El­le­le­hait, illa­dé­teste

Théâtre. Edouard­Baer et Em­ma­nuel­le­De­vos jouen­tun­hom­meet une fem­meque tou­top­pose mais que tout rap­proche aus­si... Une­co­mé­die joyeuse au­Théâtre Edouard- VII. Ren­contre croi­sée.

Le Parisien (Paris) - - Loisirs et Spectacles - THIER­RY DAGUE

Quand ils ne se cha­maillent pas sur la scène du Théâtre Edouard- II, à l’af­fiche de­puis hier de « la Porte à cô­té » , une pièce in­édite de Fa­brice Ro­ger- La­can, Em­ma­nuelle Devos et Edouard Baer se chi­canent en cou­lisses comme un vieux couple. « Ar­rête de ta­per ta four­chette sur tes dents ! » gronde Em­ma­nuelle. « Mais tu vas te cal­mer, avec ton pe­tit col clau­dine ? » ré­torque Edouard. Ils chu­chotent, com­plices et ri­go­lards, comme si l’in­ter­vie­weur n’était pas là. A croire que leurs per­son­nages, deux voi­sins de pa­lier que tout op­pose mais ir­ré­sis­ti­ble­ment at­ti­rés l’un par l’autre, ont dé­teint sur eux. nCo­mé­die ro­man­tique. Il fait de la pub pour des yaourts, elle est psy. Il la trouve in­tel­lo, elle l’a clas­sé beauf. Mais tous les pré­textes sont bons pour se voir : « La Porte à cô­té » est une vraie co­mé­die ro­man­tique, les dia­logues sai­gnants en plus. « Tout est fait Edouard Baer pour que ça ne marche pas entre eux, mais on sent qu’ils se plaisent et qu’ils pour­raient fi­nir en­semble » , ré­sume Edouard Baer. « C’est très in­cons­cient chez eux, ils sont ai­man­tés sans le vou­loir, com­plète Em­ma­nuelle Devos. Ce qui est beau dans ce duo, c’est qu’il n’y en a pas un qui lâche, ils ne font pas de conces­sion. » nSites de ren­contres. Entre deux prises de bec, cha­cun se connecte sur Internet pour cher­cher l’âme soeur. La pièce se moque joyeu­se­ment de ces sites où l’on vous pro­pose de « ren­con­trer Or­chi­dée- ab- 47 et son taux d’af­fi­ni­té de 76 % » . Par­mi les pseu­dos de leurs sou­pi­rants, Em­ma­nuelle Devos a un faible pour « Mis­terw­ha­telse » et Edouard Baer pour « Com­tes­sa354 » : « Comme s’il y avait 353 autres Com­tes­sa ! Sur Internet, on pro­jette un moi rê­vé, on vou­drait être unique, mais on est le 354e... » s’amuse le co­mé­dien. Em­ma­nuelle trouve « stu­pé­fiant » que deux de ses amies aient ren­con­tré leur com­pa­gnon sur Internet. nP­rise de tête. « Ce­la me frappe qu’on choi­sisse sur ca­ta­logue si la per­sonne ai­mée va être fu­meuse ou non- fu­meuse, s’anime Edouard Baer. Elle aime le vert, il aime le rouge, ça ne mar­che­ra ja­mais ! Mais on peut vivre avec quel­qu’un qu’on a en­vie d’étran­gler tous les ma­tins, non ? » Em­ma­nuelle Devos hé­site, puis lâche : « Oui, bien sûr. » Son par­te­naire ébouriffé en­chaîne : « C’est mer­veilleux de s’en­gueu­ler tout le temps. Je ne com­prends pas qu’on dise : Je cherche quel­qu’un qui ne soit pas prise de tête. Mais il faut se prendre la tête ! » nP­re­mière fois. Les deux co­mé­diens se connaissent de­puis leurs études de théâtre mais n’avaient ja­mais joué en­semble. « Em­ma­nuelle avait rem­pla­cé pen­dant un mois Isa­belle Nanty, mon pro­fes­seur au cours Florent » , se sou­vient Edouard. « C’est vrai, je lui ai tout ap­pris, il me doit tout, confirme Em­ma­nuelle. J’avais très en­vie de tra­vailler avec lui. » « Moi, non ! » balance- t- il. nFa­milles de ci­né­ma. Comme leurs per­son­nages, on ne les ima­gine pas 100 % com­pa­tibles. A Edouard Baer l’hu­mour dé­ca­lé ( « Miam Miam » ) et les co­mé­dies po­pu­laires ( « As­té­rix » ) . A Em­ma­nuelle Devos le ci­né­ma d’au­teur ( Des­ple­chin, Au­diard) et les rôles à Cé­sars. Lui s’em­balle : « Moi, j’ar­rive de la vul­ga­ri­té. Elle, c’est la lec­ture, la beau­té, l’élé­gance. Eh bien oui, je la sa­lis et elle me hausse ! » Morte de rire, elle cor­rige : « Ça me fait rire quand on dit que je suis une in­tel­lo, je n’ai même pas mon bac ! Pour moi, ce n’est pas une in­con­grui­té de nous ma­rier sur scène. J’ai tou­jours été sûre qu’on irait très bien en­semble. » « La Porte à cô­té » , mise en scène de Ber­nard Mu­rat, Théâtre Edouard- VII, Pa­ris IXe. De 20 à 55 €. 01.47.42.59.92.

C’est mer­veilleux de s’en­gueu­ler tout le temps”

( DR.)

Em­ma­nuelle Devos et Edouard Baer se connaissent de­puis leurs études de théâtre mais n’avaient ja­mais joué en­semble. C’est dé­sor­mais chose faite avec la pièce « la Porte à cô­té » , mise en scène par Ber­nard Mu­rat.

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