Hol­lande- Ca­me­ron, uneen­ten­te­pas­si­cor­diale

Entre le pré­sident fran­çais et le Pre­mier mi­nistre an­glais, les su­jets de désac­cord­ne­man­quent­pas, no­tam­ment­sur l’Eu­rope.

Le Parisien (Paris) - - Politique - OX­FORD ( ROYAUME- UNI) De notre en­voyé spé­cial ÉRIC HACQUEMAND

C’est l’heure du tra­di­tion­nel Crunch. Mais Fran­çois Hol­lande et Da­vid Ca­me­ron n’ont pas at­ten­du le match de rug­by France - An­gle­terre, cet après- mi­di au Stade de France, pour com­men­cer à en­trer dans la mê­lée. No­tam­ment sur les ques­tions eu­ro­péennes et éco­no­miques à l’oc­ca­sion, hier, du pre­mier som­met fran­co- bri­tan­nique de­puis fé­vrier 2012.

Sur la base aé­rienne mi­li­taire de Brize- Nor­ton, où se dé­roule la ren­contre sous un temps évi­dem­ment plu­vieux, les quelques mi­nistres qui ac­com­pagnent Fran­çois Hol- lande évitent les pro­nos­tics. « On n’a par­lé que des su­jets qui ne fâchent pas » , confie, sou­rire en coin, Laurent Fa­bius, le mi­nistre des Af­faires étran­gères. Mais Ca­me­ron et Hol­lande ont eu beau jouer « l’en­tente cor­diale » en se don­nant à qui mieux mieux du « Fran­çois » et du « Da­vid » de­vant les jour­na­listes, la vieille ri­va­li­té fran­co- an­glaise n’est ja­mais très loin.

Certes, le Pre­mier mi­nistre bri­tan­nique a tem­po­rai­re­ment mis en sour­dine ses piques à l’égard de la France so­cia­liste, ac­cor­dant même à Fran­çois Hol­lande un sa­tis­fe­cit sur son « pacte de res­pon­sa­bi­li­té » et « la ré­duc­tion des dé­penses pu­bliques » . Mais lorsque le pré­sident se vante, avec un lé­ger ric­tus, d’avoir un « ex­cé­dent com­mer­cial po­si­tif » avec le Royaume- Uni, Ca­me­ron ré­plique : « Nous avons un dé­fi­cit sur le vin mais nous rat­tra­pons notre re­tard, re­la­ti­vise- t- il. Et pour le fro­mage, c’est fait. »

nSur

les trai­tés, l’An­gle­terre ren­voyée dans ses 22 mètres

Mais c’est sur­tout sur l’Eu­rope, éter­nelle pomme de dis­corde entre Londres et Pa­ris, que les deux hommes se sont pla­qués. Da­vid Ca­me­ron, qui voit ap­pro­cher les élec­tions lé­gis­la­tives de 2015, est confron­té à une pro­fonde vague d’eu­ro­pho­bie dans le pays et au sein même de sa ma­jo­ri­té. Hier, le lo­ca­taire du 10 Dow­ning Street a donc de nou­veau ré­cla­mé la « re­né­go­cia­tion de trai­tés » . Ob­jec­tif : ra­pa­trier dans le gi­ron na­tio­nal des po­li­tiques eu­ro­péennes comme par exemple l’im­mi­gra­tion. « Pour nous, la ré­vi­sion des trai­tés n’est pas la prio­ri­té » , lui a ré­pli­qué Hol­lande, ren­voyant plu­sieurs fois le Pre­mier mi­nistre dans ses 22 mètres. Le chef de l’Etat a re­dit son hos­ti­li­té à l’idée d’une Eu­rope à la carte, sy­no­nyme de dilution. Au­tant de désac­cords pro­fonds qui n’ont pas em­pê­ché les deux hommes de dé­jeu­ner au Swan, un pub an­glais ty­pique. Une troi­sième mi- temps digne d’un bon vieux France - An­gle­terre.

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