Bien­tôt des in­édits de Ba­shung

Mu­sique. Ch­loéMons, fem­me­del’ar­tis­te­dis­pa­ruen2009, sor­tun nou­ve­lal­bu­met tra­vaille sur la sor­tie de­mor­ceauxi­né­dits­de­son­ma­ri.

Le Parisien (Paris) - - La Une - Pro­pos re­cueillis par ÉRIC BU­REAU

Ch­loé Mons trim­balle une ré­pu­ta­tion de chan­teuse in­gé­rable, qua­si in­fré­quen­table. Pour­tant, dans la vie, celle qui par­ta­gea celle d’Alain Ba­shung pen­dant onze ans est tout le contraire, fa­cile, at­ten­tion­née, franche mais beau­coup plus pu­dique que ses dé­col­le­tés et ses jupes de cow­girl le laissent ima­gi­ner dans ses disques et ses clips. Pour la sor­tie de son al­bum le plus fou et réus­si ( lire en­ca­dré), cette Lil­loise de 41 ans parle à coeur ouvert de son image, de la mé­moire de Ba­shung et de son pro­jet de dé­voi­ler des chan­sons in­édites de son ma­ri. Vous avez un cô­té fon­ceuse, non ? CH­LOÉ MONS. ( Elle sou­rit) Je ne suis pas une ba­gar­reuse mais une voya­geuse qui avance en so­li­taire. J’étais au dé­part si heu­reuse d’en­re­gis­trer dans un vrai stu­dio en Inde, mais ce­la s’est mal ter­mi­né puisque le réa­li­sa­teur du disque s’est en­fui avec les bandes. Alors, je l’ai ré­en­re­gis­tré à la mai­son et fi­nan­cé moi­même, à perte, comme tou­jours. Vous n’avez pas de mai­son de disques ? Ni de pro­duc­teur de spec­tacles pour faire des concerts. Cer­tains m’ont dit qu’ils ne prennent pas d’ar­tistes en dé­ve­lop­pe­ment, alors que je fais de la mu­sique de­puis quinze ans et que j’ai sor­ti sept disques… Le show­biz me fait payer beau­coup de choses. Com­ment ça ? L’amour reste une des seules ré­bel­lions dans cette so­cié­té, en­core plus dans le show­biz… Un jour ( NDLR : en 1998, lors du tour­nage du clip de « La nuit je mens » avec Alain Ba­shung où elle était fi­gu­rante), j’ar­rive toute in­no­cente dans la vie d’un homme qui est une star. Je crois qu’on m’en veut beau­coup d’avoir pris la star. L’idée qu’une cé­lé­bri­té ap­par­tienne à tout le monde, je n’ai pas de pro­blème avec ça, c’est le jeu. Mais nous, on s’ai­mait au grand jour, à la ville, à la scène, il n’y a que ça qui comp­tait, on le di­sait haut et fort, ce­la ne plai­sait pas à tout le monde, c’est sûr… Quand vous fai­siez ses pre­mières par­ties, l’ac­cueil était par­fois dur. A Pa­ris, sur­tout, je me fai­sais par­fois sif­fler, alors que j’étais toute seule avec mon pe­tit uku­lé­lé… Sur scène, j’ai une éner­gie un peu punk, mais je ne suis pas une pro­vo­ca­trice, je ne montre rien. Je ne com­prends pas, j’ai l’image d’une scan­da­leuse, alors que je suis très nor­male. Vous en souf­frez ? Je ne vais pas me plaindre, j’ai une

J’ai l’image d’une scan­da­leuse, alors que je suis très nor­male”

li­ber­té to­tale, un luxe que je peux me per­mettre grâce à Alain. Je ré­in­ves­tis tous ses droits d’au­teur dans la mu­sique. Je trace mon che­min so­li­taire, je crée, j’ap­prends le pia­no, le chant ly­rique… Vous avez par­ti­ci­pé à un hom­mage à Alain Ba­shung en 2012 et 2013. C’était im­por­tant ? On m’a pro­po­sé beau­coup de choses de­puis sa dis­pa­ri­tion… Je n’ai ac­cep­té que le spec­tacle « Der­nières Nou­velles de Frau Ma­jor » avec ses mu­si­ciens ( et Kent ou Ber­trand Can­tat entre autres). Parce que j’étais en confiance, en fa­mille. Si je vou­lais, je pour­rais pas­ser ma vie à ça, mais ce­la ne m’in­té­resse pas. ( Son smart­phone vibre, sa fille Pop­pée lui a lais­sé un mes­sage.) Elle veut être chan­teuse, elle a 13 ans, elle est rock’n’roll, adore les Ra­mones, les Pre­ten­ders, les Stooges. Ecoute- t- elle son père ? Non, c’est trop d’émo­tion. Existe- t- il en­core des in­édits de lui ? Oui, Alain a lais­sé pas mal de choses. Je suis en train de dé­fri­cher. Je gratte avec l’équipe du la­bel Bar­clay qui avait tra­vaillé avec Alain, on avance tran­quille­ment. Ce­la me gêne un peu d’en par­ler, car je ne sais pas quand ce­la sor­ti­ra et com­ment. Mais ce­la sor­ti­ra. Vous gé­rez les droits de ses chan­sons… C’est dans mes res­pon­sa­bi­li­tés et je les ho­nore. Avec plai­sir et hon­neur. Je lui ai pro­mis que je fe­rais vivre sa mé­moire. C’est dans l’ordre des choses, pour lui, pour les fans. Je suis très ouverte, je ne re­fuse qua­si­ment au­cune de­mande de re­prise, car ce­la fait vivre ses chan­sons. J’ai­me­rais que sa mu­sique tra­verse les an­nées, les siècles…

( AFP/ Fran­çois Lo Pres­ti.)

Lille ( Nord), 19 juin 2004. « Je lui ai pro­mis que je fe­rais vivre sa mé­moire » , ex­plique Ch­loé Mons, ici en concert avec Alain Ba­shung. Celle qui gère les droits des chan­sons de son ma­ri dé­funt as­sure ne re­fu­ser qua­si­ment au­cune de­mande de re­prise.

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