Denis Bro­gniart, re­crue du GIGN

Juste après le dé­fi­lé du 14 Juillet, l’ani­ma­teur de la Une va nous faire vivre de l’in­té­rieur une opé­ra­tion mi­li­taire contre le grand ban­di­tisme. Nous avons as­sis­té aux ré­pé­ti­tions.

Le Parisien (Oise) - - Loisirs - PAR MI­CHAEL ZOLTOBRODA

MÊME pas peur, Denis Bro­gniart ! Au contraire, quand TF 1 lui a pro­po­sé d’em­bar­quer à bord d’un hé­li­co­ptère du GIGN (Groupe d’In­ter­ven­tion de la gen­dar­me­rie na­tio­nale), le temps d’une dé­mons­tra­tion de force, il a tout de suite dit ban­co. « Ça m’amuse ce genre d’opé­ra­tions, glisse-t-il. D’autant plus que je suis ad­mi­ra­tif de nos mi­li­taires. » L’ani­ma­teur de « Koh-Lanta », qui a fait son ser­vice mi­li­taire il y a vingt-six ans au Sir­pa, n’en est pas à son ga­lop d’es­sai : le 14 juillet 2011, il avait grim­pé sur le toit de l’Hô­tel de Ville de Pa­ris avant de re­des­cendre en ty­ro­lienne.

Cette fois, Denis Bro­gniart in­ter­vien­dra, à 12 heures sur TF 1, dans l’enceinte du châ­teau de Vin­cennes, au sud-est de Pa­ris. C’est là que la Une a choi­si d’or­ches­trer une sé­quence hom­mage au co­lo­nel Arnaud Bel­trame, le gendarme qui a pris la place d’un otage dans l’at­ten­tat du Su­per U de Trèbes (Aude), en mars, avant l’in­ter­ven­tion du GIGN. Mais pour être prêt le jour J, tout doit être ca­lé en amont. Ren­dez-vous donc dans une base d’en­traî­ne­ment mi­li­taire de l’Es­sonne, ce jeu­di 5 juillet. Ici, pas de bar­rière de sé­cu­ri­té à l’en­trée, ni de por­tique de contrôle. On re­joint Denis Bro­gniart pour le brie­fing sé­cu­ri­té. En­tou­ré de l’élite des gen­darmes, il vi­vra de l’in­té­rieur une arrestation spec­ta­cu­laire de tra­fi­quants d’armes, avec des tirs à balles réelles, mo­bi­li­sant plu­sieurs 4 x 4 blin­dés et deux hé­li­co­ptères. Une opé­ra­tion lé­gè­re­ment adap­tée aux be­soins de TF 1 pour des ques­tions de rythme et de réalisation.

IM­MER­SION

« Est-ce qu’on peut avoir les hé­li­cos pas trop loin l’un de l’autre ? » de­mande le jour­na­liste de 51 ans, afin d’ob­te­nir les meilleures images. Dis­crè­te­ment, on lui fait re­mar­quer que, trois ans après le crash sur le tour­nage de « Drop­ped », sa de­mande peut sur­prendre. « Rien à craindre. Là, on est avec des pros », ré­pond-il, avant de re­joindre, confiant, l’EC 135 qui l’hé­li­treuille­ra sur zone. A sa droite, il y a Di­mi­tri (un pseu­do­nyme). Ce com­man­dant, en­ca­gou­lé, a ré­cem­ment dé­joué la prise d’otages d’un père me­na­çant ses deux fils. « On est très sou­vent confron­té à la dé­tresse so­ciale », glisse-t-il. En 2015, il a aus­si par­ti­ci­pé à la traque des frères Koua­chi, au­teurs des at­ten­tats vi­sant « Char­lie Heb­do ». Pour lui, cet exer­cice gran­deur na­ture n’a rien d’une ré­créa­tion. « Il suf­fit d’un dé­tail pour qu’une opé­ra­tion ca­pote, pré­cise-til. On doit res­ter ul­tra con­cen­trés pour s’adap­ter à la réalité. »

Après quelques es­sais d’hé­li­treuillage, les deux hommes sont dé­po­sés au sol au mi­lieu des tirs et des ex­plo­sions. A quelques mètres de là, nous pre­nons le souffle du deuxième hé­li­co­ptère qui sou­lève un nuage de pous­sière. Mais vi­si­ble­ment, le plan s’est dé­rou­lé sans ac­croc.

« Avec ce dis­po­si­tif, nous vou­lons mon­trer qu’on est prêts et mo­dernes, as­sure le co­lo­nel Laurent Phé­lip. Mais on ne peut pas tout dé­voi­ler. Il y a des opé­ra­tions beaucoup plus sen­sibles. » Sur le ter­rain, ça roule des mé­ca­niques. « Si on vou­lait vrai­ment sor­tir les gros bras, on pour­rait ra­ser le châ­teau de Vin­cennes », lâche un membre du GIGN, ra­vi de poser à cô­té de Denis Bro­gniart. Le hé­ros du jour.

Pa­ris, le 5 juillet. En plus de l’opé­ra­tion mi­li­taire, TF 1 va or­ches­trer ce mi­di une sé­quence hom­mage au co­lo­nel Arnaud Bel­trame.

Denis Bro­gniart his­sé dans un hé­li­co­ptère à l’aide d’un treuil.

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