Les Bleus en route pour l’his­toire

COUPE DA­VIS La France, te­nante du titre, dis­pu­te­ra l’ul­time fi­nale de l’épreuve après sa vic­toire sur l’Es­pagne. Un beau sym­bole de son at­ta­che­ment à la com­pé­ti­tion, qui chan­ge­ra de for­mat en 2019.

Le Parisien (Oise) - - SPORTS - DE NOTRE EN­VOYÉ SPÉ­CIAL À VILLE­NEUVE-D’ASCQ (NORD) ÉRIC BRUNA

conquis, les Bleus font le tour du cen­tral avec la dé­marche cha­lou­pée de Sa­muel Um­ti­ti. Ins­pi­rés par le sacre es­ti­val des foo­teux, les joueurs de Yan­nick Noah, vain­queurs 3-0 de l’Es­pagne grâce à la paire Ma­hut-Ben­ne­teau (6-0, 6-4, 7-6 sur Gra­nol­lersLo­pez) ne sont plus qu’à une marche d’un dou­blé his­to­rique en Coupe Da­vis pour les fu­né­railles d’une com­pé­ti­tion vieille de 118 ans. La 19e fi­nale de la France (10 vic­toires, 8 dé­faites).

« On est tel­le­ment contents de pou­voir se re­voir, sou­rit Noah. Cette aven­ture nous tient à coeur, c’est une an­née par­ti­cu­lière. Ce n’est pas la peine d’en ra­jou­ter. On vit des mo­ments fan­tas­tiques, des ins­tants pré­cieux qu’on gar­de­ra pour tou­jours. […] Je suis bé­ni d’être le ca­pi­taine de cette équipe. Main­te­nant, notre rêve, c’est de la jouer ici

(NDLR : seu­le­ment face à la Croa­tie, qui mène 2-1 contre les Etats-Unis). Quoi qu’il ar­rive, on se­ra sur la der­nière pho­to. Si c’est avec la coupe, ça le fe­ra car­ré­ment ! »

Qu’im­portent les dé­bats sur la pré­sence ou non des ca­dors et le par­cours chan­ceux des Fran­çais de­puis deux ans. La pré­sence des Tri­co­lores au ju­ge­ment der­nier est un beau sym­bole de leur fi­dé­li­té à l’épreuve. « La force de cette équipe, c’est son ré­ser­voir de joueurs de très haut ni­veau, ob­serve Sé­bas­tien Gros­jean. L’an­née der­nière, ils ont été neuf à par­ti­ci­per et, cette an­née, il y a eu les dé­buts de Man­na­ri­no au pre­mier tour, Paire ce wee­kend. Avec l’Aus­tra­lie et peu­têtre la Grande-Bre­tagne, nous sommes une ex­cep­tion. On a cette tra­di­tion de­puis les Mous­que­taires, cet amour du maillot, et la pas­sion est res­tée. […] J’ai en­vie de sa­vou­rer en­core cette fi­nale dans ce for­mat-là. » Les sup­por­teurs votent le boy­cott de la nou­velle for­mule Les sup­por­teurs bleu-blan­crouge aus­si. Sa­me­di ma­tin, réunis en as­sem­blée gé­né­rale, les membres de l’Aseft, prin­ci­pal groupe de fans, ont vo­té ma­jo­ri­tai­re­ment (85 %) le boy­cott de la nou­velle com­pé­ti­tion fo­men­tée par Ge­rard Pi­qué, le co­équi­pier bar­ce­lo­nais d’Um­ti­ti. Hier après-mi­di, ils s’étaient pa­rés de noir pour por­ter le deuil. Un contraste avec des élus ma­jo­ri­tai­re­ment en blanc dans leur tri­bune et qui, une fois n’est pas cou­tume, avaient par­fai­te­ment sui­vi le code ves­ti­men­taire conseillé.

Le pré­sident Giu­di­cel­li, l’un des apôtres de la ré­forme, avait éga­le­ment fait de­man­der aux dif­fu­seurs du ca­nal in­ter­na­tio­nal de ne pas mon­trer les tee­shirts #Chan­geItBack (« re­ve­nez en ar­rière »). Par­fait exemple de la frac­ture qui dé­chire la fa­mille du ten­nis. Noah et ses joueurs, eux, ont soi­gneu­se­ment igno­ré le boss de la FFT après la vic­toire. « Ils vivent dans leur monde et ne connaissent rien au cô­té spor­tif, ne vivent pas les mêmes émo­tions, mais on ne peut rien faire parce que ce sont eux qui dé­cident, lâche le no 1 fran­çais Lu­cas Pouille. C’est comme ça, on va es­sayer de kif­fer une der­nière fois en fi­nale… »

Stade Pierre-Mau­roy (Ville­neuve-d’Ascq), hier. Après la vic­toire du double fran­çais, le ca­pi­taine Noah et ses joueurs (ici Be­noît Paire et Lu­cas Pouille au pre­mier plan) sa­vourent leur qua­li­fi­ca­tion.

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