Em­bar­ra­schez­les­po­li­tiques

Le Parisien (Paris) - - Le fait du jour - ÉRIC HACQUEMAND ET MAR­TINE CHE­VA­LET

nA

gauche, vi­gi­lance et fer­me­té

« Ce­la fait des dé­cen­nies que l’ex­trême droite n’a pas mo­bi­li­sé 17000 per­sonnes à Pa­ris et des dé­cen­nies que l’on n’a pas en­ten­du hur­ler sa haine du juif, de l’étran­ger, de la presse » , aler­tait hier le mi­nistre de l’In­té­rieur, Ma­nuel Valls, en marge du ras­sem­ble­ment des cadres du PS à la Mu­tua­li­té à Pa­ris. Face à la ra­di­ca­li­sa­tion d’un mou­ve­ment que Fran­çois Hol­lande qua­li­fie en pe­tit co­mi­té de « ré­gres­sif et ré­pres­sif » , la gauche est donc d’abord dans le re­gistre de la dé­non­cia­tion. Mais aus­si dans ce­lui de « la dé­fense de la Ré­pu­blique » pour mieux at­ta­quer ses ad­ver­saires ac­cu­sés de cou­rir après les ex­tré­mistes. « Je re­grette les am­bi­guï­tés de la droite et du Front na­tio­nal » à l’égard des ma­ni­fes­ta­tions, es­time ain­si Valls. Un an et de­mi après avoir pro­mis, lors de la cam­pagne élec­to­rale de 2012, d’ « apai­ser » le pays, Hol­lande doit com­po­ser avec des cris­pa­tions aus­si in­édites que co­riaces, dont les braises ne de­mandent qu’à s’en­flam­mer. « Il faut que la gauche se re­mo­bi­lise. Ces ma­ni­fes­ta­tions nous in­ter­pellent aus­si » , alerte Guillaume Ba­las, vice- pré­sident du conseil ré­gio­nal d’Ile- de- France.

nA

droite, pru­dence et em­bar­ras

Après avoir at­ti­sé la po­lé­mique sur la « théo­rie du genre » contre le gou­ver­ne­ment, la droite aborde la ma­ni­fes­ta­tion de di­manche avec des pin­cettes. Ses di­ri­geants ne des­cen­dront pas dans la rue, con­trai­re­ment à ce qu’ils avaient fait au prin­temps der­nier : l’UMP pré­fère se te­nir pru­dem­ment à dis­tance des ba­taillons ra­di­caux. Quelques ir­ré­duc­tibles ac­teurs par­le­men­taires UMP de la lutte antimariage gay comme Her­vé Ma­ri­ton ( Drôme) ou Phi­lippe Gos­se­lin ( Manche) dé­fi­le­ront, de même que Jean- Fré­dé­ric Pois­son, qui a suc­cé- dé à Ch­ris­tine Bou­tin à la pré­si­dence du Par­ti chré­tien dé­mo­crate et ap­pelle clai­re­ment ses ouailles à ve­nir dé­non­cer « les at­taques contre la fa­mille » . Mais « c’est à titre per­son­nel » , pré­cise- t- on à l’UMP, où la ligne est celle que Jean- Fran­çois Co­pé avait énon­cée après le vote de la loi Tau­bi­ra en mai der­nier : « Si nous re­ve­nons ( NDLR : au pou­voir), nous cor­ri­ge­rons la loi sur l’adop­tion, la PMA et la GPA, mais la loi est vo­tée. » En at­ten­dant, l’UMP ne mo­bi­li­se­ra plus contre le ma­riage pour tous. Mais pas ques­tion pour au­tant de contra­rier son élec­to­rat le plus à droite : l’UMP conti­nue­ra donc à res­pec­ter « les dé­pu­tés qui s’y ren­dront » . Et à mar­te­ler le même mes­sage à ceux qui bat­tront le pa­vé : « Si vous êtes mé­con­tent, le meilleur moyen, c’est de sanc­tion­ner le gou­ver­ne­ment à l’oc­ca­sion des mu­ni­ci­pales ! »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.