Pour­le­sa­dos, c’est­del’his­toi­rean­cienne

Le Parisien (Paris) - - Lefaitdujour - A. R.

Les ter­mi­nale S sortent par grappes. C’est la fin des cours en ce ven­dre­di après- mi­di et, de­vant la grille de ce ly­cée pa­ri­sien ni­ché entre le pé­riph nord et les bou­le­vards in­té­rieurs, tous les élèves dé­gainent ma­chi­na­le­ment leur por­table. « Tout ou presque se passe sur mo­bile main­te­nant » , ex­plique Vic­tor, 17 ans, un Black­Ber­ry à la main. Sur les écrans, des tex­tos bien sûr, mais aus­si beau­coup d’alertes pro­ve­nant de tel ou tel ré­seau so­cial. De quoi me­su­rer sa po­pu­la­ri­té. « Fa­ce­book ? On y est tous mais on y consacre moins de temps qu’avant » , re­con­naît Ophé­lie, 17 ans. « Ça reste pra­tique, mais pour des choses sé­rieuses comme la page qu’on par­tage avec la classe. » MyS­pace ? « Je connais de nom parce que mon père y est, ré­pond la jeune fille. Par contre, je ne sais pas du tout à quoi ça peut ser­vir ! » Sans lais­ser de traces Ro­main, 18 ans, ré­sume la si­tua­tion ain­si : « Fa­ce­book, c’est bien, mais c’est une grosse ma­chine qui peut tout faire en un peu plus com­pli­qué et lour­dingue. On pré­fère al­ler sur des ap­pli­ca­tions plus ef­fi­caces qui ne font qu’une seule chose, mais bien. » Par­mi les al­ter­na­tives, Snap­chat re­cueille tous les suf­frages. « Tout le monde est des­sus, as­sure Ma­thias, 17 ans. C’est plus ra­pide et beau­coup plus drôle que tout le reste. On prend une pho­to, on écrit un pe­tit texte, et hop ! c’est par­ti. Le gros avan­tage, c’est que rien ne reste en­re­gis­tré. On se pho­to­gra­phie en train de faire les idiots et nos amis font la même chose en ré­ponse. C’est n’im­porte quoi, mais c’est pour ça qu’on adore ! »

Au pal­ma­rès des ap­pli­ca­tions ap­pré­ciées fi­gure éga­le­ment Vine. « On ne fait pas en­core de vi­déos avec mais on re­garde tous ce que les autres, sur­tout des Amé­ri­cains, réus­sissent à réa­li­ser » , re­lève Mi­ckaël, 16 ans. Pour ses co­pines Ariane et Mar­ta, 17 ans cha­cune, What­sApp oc­cupe une place de choix. « Cette mes­sa­ge­rie per­met d’ap­pe­ler gra­tui­te­ment nos fa­milles en Ita­lie. »

Pour Arthur, 15 ans et en 3e, Fa­ce­book re­lève presque de l’his­toire an­cienne. « J’avais vrai­ment lâ­ché il y a quelques mois. Si j’y re­viens un peu, c’est parce que je viens d’y éjec­ter mes pa­rents ! » ri­gole- t- il. Dans sa poche, deux ap­pa­reils. Un Black­Ber­ry, sur le­quel tourne presque en per­ma­nence la mes­sa­ge­rie ins­tan­ta­née BBM, « bien pra­tique pour dia­lo­guer sans ex­plo­ser son for­fait » , et un iPod, qu’il connecte en wi- fi pour s’amu­ser avec Snap­chat. Fa­ce­book, « pour trou­ver des amis » , et Twit­ter, « de temps en temps » . Arthur est un zap­peur. Il suf­fit que l’in­té­rêt pour une ap­pli­ca­tion s’émousse pour qu’elle re­joigne le ci­me­tière des ap­pli­ca­tions « has been » ra­pi­de­ment sup­pri­mées de l’écran mo­bile.

Ly­cée Bal­zac, Pa­ris ( XVIIIe), le 30 jan­vier. Aus­si­tôt sor­tis de cours, les ly­céens dé­gainent leurs por­tables pour se rendre sur les ré­seaux so­ciaux.

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