Les­mi­neurs­deTou­lou­se­mi­se­nexa­men

Le Parisien (Paris) - - Faits divers - T. B.

C’est une dé­ci­sion ra­ris­sime pour des mi­neurs, sans doute à la me­sure de l’émoi pro­vo­qué par la si­tua­tion. Hier soir, les deux ado­les­cents tou­lou­sains de 15 et 16 ans, can­di­dats au ji­had en Sy­rie, ont été mis en exa­men par une juge d’ins­truc­tion pour as­so­cia­tion de mal­fai­teurs en relation avec une en­tre­prise ter­ro­riste. Ils ont été pla­cés sous contrôle ju­di­ciaire as­sor­ti de me­sures édu­ca­tives. « Nous contes­te­rons cette dé­ci­sion par toutes les voies ju­ri­diques pos­sibles. Les charges ne sont pas suf­fi­santes pour jus­ti­fier cette mise en exa­men » , an­noncent Mes Yas­sine Bouz­rou et Agnès Du­fé­tel- Cor­dier, les avo­cats de Y., le plus jeune des mis en cause.

Se­lon Me Bouz­rou, Y. a mis en avant le ca­rac­tère « hu­ma­ni­taire » de son dé­part. « Il a été très sen­si­bi­li­sé par le sort des en­fants sy­riens. Dans son es­prit, il n’était pas par­ti pour com­battre » , a as­su­ré son père sur le pla­teau de i> té­lé. Tou­jours est- il que les deux amis, sco­la­ri­sés en classe de se­conde à Tou­louse, ont bel et bien pas­sé la fron­tière sy­rienne après avoir re­joint la Tur­quie en avion.

Il est tom­bé dans un guet- apens”

Le père de Y., 15 ans

Se­lon le père d’Y., ils se se­raient re­trou­vés avec les combattants d’AlNos­ra. « Mon fils a com­pris que ce n’était pas sa place. Il est re­par­ti quand on lui a par­lé de camps d’en­traî­ne­ment, pour­suit le père de fa­mille, qui ex­plique n’avoir ja­mais per­du le contact avec son fils. Jusque- là, il fai­sait les tâches mé­na­gères et sui­vait des cours co­ra­niques et la prière. Le la­vage de cer­veau avait com­men­cé. Il est tom­bé dans un guet- apens. »

D’après son père, Y., élève jusque- là sans pro­blèmes, au­rait été sen­si­bi­li­sé par A., son ca­ma­rade plus âgé. Or, se­lon les en­quê­teurs, c’est Y. qui semble avoir été le plus dé­ter­mi­né des deux. Les po­li­ciers s’in­ter­rogent éga­le­ment sur la mo­ti­va­tion réel­le­ment hu­ma­ni­taire de ce sé­jour, en fai­sant no­tam­ment ré­fé­rence aux pho­tos en arme de Y. pu­bliées sur Internet. « De la pro­pa­gande » , ba­laie son père. Mais se­lon une source proche de l’en­quête ci­tée par l’Agence France Presse, les ver­sions des deux Tou­lou­sains ne concor­de­raient pas en tous points. Ain­si, lors­qu’il est in­ter­ro­gé, A. n’évo­que­rait pas cette di­men­sion hu­ma­ni­taire.

L’en­quête va éga­le­ment s’in­té­res­ser au pro­ces­sus de ra­di­ca­li­sa­tion. Pour l’heure, il semble qu’ils se soient ren­dus en Tur­quie par leurs propres moyens, sans être pris en charge par une fi­lière. C’est une fois dans la zone fron­ta­lière qu’ils au­raient été en contact avec des pas- seurs. « Jus­qu’au bout, ils ont es­sayé de les dis­sua­der de re­par­tir en France, pré­cise le père de Y. Ils leur ont dit qu’ils al­laient al­ler en pri­son alors qu’ils leur pro­po­saient le pa­ra­dis. »

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ju­gés de­puis jeu­di à Pa­ris. Ces jeunes avaient été ar­rê­tés en mai 2012 alors qu’ils s’ap­prê­taient à re­joindre la Sy­rie.

Le père de Y., 15 ans, af­firme qu‘ il au­rait été sen­si­bi­li­sé au ji­had par son ca­ma­rade plus âgé. Mais les en­quê­teurs es­timent que c’est lui qui était le plus dé­ter­mi­né.

par­quet a re­quis hier des peines de deux à six ans de pri­son à l’en­contre de trois can­di­dats au ji­had

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