L’évê­que­quin’ar­rê­te­plus­det­wee­ter

Le Parisien (Paris) - - Société - HÉ­LÈNE HAUS

En ra­con­tant son his­toire, Her­vé Gi­raud ne lâche qua­si­ment pas son smart­phone des mains. « Je consulte Twit­ter tout le temps ! » Une obli­ga­tion qua­si pro­fes­sion­nelle pour l’évêque de Sois­sons ( Aisne) qui vient de pu­blier « Twit­to­mé­lies » * , trois ans pile après ses pre­miers pas sur le réseau so­cial. A 56 ans, il a re­pris, à la de­mande de ses fi­dèles lec­teurs, toutes ses pe­tits mes­sages re­li­gieux pos­tés sur Twit­ter. Twit­to­mé­lies est un mot de son in­ven­tion qui a, de­puis, été lar­ge­ment re­pris par les re­li­gieux pré­sents sur la Toile. « Sur Twit­ter, il faut se li­mi­ter à 140 signes. Etre concis, ça de­mande en­core plus de tra­vail. Plus on est dans l’im­mé­dia­te­té, plus ça né­ces­site de la ré­flexion » , ra­conte ce­lui qui ré­pond au pseu­do de @ mgr­gi­raud.

Chaque soir, l’évêque se pose de­vant son or­di­na­teur et choi­sit un pas­sage de l’Evan­gile qu’il met en­suite en ligne et com­mente. Son pre­mier Tweet ? « Jé­sus de nou­veau com­men­ça à en­sei­gner, Marc 4,1. Twit­to­mé­lie : Il nous faut sou­vent de nou­veau com­men­cer en bien des do­maines de nos vies. » A l’époque, l’évêque ve­nait de perdre en ap­pel un pro­cès contre Fa­ce­book France. Il avait por­té plainte contre le réseau so­cial, car des in­ter­nautes s’étaient ser­vis de sa photo, trou­vée par ha­sard sur le Net, pour illus­trer cette page d’un mau­vais goût : « Cou­rir nu dans une église en pour­sui­vant l’évêque » . Mgr Gi­raud avait tout de même ob­te­nu du site qu’il re­tire cette page. nP­lus Quelques jours plus tard, l’évêque, qui avait l’ha­bi­tude d’écrire des ho­mé­lies sur le site Internet de son dio­cèse, a été convain­cu par un web­de­si­gner de se lan­cer sur Twit­ter. « Je me suis dit que c’était fait pour moi. C’est un en­droit où je peux m’in­for­mer et in­for­mé, com­mu­ni­quer… Bref, tout ce que j’aime ! Cer­taines per­sonnes de mon en­tou­rage se sont in­quié­tées. Elles m’ont dit : Après ce qui s’est

de 5 200 abon­nés

pas­sé sur Fa­ce­book, tu te lances sur Twit­ter? Quand on a un ac­ci­dent de voi­ture, on n’ar­rête pas de conduire toute sa vie » , ré­pond l’homme d’Eglise aux plus de 5 200 abon­nés, qui veut vivre « dans son temps » . « J’ai tou­jours ai­mé la tech­no­lo­gie. J’ai eu mon pre­mier or­di­na­teur en 1988 » , ra­conte cet ex- prof de maths, or­don­né à 28 ans.

« Au dé­but, les gens de mon dio­cèse pen­saient que je m’amu­sais sur Twit­ter, mais quand ils ont vu que le Saint- Siège s’y met­tait aus­si, ils m’ont pris au sé­rieux. C’est une autre ma­nière de par­ta­ger l’Evan­gile » , dé­crit Her­vé Gi­raud, se dé­fen­dant de tout pro­sé­ly­tisme. « Mon père était athée. Je ne cherche pas à conver­tir les gens. J’ai plus de 5 000 abon­nés ve­nus de 40 pays, croyants ou non et de toutes re­li­gions. » * « Twit­to­mé­lies » d’Her­vé Gi­raud aux Editions Pa­role et Si­lence, 16 €. L’en­semble des bé­né­fices se­ra re­ver­sé au dio­cèse de Sois­sons.

Sois­sons ( Aisne), le 9 juin 2011. Her­vé Gi­raud, l’évêque de la ville, sort un livre* qui com­pile ses tweets trois ans après s’être ins­crit sur le réseau so­cial.

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