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AMont­fer­meil, les­jeunes com­bat­ten­taus­si­les­pré­ju­gés

Le Parisien (Paris) - - Sports Ile- De- France - GILLES TOURNOUX ET AR­NAUD DETOUT

top ! Eh oui Théo, tu n’as pas res­pec­té les consignes… To­ny, tu dors ? » Sans crier à tue- tête, Valère Laurent a quelque peu se­coué ses jeunes joueurs, mer­cre­di à l’en­traî­ne­ment. Et les moins de 19 ans in­cri­mi­nés du FC Mont­fer­meil, qui dis­pute au­jourd’hui un 32e de fi­nale de Coupe Gam­bar­del­la pour la pre­mière fois de l’his­toire du club, n’ont pas bron­ché. Ils ont même re­dou­blé d’ef­forts sur un ter­rain en sable gor­gé d’eau qui au­rait pu en re­bu­ter plus d’un. On est loin de l’image du club sul­fu­reux où ne se re­trou­ve­raient que des têtes brû­lées.

Certes, le FC Mont­fer­meil, ba­sé au coeur de la ci­té sen­sible des Bos­quets, n’a pas tou­jours été un ange. Le pas­sage à ta­bac d’un jeune de Neuilly- Plai­sance cou­pable d’avoir ins­crit un but qui don­nait l’avan­tage à son équipe le 2 juin 1999, reste dans les mé­moires. Créée dans les an­nées 1940, l’US Mont­fer­meil, comme le club se nom­mait alors, avait été in­ter­dite de toute com­pé­ti­tion of­fi­cielle pen­dant deux ans à la suite de ce dé­chaî­ne­ment de vio­lence.

Mais, de­puis, on s’est vi­si­ble­ment ra­che­té une conduite dans ce coin de la Seine- Saint- De­nis. « Je sa­vais où j’al­lais quand je suis ar­ri­vé en 2012 » , ap­puie le coach Valère Laurent, an­cien re­cru­teur du Stade ren­nais et édu­ca­teur spé­cia­li­sé dans le ci­vil.

« Quand j’ai an­non­cé il y a quatre ans que j’al­lais si­gner ici, on m’a tout de suite dit : Ne va pas là- bas, c’est un club de ci­té, tu ver­ras, tu au­ras des pro­blèmes. Mais, ce ne sont que des idées re­çues. Il n’y a ja­mais eu un mot plus haut que l’autre ni d’em­brouille » , confie Tho­mas De­bla­dis, gar­dien de but at­ten­du ce mois- ci à So­chaux ( Ligue 1) pour un es­sai et ly­céen en ter­mi­nale scien­ti­fique à Chelles ( Seine- et- Marne), où il ré­side. Ils sont d’ailleurs plus de 80 % d’un ef­fec­tif de 24 élé­ments à ve­nir de l’ex­té­rieur. Le mi­lieu dé­fen­sif Mehdi La­rad­ji doit, lui, ava­ler la ving­taine de ki­lo­mètres qui sé­parent son do­mi­cile de Tor­cy ( Seine- et- Marne) du stade Hen­ri- Vi­dal. Preuve que le club, où sont pas­sés Ma­ma­dou Sa­mas­sa ( exOM, Va­len­ciennes, L 1), Sam­ba Dia­ki­té ( Queens Park Ran­gers, L 2 an­glaise) ou en­core Ch­ris­to­pher Ma­bou­lou ( Châ­teau­roux, L 2), réus­sit à faire taire les pré­ju­gés. « Au dé­part,

On n’est pas seule­ment de bons joueurs de foot, mais aus­si des per­sonnes cor­rectes

et dis­ci­pli­nées !”

Mehdi La­rad­ji, ca­pi­taine de l’équipe les pa­rents avaient peur de lais­ser leur fils chez nous, car on leur avait dé­con­seillé de ve­nir, se sou­vient Ab­de­la­ziz Kad­dour, le di­rec­teur spor­tif qui veille sur 525 li­cen­ciés. Main­te­nant, tout va pour le mieux et le bouche- à- oreille marche à mer­veille. »

Même si « on est en­core mal vus par les gens lors­qu’on se dé­place » , se­lon Mehdi La­rad­ji, ly­céen en ter­mi- nale STMG ( sciences et tech­no­lo­gies du ma­na­ge­ment et de la ges­tion). « Ça en de­vient las­sant, pour­suit le ca­pi­taine. Notre bon par­cours en Gam­bar­del­la nous donne l’oc­ca­sion de mon­trer qu’on n’est pas seule­ment de bons joueurs de foot, mais aus­si des per­sonnes cor­rectes et dis­ci­pli­nées ! » Au­jourd’hui ( 15 heures), stade Hen­ri- Vi­dal. Ar­bitre : M. Gar­nier.

Dja­dou­ri - Cey­lan, Gué, Lai­dou­ni, Men­dy - La­rad­ji ( cap.), Te­guig, Kour­di, Mon­louis - Gos­sou, Bel­hadj.

De­bla­dis ( g), Gna­gnon, Ca­ma­ra, Mande.

Laurent.

Stade Hen­ri- Vi­dal ( Mont­fer­meil), mer­cre­di. Grâce à leur bon par­cours en Gam­bar­del­la, les joueurs ont l’oc­ca­sion de mon­trer que le club est loin de l’image sul­fu­reuse qui lui avait va­lu une in­ter­dic­tion de toute com­pé­ti­tion of­fi­cielle pen­dant deux ans.

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