Fa­ce­book en quête d’un nou­veau souffle

Le plus gran­dré­seau­so­cial sur In­ter­net fête ses 10 ans. Un­suc­cès pla­né­taire, bous­cu­lé au­jourd’ hui par une désaf­fec­tion des plus jeunes.

Le Parisien (Paris) - - Lefaitdujour - AY­ME­RIC RENOU

Il y a tout juste dix ans, le 3 fé­vrier 2004, le tout jeune Mark Zu­cker­berg lan­çait, de­puis sa pe­tite chambre d’étu­diant de Har­vard, sur la côte Est des Etats- Unis, The­fa­ce­book. com. D’abord ré­ser­vé aux seuls étu­diants, ce trom­bi­no­scope vir­tuel s’est ra­pi­de­ment im­po­sé comme l’un des ser­vices les plus uti­li­sés sur le Web. Une dé­cen­nie plus tard, Fa­ce­book est fré­quen­té chaque mois par 1,23 mil­liard d’in­ter­nautes à tra­vers le monde et gé­nère des bé­né­fices gi­gan­tesques ( lire ci- contre). Il ne s’en dou­tait pas lors­qu’il ap­puya sur la touche « mise en ligne » de­puis son or­di­na­teur por­table, mais Mark Zu­cker­berg a ré­vo­lu­tion­né notre ma­nière de com­mu­ni­quer avec les proches. Mal­gré les cri­tiques quant à la pro­tec­tion et à l’usage fait des don­nées pri­vées, Fa­ce­book re­pré­sente au­jourd’hui 20 % de l’ac­ti­vi­té du Net dans le monde. Y gé­rer son « pro­fil » tout en sur­veillant l’ac­ti­vi­té de ses « amis » est de­ve­nu une ac­ti­vi­té quo­ti­dienne pour la moi­tié des abon­nés. Pa­py- boom En ar­rière- plan de ce ta­bleau idyl­lique pointent tou­te­fois quelques signes de dé­clin. Se­lon le rap­port d’un ana­lyste de l’agence amé­ri­caine iS­tra­te­gyLabs, plus de 10 mil­lions de jeunes in­ter­nautes — ados, ly­céens ou étu­diants — ont dé­lais­sé Fa­ce­book de­puis 2011 au pro­fit de nou­veaux ou­tils, prin­ci­pa­le­ment des ap­pli­ca­tions sur les mo­biles. Cette mi­gra­tion di­gi­tale reste pour l’ins­tant concen­trée aux Etats- Unis et aux pays d’Eu­rope oc­ci­den­tale. Le nombre d’abon­nés à Fa­ce­book conti­nue de croître grâce aux nou­veaux ve­nus des pays émer­gents, mais aus­si grâce aux in­ter­nautes plus âgés. Le même rap­port pointe d’ailleurs une aug­men­ta­tion, sur la même pé­riode, de 80 % des uti­li­sa­teurs de plus de 55 ans. Des usa­gers au pou­voir d’achat lar­ge­ment su­pé­rieur à ce­lui des jeunes de 13 à 17 ans, et des cibles de choix pour les pu­bli­ci­taires dont dé­pend lar­ge­ment Fa­ce­book.

La France n’est pas épar­gnée par ce phénomène, même s’ « il est très exa­gé­ré de par­ler de dé­clin pour Fa­ce­book qui conti­nue de pro­fi­ter d’une crois­sance stra­to­sphé­rique, re­la­ti­vise Mar­co Ti­nel­li, pré­sident- fon­da­teur de Full­six, agence pa­ri­sienne de mar­ke­ting qui conseille les marques sur leur stra­té­gie nu­mé­rique. Le ré­seau est sur­tout vic­time de son suc­cès. Les ados n’y trouvent plus for­cé­ment leur compte parce que leurs pa­rents y sont abon­nés. Ils vont donc voir aus­si ailleurs. »

Cet « ailleurs » prend de mul­tiples formes, aux­quelles, par­fois, les adultes ne com­prennent pas grand- chose. A l’image d’Ask. fm, un ré­seau créé en 2010 en Let­to­nie, fort de plus de 60 mil­lions d’abon­nés, qua­si ex­clu­si­ve­ment des ados. L’ano­ny­mat y est to­lé­ré et les échanges y sont très libres et sans au­cune cen­sure. Exac­te­ment le contraire de ce qu’est de­ve­nu le trop po­li­cé Fa­ce­book.

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