«JE GAGNE 20 % DE MOINS SUR M 6 QUE SUR C 8 »

Le Parisien (Oise) - - CULTURE - PROPOS RE­CUEILLIS PAR MI­CHAËL ZOLTOBRODA

« Si vous m’aviez dit il y a cinq ans que je pré­sen­te­rais un jour Ca­pi­tal, je vous au­rais ri au nez », ra­conte Ju­lien Cour­bet. C’est pour­tant la pro­po­si­tion que lui a faite au prin­temps le pa­tron de M 6, qui dé­tient aus­si RTL, où of­fi­cie l’ani­ma­teur de 53 ans du lun­di au ven­dre­di de 9 h 30 à 11 heures pour ten­ter de ré­gler les pro­blèmes des consom­ma­teurs. Et ça n’avait rien d’une blague. Pour la Six, ce­lui que l’on sur­nom­mait le Zor­ro du PAF a quit­té C 8 où il s’était fait une jo­lie place au cô­té de Cy­ril Ha­nou­na. Fi­ni les dé­gui­se­ments. Ce di­manche, à 21 heures, il pré­sen­te­ra son pre­mier « Ca­pi­tal » consa­cré à la va­ria­tion des prix dans les grands ma­ga­sins. L’oc­ca­sion d’une interview… ca­pi­tale. des Gi­ron­dins de Bor­deaux. Il y a quelques mois, il m’a dit : « Ça se­rait bien qu’on dis­cute té­lé. » Mais per­sonne ne m’a obli­gé à ve­nir sur M 6. Si j’avais vou­lu res­ter sur C 8, j’au­rais quand même re­si­gné avec RTL (qui ap­par­tient au groupe M 6). On a aus­si dit que j’avais des sou­cis re­la­tion­nels avec Cy­ril Ha­nou­na, que je lui fai­sais de l’ombre : c’est faux.

Votre trans­fert a sur­pris tout le monde. Pour cer­tains, vous n’êtes pas for­cé­ment compatible avec l’image de « Ca­pi­tal »…

Je com­prends qu’on se pose la ques­tion. Je me mets en dan­ger, comme je l’ai tou­jours fait à la té­lé. Et j’ima­gine que je vais être épié. Mais je ne suis pas in­quiet. La pre­mière émis­sion que j’ai ani­mée sur TF 1 s’ap­pe­lait « Pour­quoi pas vous ? », où je ra­con­tais le par­cours de per­sonnes par­ties de rien qui avaient mon­té un em­pire.

Au sein de la ré­dac­tion de « Ca­pi­tal », vous re­dou­tiez l’ac­cueil ? Con­trai­re­ment à d’autres, je ne suis pas ar­ri­vé en conquis­ta­dor. Je suis ve­nu voir les jour­na­listes. Je leur ai dit que rien ne chan­ge­rait pour eux, que je n’étais pas là pour leur don­ner des le­çons. Et tous les après­mi­di, ils me voient tra­vailler à mon bu­reau.

Quelle patte al­lez-vous ap­por­ter à « Ca­pi­tal » ?

Si c’était pour faire des lan­ce­ments de dé­but et de fin d’émis­sion comme Bas­tien Ca­déac (pré­sen­ta­teur des deux der­nières sai­sons), j’ai pré­ve­nu les di­ri­geants de la chaîne qu’ils n’avaient pas be­soin de moi. Ce qui m’in­té­resse, ce sont les in­ter­views en pla­teau, qui ryth­me­ront les re­por­tages. J’es­père al­ter­ner des ques­tions per­ti­nentes, où je ne lâ­che­rai pas le mor­ceau, et des mo­ments plus dé­ten­dus. Vous n’al­lez pas re­trou­ver le Ju­lien Cour­bet co­mique, mais plu­tôt ce­lui du ma­tin sur RTL. J’au­rai une vi­sion jour­na­lis­tique des choses et une vraie exi­gence. « Ca­pi­tal » va res­ter une émis­sion sé­rieuse.

On a évo­qué plu­sieurs cas de cen­sure de la di­rec­tion par le pas­sé. Est-ce ca­pi­tal pour vous de tout dire et tout mon­trer ? Si le cas se pré­sente, j’irai dé­fendre mon bif­teck avec les jour­na­listes au­près de Ni­co­las de Ta­ver­nost. Mais s’il n’en veut pas, je m’in­cli­ne­rai. Je suis rac­cord avec la ré­dac­tion qui dit : « On fait notre bou­lot, après la di­rec­tion fait ce qu’elle en veut. » Mais pour l’ins­tant, je n’ai eu au­cune consigne.

Pour vous, c’est ca­pi­tal de pré­sen­ter d’autres pro­grammes sur M 6… At­ten­dons de voir les au­diences pour ne pas pas­ser pour un gui­gnol. Si ça marche, il y au­ra for­cé­ment d’autres choses. J’en ai en­vie, la chaîne aus­si. Je dé­ve­loppe un pro­jet. Mais on ne me ver­ra plus ani­mer un jeu ou faire le pitre dans des émis­sions et me dé­gui­ser comme dans « Touche pas à mon poste ». Il y a vingt ans, je di­sais oui à tout. Là, je vais res­ter dans l’uni­vers de l’in­fo­tain­ment (mé­lange d’info et de di­ver­tis­se­ment). A l’époque, Jean-Pierre Per­naut pré­sen­tait bien le 13 Heures et « Com­bien ça coûte ».

Pré­sen­ter un JT, ça se­rait ca­pi­tal pour votre CV ?

La ques­tion ne s’est en­core ja­mais po­sée. Mais pour­quoi pas, un jour. Je vais tou­jours là où l’on ne m’at­tend pas.

On ima­gine que votre ca­pi­tal fi­nan­cier va bon­dir sur M 6… Non. Je gagne 20 % de moins sur M 6 que sur C 8. On m’a dit : « C’est tant pour la pré­sen­ta­tion de Ca­pi­tal. » Je n’ai même pas dis­cu­té. Je m’en fous. Quand je suis pas­sé de TF 1 à France 2, j’ai tou­ché presque 50 % en moins. Si j’étais res­té sur la Une, je se­rais riche au­jourd’hui. On me pro­po­sait un contrat mi­ro­bo­lant pour me re­te­nir. L’ar­gent n’a ja­mais été mon mo­teur. Mais je reste un ul­tra-pri­vi­lé­gié qui va conti­nuer à très bien ga­gner sa vie.

Ju­lien Cour­bet conti­nue de dé­fendre les au­di­teurs chaque ma­tin sur RTL (9 h 30) dans « Ça peut vous ar­ri­ver ».

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