« Et­sou­dain, je­me­sui­sen­vo­lé »

GaëlFi­ckou, trois- quarts­cen­tre­duXV­deF­rance, au­teur­del’es­sai­dé­ci­sif

Le Parisien (Paris) - - Sports - Pro­pos re­cueillis par DA­VID OPOCZYNSKI

Droit dans son cos­tume, mains dans les poches du pan­ta­lon, Gaël Fi­ckou af­fiche un sou­rire dis­cret mais pro­fond dans les cou­loirs du Stade de France. Le jeune centre tou­lou­sain, en­tré en jeu à cinq mi­nutes de la fin, n’en fi­nit pas de ra­con­ter son ac­tion ma­gique. Dé­cri­vez- nous cette gé­niale feinte de passe qui vous per­met d’al­ler mar­quer cet es­sai… GAËL FI­CKOU. J’avais une dé­ci­sion à prendre. J’ai sen­ti le dé­fen­seur hé­si­tant. Après, c’est ins­tinc­tif… Au dé­but, je me suis dit : Al­lez, main­te­nant tu plonges, et, fi­na­le­ment, en une frac­tion de se­conde, j’ai réa­li­sé qu’il fal­lait al­ler entre les po­teaux pour qu’on puisse mar­quer les deux points de plus ( NDLR : avec la trans­for­ma­tion). Et sou- dain, je me suis en­vo­lé. Je me suis fait un peu mal au ge­nou d’ailleurs ( rires). J’étais tel­le­ment heu­reux. C’est bon de mar­quer pour la pre­mière fois en équipe de France. J’es­père qu’il y en au­ra d’autres. Qu’avez- vous res­sen­ti ? Une é norme émo­tion car, grâce à ça, on rem­porte le match. Au dé­but, j’ai eu du mal à réa­li­ser. Le stade était en fo­lie. C’est très beau… Nous étions fa­ti­gués, en­fin pas moi puisque je ve­nais d’en­trer ( rires), mais je crois qu’il faut sou­li­gner les ef­forts de ceux qui étaient là de­puis le dé­but. On a fait quelques er­reurs mais, dans l’en­semble, c’est une co­pie po­si­tive.

Quand une bête est bles­sée, elle est deux fois plus forte ”

Pour­quoi avez- vous pris le temps de faire un pe­tit sa­lut au pu­blic ? Ils nous ont pous­sés jus­qu’au bout, ont chan­té plu­sieurs fois « la Mar­seillaise » . J’ai eu le temps de m’en aper­ce­voir puisque j’étais rem­pla­çant. Je vou­lais les re­mer­cier. Quand vous en­trez en jeu à 1924, pen­sez- vous que le coup est en­core jouable ? Oui, mais je sais que c’est très dif­fi­cile, sur­tout dans ce genre de ren­contres où on sait que les An­glais ne lâchent ja­mais rien. On a eu cette op­por­tu­ni­té et Di­mi­tri ( Szar­zews­ki) a su­per bien joué le coup. Moi, j’étais mo­ti­vé pour don­ner le meilleur car Yan­nick ( NDLR : Bru, l’ad­joint de Saint- André) m’a en­cou­ra­gé en me di­sant : Al­lez Gaël, je crois en toi. Je me suis dit : Il faut que je marque, que j’ap­porte un plus à l’équipe. La dé­faite au­rait- elle fait mal ? Oui, parce qu’on a eu deux se­maines de pré­pa­ra­tion, on vit su­per bien en­semble. Ça au­rait été dom­mage de perdre sur­tout qu’on com­mence avec deux es­sais. Sur ce genre de match, on sait que c’est peu­têtre la der­nière fois qu’on por­te­ra le maillot de l’équipe de France et c’est bien que, là, toute l’équipe en ait pris conscience. On a vu que quand une bête est bles­sée, elle est deux fois plus forte.

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