« Le­droi­tàl’IV­Gexi­geune vi­gi­lan­ce­de­tous­le­sins­tants »

Alors­quel’Es­pa­gne­veu­tin­ter­di­rel’avor­te­ment, Ju­lieMu­ret, co­fon­da­tri­cede l’as­so­cia­tionO­sezle fé­mi­nisme, ma­ni­fes­teau­jourd’hui­pour­con­for­ter­ce­droi­tenF­rance.

Le Parisien (Paris) - - Société - Pro­pos re­cueillis par FLORA GE­NOUX

Les femmes veulent ré­af­fir­mer leurs droits avec force. Près de qua­rante ans après la loi Veil de jan­vier 1975 qui lé­ga­li­sait l’avor­te­ment, elles ma­ni­fes­te­ront au­jourd’hui en sou­tien aux Es­pa­gnols qui contestent le pro­jet de leur gou­ver­ne­ment d’in­ter­dire l’IVG. Mais elles dé­fen­dront aus­si l’ac­cès à l’in­ter­rup­tion vo­lon­taire de gros­sesse en France, contes­té dans la rue il y a quinze jours, alors que l’As­sem­blée na­tio­nale s’ap­prê­tait à vo­ter un texte confor­tant ce droit à l’avor­te­ment. Ju­lie Mu­ret, 35 ans, co­fon­da­trice de l’as­so­cia­tion Osez le fé­mi­nisme, par­ti­ci­pe­ra à l’un des trente ras­sem­ble­ments or­ga­ni­sés en France*. Pour­quoi dé­fen­dez- vous au­jourd’hui l’avor­te­ment, qui est lé­gal en France de­puis 1975 ? JU­LIE MU­RET. La d é f e n s e d e l’avor­te­ment est ef­fec­ti­ve­ment un com­bat des an­nées 1970, on a l’im­pres­sion qu’il s’agit d’un ac­quis. Mais ce droit de­mande une vi­gi­lance de tous les ins­tants. Car in­ter­rompre une gros­sesse qui ar­rive au mau­vais mo­ment re­lève de la li­ber­té et de l’éman­ci­pa­tion des femmes : ce sont elles qui paient les consé­quences d’une gros­sesse non dé­si­rée. Et puis, la pé­riode des fai­seuses d’anges et des avor­te­ments clan­des­tins dans des condi­tions dé­sas­treuses, c’est une si­tua­tion qu’ont connue nos grand- mères. Ce n’est pas si loin ! Le 19 jan­vier, entre 16 000 et 40 000 per­sonnes se sont ras­sem­blées pour de­man­der le re­trait de l’IVG. Pen­sez- vous qu’il est me­na­cé ? Pas dans la loi. Le texte sup­pri­mant la no­tion de dé­tresse pour avoir ac­cès à l’IVG vient d’être adop­té, mal­gré la de­mande de cer­tains dé­pu­tés de sus­pendre le rem­bour­se­ment de l’avor­te­ment. Mais on sait que 130 centres IVG ont fer­mé en dix ans, de moins en moins de mé­de­cins sou­haitent pra­ti­quer cet acte et la culpa­bi­li­sa­tion des femmes y ayant re­cours reste en­core forte. Ce qui se passe en Es­pagne, un pays voi­sin, nous pa­rais­sait im­pro­bable il y a quelques mois : on ne lais­se­ra au­cune at­taque ni ré­gres­sion sur l’IVG. Les op­po­sants évoquent des « IVG de confort » et « le droit à la vie » . Que leur ré­pon­dez- vous ? L’IVG de confort n’existe pas ! Et ce n’est pas un moyen de contra­cep­tion. Il s’agit d’une dé­ci­sion pas fa­cile qui peut faire par­tie de la vie

Il n’y a pas de dé­bat : l’avor­te­ment est un droit”

d’une femme. Ces ma­ni­fes­tants disent qu’ils sont « pour la vie » . Et la vie des femmes, qu’en fait- on ? Elles sont 72 000 à mou­rir chaque an­née dans le monde d’un avor­te­ment clan­des­tin. On ne veut pas re­ve­nir aux ai­guilles à tri­co­ter ou aux cintres. Cette ma­ni­fes­ta­tion an­ti- IVG, qui existe de­puis plu­sieurs an­nées, était cette fois plus struc­tu­rée, in­quié­tante et dé­com­plexée. Mais il n’y a pas de dé­bat : l’avor­te­ment est un droit. * La ma­ni­fes­ta­tion pa­ri­sienne dé­mar­re­ra place Joffre ( VIIe) à 14 heures.

Pa­ris, le 27 dé­cembre 2012. Les pro- IVG se­ront de re­tour dans la rue au­jourd’hui pour dé­fendre l’ac­cès à l’avor­te­ment, contes­té par des op­po­sants, alors que l’As­sem­blée na­tio­nale s’ap­prê­tait à vo­ter un texte confor­tant l’in­ter­rup­tion vo­lon­taire de gros­sesse.

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