« Ma­nuel­Valls­fait­peuràl’UMP ! »

Ma­lek Bou­tih, dé­pu­té so­cia­liste de l’Es­sonne et an­cien pré­sident de­SOS­Ra­cisme, dé­fend le bi­lan du­mi­nis­trede l’In­té­rieur, étrillé hier par la droite après la pu­bli­ca­tion des chiffres sur l’im­mi­gra­tion.

Le Parisien (Paris) - - Politique - Pro­pos re­cueillis par NA­THA­LIE SCHUCK

Pour Ma­lek Bou­tih, dé­pu­té PS de l’Es­sonne, l’ap­proche des mu­ni­ci­pales ren­drait la droite ner­veuse. L’UMP crie au laxisme à pro­pos du bi­lan de Ma­nuel Valls en ma­tière d’im­mi­gra­tion. L’opi­nion ne risque- t- elle pas de ne re­te­nir que deux chiffres : 9 000 ex­pul­sions de moins et 10 000 ré­gu­la­ri­sa­tions de plus ? MA­LEK BOU­TIH. Comme d’ha­bi­tude, la droite a un pe­tit train de re­tard. Elle at­taque Ma­nuel Valls parce qu’il est un des points forts du gou­ver­ne­ment — on en a peu — et parce qu’il est très in­ves­ti dans la cam­pagne des mu­ni­ci­pales. Leur idée, c’est de lui faire peur en le me­na­çant : rentre dans ton mi­nis­tère ou on te dé­zingue ! C’est une grosse er­reur, car quand quel­qu’un ac­cu­mule une telle confiance dans l’opi­nion, il ne la perd pas comme ça. Ils lui rendent même ser­vice. Le gain pour lui est double : ces at­taques montrent qu’il est une per­son­na­li­té im­por­tante, et ses ré­sul­tats sont une ré­ponse à ceux qui, à gauche, lui fai­saient le pro­cès d’être droi­tier. Pour lui, c’est ga­gnant ga­gnant ! Ma­rine Le Pen iro­nise sur sa tour­née des villes que convoite le FN… Comme le FN, l’UMP est in­quiète de son in­ves­tis­se­ment dans les élec­tions mu­ni­ci­pales. Tout le cal­cul de la droite, c’est qu’il y au­ra un vote sanc­tion contre le gou­ver­ne­ment. Donc l’idée qu’un des mi­nistres les plus en vue soit au­tant im­pli­qué dans la cam­pagne leur pose un gros pro­blème, car, dans cer­taines villes, il va pe­ser. Ma­nuel Valls fait peur à l’UMP ! Sans lui, le gou­ver­ne­ment ne se­rait pas sim­ple­ment dans la dif­fi­cul­té où il est, il au­rait dé­jà com­plè­te­ment dé­cro­ché. Quel ave­nir lui voyez- vous au gou­ver­ne­ment ? Fran­çois Hol­lande est un homme qui n’a pas dix mille références chez ses pré­dé­ces­seurs. Sa ré­fé­rence, c’est Fran­çois Mit­ter­rand : ce­lui qui est fort aux élec­tions de­vient fort à ses yeux. Bref, c’était une bonne jour­née pour Ma­nuel Valls. Il a la force d’as­su­mer son bi­lan, et s’il le fait à la veille des mu­ni­ci­pales, c’est qu’il veut mon­trer qu’on peut être à la fois de gauche, clair­voyant et ferme.

Pour Ma­lek Bou­tih, les at­taques de l’UMP contre le mi­nistre de l’In­té­rieur « rendent ser­vice » à Ma­nuel Valls.

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