Hol­lande cherche à cal­merle jeu

Le Parisien (Paris) - - Politique - ÉRIC HACQUEMAND

Sur­tout ne pas hys­té­ri­ser le dé­bat… A quelques se­maines des élec­tions mu­ni­ci­pales et eu­ro­péennes de mars et juin, Fran­çois Hol­lande joue l’apai­se­ment. Alors que l’UMP et le Front na­tio­nal souf­flaient hier sur les braises, le chef de l’Etat, pour­tant sé­vè­re­ment pris pour cible dans les cor­tèges de la Ma­nif pour tous, ne veut sur­tout pas se lan­cer dans un bras de fer avec eux.

Hier soir, au­cune ré­ac­tion of­fi­cielle n’est ve­nue de l’Ely­sée. Le pré­sident a lais­sé faire ses mi­nistres, avec un mot d’ordre : ne pas stig­ma­ti­ser les ma­ni­fes­tants. Même les so­cia­lis- tes ont re­con­nu qu’ « il y avait du monde » dans les rues. Un cor­tège four­ni, com­po­sé « des tra­dis » , et sur­tout « pa­ci­fique » , a es­ti­mé Pierre Mos­co­vi­ci, le mi­nistre des Fi­nances ( sur RTL). Et sur­tout bien loin des dé­bor­de­ments vus ou en­ten­dus di­manche der­nier.

Pas ques­tion de tout mé­lan­ger

Hier, l’en­tou­rage pré­si­den­tiel pre­nait bien soin de faire la dis­tinc­tion entre « des fa­milles qui ont le droit de pro­tes­ter » , bien que la loi sur le ma­riage pour tous soit en­trée en vi­gueur de- puis huit mois, et ceux qui, en hur­lant par exemple « De­hors les juifs ! » , se sont ren­dus cou­pables d’ « at­taques in­dignes » le week- end der­nier. Pas ques­tion de tout mé­lan­ger, au risque de je­ter de l’huile sur le feu.

Main­te­nant, que faire ? Prin­ci­pale ré­ponse du gou­ver­ne­ment : dé­mi­ner le pro­cès fait par les ma­ni­fes­tants en « fa­mi­li­pho­bie » qui, se­lon Mos­co­vi­ci, « n’a pas de sens » . Dans l’en­tou­rage pré­si­den­tiel, on rap­pelle ain­si que ni la pro­créa­tion mé­di­cale as­sis­tée ( PMA) ni la ges­ta­tion pour au­trui ( GPA) ne font par­tie des soixante en­ga­ge­ments de Fran­çois Hol­lande du- rant la cam­pagne pré­si­den­tielle. Au sein du PS, du gou­ver­ne­ment et chez les Verts, la PMA a beau gar­der des par­ti­sans, « elle ne se­ra pas dans la loi fa­mille » , pré­sen­tée en avril par la mi­nistre Do­mi­nique Ber­ti­not­ti.

Sans comp­ter la dé­mys­ti­fi­ca­tion de l’en­sei­gne­ment sup­po­sé de la théo­rie du genre à l’école, « une ma­ni­pu­la­tion for­gée par des ex­tré­mistes et des in­té­gristes qui vise à dé­sta­bi­li­ser l’école de la Ré­pu­blique » , a dé­non­cé hier le pre­mier se­cré­taire du PS, Har­lem Dé­sir.

Or, cer­tains ai­me­raient que la contre- at­taque soit plus mus­clée. Re- gret­tant « une gauche lé­thar­gique » , l’ex- fon­da­teur de SOS Ra­cisme Ju­lien Dray a plai­dé hier sur Ra­dio J pour qu’ « une ré­ac­tion se mette en place, une ré­ac­tion à la ré­ac­tion » . Se­lon Luc Car­vou­nas, se­cré­taire na­tio­nal du PS char­gé des re­la­tions ex­té­rieures, « des contacts ont été pris » avec les autres par­tis de gauche en vue d’une éven­tuelle « ri­poste com­mune » . Un pa­ri ris­qué aux yeux d’un té­nor so­cia­liste : « Si on ouvre un conflit, c’est Fran­çois Hol­lande qui pren­dra sa pro­messe d’apai­ser la so­cié­té en pleine fi­gure. »

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