re­vient à quel­qu’un qui anime la course (NDLR : Laurent Pi­chon s’est échap­pé pen­dant 50 km). Si­non, ça n’a plus au­cun in­té­rêt d’al­ler de­vant. Je ne re­tour­ne­rai pas dans les échap­pées si c’est comme ça.

Comment ex­pli­quez-vous que per­sonne ne se soit joint à vous ?

C’est le cy­clisme mo­derne ! Toutes les équipes n’ont pas un lea­der qui peut rem­por­ter le Tour ou un sprin­teur des étapes, alors, pour­quoi ne pas ani­mer la course ? Il y a de belles choses à faire. En ma­tière de com­mu­ni­ca­tion, il y a des heures d’an­tenne à ga­gner. Cela ne fe­rait pas de mal à cer­tains de se mon­trer un peu.

Quelle était votre tac­tique d’équipe ?

C’était de ne pas y al­ler, mais moi je n’ai pas de chef, per­sonne ne me dit ce que j’ai à faire. Si je veux al­ler dans les échap­pées, j’y vais. J’ai vu Ch­ris­tian Prud­homme (NDLR : le directeur

du Tour) m’ap­plau­dir sur le bord de la route. C’était une belle ré­com­pense, comme tous les gens qui ont scan­dé mon nom. Le prix de la Com­ba­ti­vi­té, ils peuvent se le car­rer dans les f…

Votre ten­ta­tive pa­rais­sait vouée à l’échec ?

J’ai dis­cu­té avec cer­tains cou­reurs dans le pe­lo­ton avant de par­tir. Je leur ai dit de me lais­ser au moins quinze mi­nutes d’avance. Si­non, ce n’est pas drôle. Ils m’en ont don­né sept (NDLR : l’écart a en fait grim­pé jus­qu’à neuf mi­nutes). Je ne com­prends pas. Je n’al­lais pas plier le Tour de France ! Il faut lais­ser un peu de sus­pense aux gens. Je suis dé­goû­té. Ces étapes-là sont une mas­ca­rade.

Al­lez-vous re­ten­ter votre chance ?

Là, j’ai juste en­vie de faire mes va­lises et de ren­trer chez moi.

IL Y A DE BELLES CHOSES À FAIRE

Entre Fou­gères (Ille-et-Vi­laine) et Chartres (Eure-et-Loir), hier.

Le Fran­çais Yoann Of­fre­do a long­temps ani­mé la 7e étape.

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