Cet­te­vic­toi­re­va- t- el­le­tout­chan­ger ?

Le Parisien (Paris) - - Sports - OLI­VIER FRAN­ÇOIS ( AVEC D. O.)

Un nou­veau re­vers, après les huit de 2013, au­rait sé­rieu­se­ment fra­gi­li­sé le sé­lec­tion­neur Phi­lippe Saint- André, désar­çon­nant un peu plus ses joueurs, qui courent sans cesse après les cer­ti­tudes. Ce suc­cès, ar­ra­ché in ex­tre­mis, peut- il pour au­tant ser­vir de dé­clic ? OUI Il y a les op­ti­mistes, qui voient le bon cô­té des choses. Eric Blanc, l’an­cien trois­quarts centre du Ra­cing, au­jourd’hui consul­tant à l’Equipe 21, en fait par­tie. « Men­ta­le­ment, après la si­nis­trose de 2013, on était en chi­mio­thé­ra­pie, sou­ligne- t- il. Le staff était au bord de la syn­cope. Les Bleus ont eu le cou­rage du déses­poir. Et, main­te­nant, quoi qu’il ar­ri- ve, ils au­ront connu ce bon­heur su­prême. Ils vont le vivre en­semble. Il va y avoir de l’apai­se­ment à Mar­cous­sis. Pour la confiance, c’est pri­mor­dial. Ce match va leur ser­vir. » Yan­nick Bru, l’ad­joint de Phi­lippe Saint- André en charge des avants, va même plus loin : « Ça change tout, clame- t- il. Ça nous sort d’une spi­rale né­ga­tive. On a bat­tu l’une des meilleures na­tions du monde. Ça va for­ger le men­tal du groupe. Ça prouve qu’il adhère à notre mes­sage, qu’il a de la res­source. » L’ai­lier Yoann Hu­get est du même avis. « Ça peut être un élé­ment dé­clen­cheur, af­firme- t- il. La vic­toire ne vient pas seule­ment de la der­nière ac­tion. On n’a ja­mais lâ­ché, c’est en­cou­ra­geant. Les ré­sul­tats de­vraient suivre. » NON

Les Bleus peuvent- ils pour au­tant se sen­tir pous­ser des ailes et vi­ser le Grand Che­lem, qu’ils n’ont plus dé­cro­ché de­puis 2010 ? « Pour l’ins­tant, on ne peut rien dire, tem­père le de­mi de mê­lée Maxime Ma­che­naud. Ce n’est qu’un match ga­gné. Ce n’est pas une ré­vo­lu­tion. » Son com­père Louis Pi­ca­moles est sur la même lon­gueur d’ondes. « D’ac­cord, c’était im­por­tant car il s’agis­sait de notre en­trée dans la com­pé­ti­tion, en­chaîne le troi­sième ligne centre. Mais il nous reste quatre ren­contres et il va fal­loir amé­lio­rer cer­taines choses. Il y a eu de l’en­ga­ge­ment mais on manque tou­jours de maî­trise. » Jean- Pierre Elis­salde, an­cien de­mi de mê­lée in­ter­na­tio­nal, consul­tant pour Ca­nal +, se montre di­rect : « Ce suc­cès va- t- il tout chan­ger ? La ré­ponse est non. C’est vrai qu’une dé­faite au­rait fait som­brer les Bleus dans l’in­quié­tude. Ils peuvent dire trois fois ouf. Mais ce­la ne gomme rien d’autre, ni les huit dé­faites de 2013, ni le manque de rythme, d’ini­tia­tives. La vic­toire est un sou­la­ge­ment, point. » L’Ita­lie, dans une semaine à Saint- De­nis, ne de­vrait pas trop gê­ner les Tri­co­lores. Le Pays de Galles, en re­vanche, per­met­tra de ré­pondre à la ques­tion, le 21 fé­vrier à Car­diff.

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