Le­ban­dit, la­ly­céen­neet las­ta­giaire: le­trio­de­bra­queurs

Les vo­leurs qui avaient dé­ro­bé pour830 000€ de montres suisses àPa­ris en dé­cembre ont été in­ter­pel­lés, tra­his pa­run­coupde fil su­run­quai de gare.

Le Parisien (Paris) - - Faits divers - STÉ­PHANE SELLAMI AVEC JÉ­RÔME SAGE

Le calme et l’as­su­rance dont ils ont fait preuve contrastent avec leur in­ex­pé­rience dans le ban­di­tisme… Deux jeunes femmes de 18 ans, l’une ly­céenne et l’autre sta­giaire, et l’homme de 26 ans qui les coa­chait ont été tous trois mis en exa­men pour « as­so­cia­tions de mal­fai­teurs » et « vol en bande or­ga­ni­sée » avant d’être pla­cés en dé­ten­tion pro­vi­soire. La jus­tice leur re­proche d’avoir dé­ro­bé des montres de luxe, le 5 dé­cembre 2013, dans une bou­tique de l’hor­lo­ger suisse Au­de­mars Pi­guet, rue Saint- Ho­no­ré à Pa­ris ( Ier). Un­cou­préa­li­sé sans vio­lence et qui a per­mis à ces au­teurs de mettre la main sur un bu­tin es­ti­mé à près de 830 000 €.

Iden­ti­fié moins de deux mois après les faits, le trio a été ap­pré­hen­dé mar­di par les en­quê­teurs de la bri­gade de ré­pres­sion du ban­di­tisme ( BRB). Pré­sen­té comme le cer­veau, Azam A. a été in­ter­pel­lé alors qu’il quit­tait son lo­ge­ment à Pan­tin ( Seine- Saint- De­nis). Ami­na T., elle, a été ar­rê­tée sur son lieu de stage dans le VIIIe ar­ron­dis­se­ment à Pa­ris. En­fin, Shé­hé­ra­zade M., 18 ans, a été convo­quée par le pro­vi­seur de son ly­cée à Er­mont ( Val- d’Oise) avant d’être ré­cu­pé­rée par la BRB. « Seul l’homme était connu des ser­vices de po­lice, pré­cise une source ju­di­ciaire. Il avait dé­jà été im­pli­qué dans un vol à main ar­mée, mais il n’a rien à voir avec le grand ban­di­tisme… »

nIls

quittent la bi­jou­te­rie et achètent leur ti­cket de mé­tro

Loin du re­dou­table gang des Pink Pan­thers qui a écu­mé les plus belles bi­jou­te­ries d’Eu­rope et du MoyenO­rient. Rien à voir, non plus, avec les mal­fai­teurs ve­nus de Rou­ma­nie, adeptes du « smash and grab » ( « tu fra­casses et tu sai­sis » ) , qui ont sé­vi ces der­nières se­maines à Pa­ris.

Azam A. est soup­çon­né d’avoir « re­cru­té » Ami­na T., meilleure co­pine de sa pe­tite amie, Shé­hé­ra­zade M., pour mon­ter au bra­quage et fa­ci­li­ter l’ou­ver­ture de la porte de la bi­jou­te­rie. Le jour des faits, avec son jo­li sou­rire et son doux vi­sage, la jeu- ne femme n’a eu au­cun mal à convaincre le vi­gile d’Au­de­mars Pi­guet de la lais­ser en­trer avec son com­plice. Le couple se fait pas­ser pour des ache­teurs. Conduits au 1er étage, les deux passent à l’ac­tion : l’homme ex­hibe la crosse d’une arme en in­di­quant au seul ven­deur pré­sent qu’il s’agit d’ « un bra­quage » et qu’il « ne doit pas jouer au hé­ros s’il veut re­voir sa fa­mille » .

En moins de quatre mi­nutes, ils s’em­parent de vingt montres par­mi les plus belles. Une fois de­hors, ils gagnent ra­pi­de­ment la sta­tion de mé­tro Ma­de­leine, toute proche. Sur les ca­mé­ras vi­déo de la RATP, ils sont en­suite fil­més en train d’ache­ter leurs billets comme deux simples usa­gers, avec près de 830 000 € de bu­tin sur eux… Quelques mi­nutes plus tard, l’un se presse vers Au­ber­vil­liers, tan­dis que la se­conde gagne Villiers- sur- Marne ( Val- de- Marne). Ami­na T. com­met alors sa seule er­reur : elle em­prunte le té­lé­phone d’une pas­sante pour de­man­der à sa cou­sine de ve­nir la ré­cu­pé­rer à la gare. « Elle a été fil­mée en train de té­lé­pho­ner et la ti­tu­laire du nu­mé­ro contac­té a été ra­pi­de­ment iden­ti­fiée, pour­suit la même source. C’est cet ap­pel qui les a tra­his. »

Les po­li­ciers de la BRB ont dé­ter­mi­né que le bu­tin avait été écou­lé en Bel­gique. Ami­na T. a re­çu 10 000 € en échange de ses ser­vices. Azam A. a multiplié, avant son ar­res­ta­tion, les achats de vê­te­ments de luxe, no­tam­ment chez Louis Vuit­ton… Sol­li­ci­té, hier, l’avo­cat d’Ami­na T., Me Steeve Ru­ben, « n’a pas sou­hai­té s’ex­pri­mer » . L’avo­cat d’Azam A., lui, n’a pas don­né suite à notre ap­pel.

( LP/ Yann Fo­reix.)

Rue Saint- Ho­no­ré, Pa­ris ( Ier), le 5 dé­cembre 2013. Les en­quê­teurs de la bri­gade de ré­pres­sion du ban­di­tisme ( BRB) es­timent que le bu­tin du bra­quage a été écou­lé en Bel­gique.

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