LaF­ran­ce­sé­cu­rise se­sam­bas­sa­desà­risque

Après l’at­ten­tat il y a dix mois qui avait dé­vas­té notre re­pré­sen­ta­tion en Li­bye, le Quai d’Or­say a dé­blo­qué20M€ pour ren­for­cer ses sites les plus ex­po­sés.

Le Parisien (Paris) - - Politique - AVA DJAMSHIDI

« La po­li­tique étran­gère de la France ne plaît pas aux ter­ro­ristes » , ob­serve un di­plo­mate. Dans cer­tains pays, les bâ­ti­ments of­fi­ciels tri­co­lores consti­tuent en ef­fet des cibles à abattre.

En avril 2013, une voi­ture pié­gée avait ain­si pu se ga­rer aux abords de l’am­bas­sade de France à Tripoli, en Li­bye. Plus de 50 % du site de la chan­cel­le­rie avait été dé­truit dans l’ex­plo­sion, qui s’est dé­clen­chée heu­reu­se­ment avant l’ar­ri­vée de l’es­sen­tiel des agents. Cette at­taque, qui a fait deux bles­sés, avait vio­lem­ment rap­pe­lé aux au­to­ri­tés la né­ces­si­té de re­voir le dis­po­si­tif de pro­tec­tion des sites of­fi­ciels, et de se plier à la lettre aux règles de sé­cu­ri­té dans les zones à risque.

Dans le sillage de cet at­ten­tat, Laurent Fa­bius, mi­nistre des Af­faires étran­gères, était par­ve­nu à dé­blo­quer une en­ve­loppe de 20 M€ pour com­bler les la­cunes sé­cu­ri­taires. Il y avait ur­gence. « Nous consta­tons une aug­men­ta­tion des risques et des me­naces dans plus d’en­droits du monde, et la ca­pa­ci­té tech­nique de nui­sance des groupes cri­mi­nels va crois­sante » , in­dique- t- on au Quai d’Or­say. D’au­tant que la France, con­trai­re­ment aux pays an­glo­saxons, n’a pas l’ha­bi­tude d’im­plan­ter ses em­prises di­plo­ma­tiques à l’écart des centres- villes et des lieux d’ha­bi­ta­tions.

nGen­darmes,

voi­tures blin­dées… et murs vo­lant !

Pas ques­tion de se cou­per de tout, donc, mais il a tout de même fal­lu ren­for­cer la sé­cu­ri­té de ses postes les plus ex­po­sés à l’étran­ger. L’in­ven­taire des am­bas­sades où sont réa­li­sés ces tra­vaux donne une idée as­sez claire des re­la­tions en­tre­te­nues avec les pays d’ac­cueil… et ren­seigne éga- le­ment sur les risques en­cou­rus. En haut de la liste, Tripoli, ca­pi­tale li­byenne ( un pays qui « in­quiète » Fa­bius) où un nou­veau « cam­pus­di­plo­ma­tique » ul­tra- sé­cu­ri­sé est en cours de construc­tion pour un mon­tant de 3,4 M€.

En at­ten­dant qu’il soit fin prêt, l’am­bas­sa­deur passe ses nuits et tra­vaille… à l’hô­tel. A Ban­gui ( Cen­tra­frique), où la France est en­ga­gée dans une in­ter­ven­tion mi­li­taire, le mur d’en­ceinte va être ren­for­cé : l’an­née der­nière, il avait été dé­chi­que­té à coups de ma­chette ( coût : 1,8 M€) ! En Egypte, l’am­bas­sade de France au Caire va être do­tée d’un sas d’en­trée et les murs ren­for­cés contre les ex­plo­sions pour 1 M€. D’autres me­sures ont éga­le­ment été adop­tées par le Quai d’Or­say pour as­su­rer la pro­tec­tion de ses agents. Ren­forts tem­po­raires de gen­darmes ( 1,7 M€) ou es­cortes des di­plo­mates ( 2 M€), achat de vé­hi­cules blin­dés ( 1,3 M€) ou de ma­té­riels d’ur­gence de pro­tec­tion. Il s’agit, pour ces der­niers, de… « murs blin­dés vo­lants » qui peuvent être lar­gués par avion- car­go en cas de crise !

Tripoli ( Li­bye), le 23 avril 2013. Une voi­ture pié­gée avait pu à l’époque se ga­rer sans pro­blème de­vant l’am­bas­sade de France. L’ex­plo­sion avait fait deux bles­sés et dé­truit plus de 50 % de la chan­cel­le­rie.

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