Ils­veu­lent­chan­gerd’air

PA­RIS. Ile- de- France en­vi­ron­ne­ment, qui re­groupe370as­so­cia­tions, or­ga­ni­sait hier son­car­na­val des as­phyxiés pour dé­non­cer la trop­forte pol­lu­tion.

Le Parisien (Paris) - - Ile-De- France - MAÏRAM GUISSÉ

De faux avions sur­volent le Tro­ca­dé­ro à basse al­ti­tude. Sous ces en­gins, gon­flables, des hommes et des femmes portent des masques et des blouses blanches. En choeur, ils scandent des slo­gans : « Pa­ris ton sale air ir­res­pi­rable, ir­res­pon­sable, mon air, c’est mon droit, l’ave­nir c’est chan­ger d’air » … Bien­ve­nue au car­na­val des as­phyxiés, ini­tié par Ile- de- France en­vi­ron­ne­ment ( IDFE fé­dère 370 as­so­cia­tions), qui se dé­rou­lait hier après- mi­di à Pa­ris.

Plu­sieurs di­zaines de per­sonnes étaient ras­sem­blées pour dire « stop à la pol­lu­tion en tous genres » . « Les consé­quences sur les ha­bi­tants sont consi­dé­rables. En France, on compte 3 mil­lions d’asth­ma­tiques » , in­siste Mi­chel Riot­tot, pré­sident d’IDFE. A Pa­ris, cette pol­lu­tion pro­vient de deux sources : « La pre­mière est liée à la cir­cu­la­tion au­to­mo­bile, la se­conde, au chauf­fage ré­si­den­tiel » , dé­taille Mi­chel Riot­tot.

Toutes les douze mi­nutes, une per­sonne meurt pré­ma­tu­ré­ment à cause de pro­blèmes

de pol­lu­tion”

Mi­chel Riot­tot, pré­sident d’IDFE

Pour ré­duire ce « sale air » IDFE pro­pose des so­lu­tions. « En at­ten­dant des voi­tures élec­triques moins pol­luantes, il faut uti­li­ser le gaz na­tu­rel pour vé­hi­cules. C’est fai­sable ra­pi­de­ment, mar­tèle Mi­chel Riot­tot. Et il faut dé­ve­lop­per les ré­seaux de cha­leur. C’est en cours mais ça ne va pas as­sez vite. »

Sou­dai­ne­ment, un bruit re­ten­tit. « Vous en­ten­drez ce­la toutes les douze mi­nutes » , pré­vient une ma­ni­fes­tante au mi­cro. La rai­son ? « Chaque an­née, toutes les douze mi­nutes, une per­sonne meurt pré­ma­tu­ré­ment à cause de pro­blèmes de pol­lu­tion, no­tam­ment celle en­gen­drée par les avions » , as­sure le pré­sident d’IDFE. C’est jus­te­ment le troi­sième point im­por­tant évo­qué hier. D’ailleurs, nom­breux étaient les ha­bi­tants du Val- d’Oise et les adhé­rents de l’as­so­cia­tion de dé­fense des ri­ve­rains de l’aé­ro­port de Rois­sy ( Ad­voc­nar) à avoir fait le dé­pla­ce­ment. « Quand je suis ar­ri­vée à Mont­li­gnon, en 1986, il y avait un avion toutes les cinq mi­nutes, main­te­nant il y en a trois par mi­nute » , dé­plore Ka­ti. Son jar­din, cette qua­dra­gé­naire ne s’y rend qua­si­ment plus. « Le bruit des avions nous em­pêche de te­nir une dis­cus­sion et il faut voir l’état de la table de jar­din, pleine de par­ti­cules noires » , souffle- t- elle.

A quelques mètres de là, Ch­ris­tine chante des slo­gans à tue- tête. Puis, elle lâche : « Je suis là pour dé­fendre mon cadre de vie. » Comme les ma­ni­fes­tants ren­con­trés, elle ai­me­rait « que les vols de nuit soient ar­rê­tés. A Or­ly ( NDLR : Val- de- Marne), c’est dé­jà le cas » . Tous sou­haitent une ré­duc­tion du tra­fic aé­rien pour « pro­té­ger la san­té des ci­toyens, mar­tèle Pa­trick Kruis­sel, membre de l’Ad­voc­nar. La loi de juillet 2010, vo­tée dans le cadre du Gre­nelle II, per­met de di­mi­nuer les vols en cas de pics de pol­lu­tion, mais elle n’a ja­mais été ap­pli­quée. »

Pa­ris, place du Tro­ca­dé­ro ( XVIe), hier. Les ma­ni­fes­tants ont dé­non­cé la pol­lu­tion liée à la cir­cu­la­tion au­to­mo­bile et au « chauf­fage ré­si­den­tiel » mais aus­si concer­nant le tra­fic aé­rien. Ils vou­draient que ce der­nier soit ré­duit pour « pro­té­ger la san­té des ci­toyens » .

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