Leu­ra­phro­di­sia­queé­tait­toxique

Le Parisien (Paris) - - Faits divers - THI­BAULT RAISSE

Leur aphro­di­siaque mi­racle conte­nait une sub­stance mé­di­ca­men­teuse po­ten­tiel­le­ment mor­telle. Se­lon nos in­for­ma­tions, deux en­tre­pre­neurs ori­gi­naires de Lyon ( Rhône) ont été ar­rê­tés, mis en exa­men et pla­cés sous contrôle ju­di­ciaire pour « trom­pe­rie » , « es­cro­que­rie » et « mise en dan­ger de la vie d’au­trui » par une juge d’ins­truc­tion du pôle de san­té pu­blique de Pa­ris. Sté­phane L., 45 ans, et Vic­tor B., 43 ans, avaient inon­dé les sex- shops de France et d’Eu­rope avec le Star­tup for Him, une pi­lule re­vi­go­rante. Es­tam­pillée « 100 % na­tu­relle » , elle conte­nait en fait du ta­da­la­fil, une mo­lé­cule puis­sante contre- in­di­quée pour les per­sonnes fra­giles du coeur.

Ouverte contre X en oc­tobre 2012, l’in­for­ma­tion ju­di­ciaire vi­sait en fait di­rec­te­ment les deux amis, gé­rants de Swiss Bio­cor­po­ra­tion, une so­cié­té im­ma­tri­cu­lée à Ge­nève. L’en­tre­prise fa­bri­quait et re­ven­dait les gé­lules ro­bo­ra­tives à di­vers ré­seaux de bou­tiques de charme, phy­siques ou en ligne, par­mi les­quelles la fi­liale de dis­tri­bu­tion du géant fran­çais Marc Dor­cel. C’est d’ailleurs le roi du por­no qui avait ré­vé­lé la pré­sence de ta­da­la­fil dans les com­pri­més après une ex­per­tise réa­li­sée par un la­bo­ra­toire in­dé­pen­dant.

nUne

ma­tière pre­mière ve­nue de Chine

Après plu­sieurs mois d’en­quête sur la com­po­si­tion exacte du pro­duit et les fi­lières d’ap­pro­vi­sion­ne­ment de Swiss Bio­cor­po­ra­tion, la jus­tice a sou­hai­té au­di­tion­ner les deux as­so­ciés en juillet, sans par­ve­nir à les lo­ca­li­ser. Des in­ves­ti­ga­tions com­plé­men­taires ont fi­na­le­ment per­mis de re­mon­ter la trace de Sté­phane, qui vi­vait de­puis plu­sieurs mois en Es­pagne où il avait lan­cé une marque de cham­pagne de luxe, puis de Vic­tor, ex­pa­trié au Bré­sil. Convo­qués le 25 no­vembre der­nier, ils ont été pla­cés en garde à vue à leur ar­ri­vée en France par les gen­darmes de l’Office cen­tral de lutte contre les at­teintes à l’en­vi­ron­ne­ment et à la san­té pu­blique ( Oclaesp).

Tou­jours se­lon nos in­for­ma­tions, les deux gé­rants ont ex­pli­qué du­rant leur au­di­tion s’être pro­cu­ré la ma­tière pre­mière de l’aphro­di­siaque en Chine, et ont pré­ten­du igno­rer qu’elle conte­nait la mo­lé­cule à risque. « Mon client a pris toutes les pré­cau­tions né­ces­saires à la re­vente de ces pro- duits, sou­ligne Me Ju­lien Fres­nault, l’avo­cat de Sté­phane L. Il a ma­ni­fes­te­ment été floué par un fa­bri­cant chi­nois peu scru­pu­leux. »

Ven­du à plu­sieurs di­zaines de mil­liers d’exem­plaires dans toute l’Eu­rope, le Start- up for Him était ra­pi­de­ment de­ve­nu une ré­fé­rence sur l’énorme mar­ché des « boos­ters » sexuels, jus­qu’à es­sai­mer les pla­teaux de tour­nage de films X. In­ter­dit en mars 2011, il reste dis­po­nible à la vente sur cer­tains sites Internet étran­gers.

( DR.)

Cet aphro­di­siaque conte­nait du ta­da­la­fil, une puis­sante mo­lé­cule contre- in­di­quée pour les per­sonnes fra­giles du coeur.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.