Le MoDem rue dans les bran­cards

Fran­çois Bay­rou et les dé­pu­tés MoDem en ont as­sez d’être né­gli­gés et mé­pri­sés par leur grand al­lié LREM. Ils exigent un ré­équi­li­brage de la ma­jo­ri­té.

Le Parisien (Oise) - - POLITIQUE - PAR PAULINE THÉVENIAUD @Pau­li­ne_Th

C’EST MON­TÉ CRESCENDO. Toute cette se­maine, le MoDem s’est rap­pe­lé au bon sou­ve­nir d’Em­ma­nuel Ma­cron. Jus­qu’à ce que Fran­çois Bay­rou fasse lui-même pas­ser des mes­sages, hier dans « le Fi­ga­ro », tant sur le fond de la po­li­tique conduite que sur la ma­nière. En pre­nant certes garde de ne ja­mais se mon­trer « dé­loyal », mais en mode « voi­là pour­quoi j’ai si­gné, si on s’en éloigne, je se­rai tou­jours là pour le rap­pe­ler », dixit un proche, fa­çon « vi­gie de la pro­messe pré­si­den­tielle ». Car, ajoute un ami, « il ai­me­rait qu’on l’écoute un peu plus, qu’on le res­pecte plus ».

Fran­çois Bay­rou désap­prouve no­tam­ment les « at­taques » contre le Sé­nat, alors que les té­nors de la ma­cro­nie mul­ti­plient les coups de griffes contre la com­mis­sion d’en­quête sur l’af­faire Be­nal­la. La charge très vi­ru­lente de Ch­ris­tophe Cas­ta­ner, hier, contre les sé­na­teurs (lire ci-des­sous) ne risque pas d’ar­ran­ger les choses.

Fran­çois Bay­rou en­joint aus­si Em­ma­nuel Ma­cron à « re­trou­ver avec les Fran­çais l’élan du prin­temps 2017 ». « Ce n’était pas une fausse pro­messe ! C’était le fond de sa na­ture, telle que je la per­çois : libre face à l’uni­vers tech­no­cra­tique et aux lob­bys », re­lève le maire de Pau, qui pré­pare un livre pour dé­non­cer le poids de la tech­no­struc­ture. Son ana­lyse ne se fonde pas uni­que­ment sur l’ac­tuel quin­quen­nat, mais le pu­blier cet au­tomne est un mes­sage de plus au pré­sident.

UNE PI­QÛRE DE RAP­PEL À UN MO­MENT BIEN CHOI­SI

« Don­ner des conseils, faire des rap­pels à l’ordre, c’est consub­stan­tiel à Bay­rou. C’est dans sa na­ture, il n’existe que par ce genre de sor­ties. Il vou­lait des places de dé­pu­tés, main­te­nant il veut des places aux eu­ro­péennes », sou­pire un Mar­cheur, qui pointe sa pe­tite phrase sur la consti­tu- tion d’une liste unique pour les eu­ro­péennes : « Ce­la im­pose un vrai tra­vail en com­mun. » Le mo­ment choi­si pour ad­mi­nis­trer cette pi­qûre de rap­pel ne doit rien au ha­sard. Af­fai­bli par sa ren­trée ra­tée, Em­ma­nuel Ma­cron ne peut es­suyer une crise avec son prin­ci­pal al­lié. D’au­tant que le MoDem re­prend des cou­leurs à l’As­sem­blée, où la can­di­da­ture de Marc Fes­neau au per­choir a ras­sem­blé au-de­là de son groupe, ré­col­tant des voix de Mar­cheurs. « Ils nous ont mé­pri­sés, mais, au­jourd’hui, ils ne peuvent pas se per­mettre de nous perdre », lâche un per­ma­nent du MoDem.

Ch­ris­tophe Cas­ta­ner s’est d’ailleurs li­vré, hier, à une séance de câ­li­no­thé­ra­pie, lors de sa confé­rence de presse de ren­trée. Evo­quant la « mai­son com­mune », le dé­lé­gué gé­né­ral de LREM a concé­dé un mea culpa : « On a eu une forme d’ar­ro­gance à ne pas suf­fi­sam­ment tra­vailler avec notre al­lié du MoDem. Il faut que l’on soit at­ten­tif au sou­tien et à l’exi­gence de Fran­çois Bay­rou », a-t-il concé­dé, se di­sant fa­vo­rable à ce que dé­pu­tés LREM et MoDem puissent co­si­gner des amen­de­ments. Com­men­taire d’un cen­triste : « Il ne faut ja­mais ou­blier son al­lié, quand on a le vent de face. »

Fran­çois Bay­rou en­joint Em­ma­nuel Ma­cron « à re­trou­ver avec les Fran­çais l’élan du prin­temps 2017 ».

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