La gauche en tête dans le fief des Ti­be­ri

Se­lo­nun­son­da­geBVA­pour notre jour­nal, la liste sou­te­nue­par la so­cia­liste An­neHi­dal­go­dans le Ve l’em­por­te­rait au­se­cond­tour dans tous les cas­de­fi­gure.

Le Parisien (Paris) - - La Une - CH­RIS­TINE HEN­RY ET PHI­LIPPE MAR­TI­NAT

C’est un mo­ment dé­ci­sif dans la cam­pagne des mu­ni­ci­pales à Pa­ris. Le Ve ar­ron­dis­se­ment, fief his­to­rique des Ti­be­ri, est en passe de bas­cu­ler à gauche. Et ce­la dans tous les cas de fi­gure. Se­lon notre son­dage BVA ex­clu­sif, la liste so­cia­liste conduite par l’uni­ver­si­taire Ma­rieCh­ris­tine Le­mar­de­ley ( sou­te­nue par Anne Hi­dal­go) ar­ri­ve­rait net­te­ment en tête au pre­mier tour avec 36 % des suf­frages. Elle de­van­ce­rait la liste UMP de Flo­rence Ber­thout ( sou­te­nue par Na­tha­lie Kos­cius­ko- Mo­ri­zet), poin­tée à 28 %, et celle em­me­née par Do­mi­nique Ti­be­ri, le fils du maire sor­tant, cré­di­té de 19 %. Les éco­lo­gistes et les par­ti­sans de JeanLuc Mé­len­chon réa­li­se­raient cha­cun 6 % et le FN 5 %.

Au se­cond tour, la gauche l’em­por­te­rait en cas de tri­an­gu­laire si les deux listes de droite se mainte- naient, comme elles en ont la pos­si­bi­li­té puis­qu’elles dé­pas­se­raient cha­cune le seuil des 10 % au pre­mier tour. La liste Le­mar­de­ley l’em­por­te­rait alors avec 49 % des voix contre 31 % pour l’UMP et 20 % pour Ti­be­ri.

nL’évé­ne­ment

se­rait his­to­rique

Autre hy­po­thèse : un duel entre la gauche et la seule liste UMP­si Do­mi­nique Ti­be­ri et ses amis dé­ci­daient fi­na­le­ment de ne pas se main­te­nir au se­cond tour. Ce qui re­vien­drait à sou­te­nir ( au moins im­pli­ci­te­ment) Flo­rence Ber­thout. Cette fois aus­si, la liste Le­mar­de­ley- Hi­dal­go dé­cro­che­rait la vic­toire par 52 % des voix contre 48 %. A no­ter que 76 % des élec­teurs de Ti­be­ri du pre­mier tour se re­por­te­raient au se­cond sur la liste UMP, 10 % choi­sis­sant la gauche tan­dis que 14 % s’abs­tien­draient.

La der­nière hy­po­thèse, en­fin, est as­sez im­pro­bable : un face- à- face Le­mar­de­ley- Ti­be­ri. Dans ce cas, l’écart se creu­se­rait avec 57 % pour la can­di­date PS et 43 % pour le di­vers droite. Ex­pli­ca­tion : seule­ment 57 % des élec­teurs de Ber­thout se re­por­te­raient sur Ti­be­ri.

Quels que soient les scé­na­rios, la gauche semble donc bien par­tie pour rem­por­ter en­fin ce Ve « mau­dit » où elle a cou­tume d’être ma­jo­ri­taire lors des élec­tions na­tio­nales ( 56,22 % pour Fran­çois Hol­lande en 2012) et per­dante lo­ca­le­ment.

Ce se­rait alors un évé­ne­ment his­to­rique à forte por­tée sym­bo­lique. Et une contri­bu­tion no­table à la vic­toire à Pa­ris d’Anne Hi­dal­go.

Mais pru­dence. Pour les mu­ni­ci­pales de 2008, Jean Ti­be­ri avait été don­né per­dant dans les ul­times son­dages mais avait « res­sus­ci­té » dans les urnes. « Le jour même du vote, les son­dages réa­li­sés pour les chaînes de té­lé me don­naient ga­gnante en fin de ma­ti­née avant de s’in­ver­ser dans la jour­née sans que les son­deurs ne par­viennent à com­prendre pour­quoi » , ru­mine en­core Lyne Co­hen- So­lal, à l’époque tête de liste du PS. « Le Ve, c’est un es­prit par­ti­cu­lier. A chaque scru­tin lo­cal on in­verse les son­dages mal­gré le Ti­be­ri ba­shing » , s’en­or­gueillit le fils du maire sor­tant. Cette fois- ci, l’alerte semble tout de même beau­coup plus sé­rieuse…

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