Pres­sion­maxi­male sur­les­mi­nistres

Alors qu’ap­prochent les élec­tions, Hol­lande, en pre­mière ligne sur de­nom­breux­dos­siers chauds, ne lâche plus les membres du­gou­ver­ne­ment, ré­gu­liè­re­ment­con­vo­qués à l’Ely­sée.

Le Parisien (Paris) - - Politique - ÉRIC HACQUEMAND

Pour ceux qui en dou­taient en­core, l’ « om­ni­pré­si­dence » est bel et bien de re­tour. Pour preuve, la se­maine char­gée que le pré­sident s’ap­prête à faire vivre à ses mi­nistres, de plus en plus sou­vent convo­qués pour des tête- àtête à l’Ely­sée. A quelques se­maines des élec­tions mu­ni­ci­pales et eu­ro­péennes de mars et juin, la pres­sion est maxi­male.

Un jour, un mi­nistre… et par­fois plus : ils se­ront huit à dé­fi­ler à l’Ely­sée jus­qu’à jeu­di ( le len­de­main, il en em­barque quelques- uns avec lui en Tu­ni­sie !) Au­jourd’hui, par exemple, ce se­ra Ma­nuel Valls ( In­té­rieur) puis Cécile Du­flot ( Lo­ge­ment). Il y a bien sûr le dé­fi­lé des « tau­liers » du gou­ver­ne­ment ha­bi­tués aux en­tre­tiens avec le chef de l’Etat : outre Valls, le Pre­mier mi­nistre, Jean- Marc Ay­rault, Laurent Fa­bius ( Af­faires étran­gères), Jean Yves Le Drian ( Dé­fense) ou en­core Pierre Mos­co­vi­ci ( Eco­no­mie et Fi­nances) sont at­ten­dus dans le bu­reau pré­si­den­tiel. Mais le chef de l’Etat n’hé­site plus à élar­gir le pé­ri­mètre avec, entre autres, Au­ré­lie Fi­lip­pet­ti ( Culture) ou bien en­core Fré­dé­ric Cu­villier ( Trans­ports). « C’est l’oc­ca­sion de faire le point, ex­plique ce der­nier. J’ai be­soin d’ap­pré­cia­tions et d’orien­ta­tions sur mes dos­siers. » Sans comp­ter un exa­men de « la si- tua­tion po­li­tique » . En clair, les élec­tions. Si le pré­sident est aus­si pres­sant, c’est qu’il a choi­si de te­nir lui­même les rênes du con­seil stra­té­gique de la dé­pense pu­blique, char­gé de trou­ver 50 Mds€ d’éco­no­mies d’ici à 2017. Ou en­core de pré­si­der le pro­chain con­seil d’at­trac­ti­vi­té de la France, pré­vu mi- fé­vrier, pour at­ti­rer les in­ves­tis­seurs étran­gers. « Le chef de l’Etat est clai­re­ment aux avant- postes, il ne s’en cache même plus » , souffle un conseiller mi­nis­té­riel. Quitte à lais­ser à son Pre­mier mi­nistre des tâches plus tech­niques. « La pres­sion est maxi­male et il faut al­ler vite » , re­con­naît une membre du gou­ver­ne­ment. « Il serre la vis, de­mande des comptes à tout le monde » , pro­longe un de ses col­la­bo­ra­teurs. No­tam­ment pour ne pas lais­ser s’ins­tal­ler le doute sur la mise en place du pacte de res­pon­sa­bi­li­té, la prio­ri­té des prio­ri­tés.

Or, sur ce pacte, cen­sé amor­cer le re­tour de la crois­sance, le scep­ti­cisme a été pal­pable ce week- end à la Mai­son de la Mu­tua­li­té à Pa­ris ( Ve), lors du ras­sem­ble­ment des can­di­dats du Par­ti so­cia­liste aux élec­tions. « Si j’avais été pré­sident, je n’au­rais pas fait ce­la » , a ain­si sou­li­gné Edouard Mar­tin, l’ex- syn­di­ca­liste des hauts four­neaux de Flo­range. Can­di­dat dans la ré­gion Est aux eu­ro­péennes, la nou­velle re­crue du PS a ain­si re­gret­té que le gou­ver­ne­ment soit « tom­bé dans le piège du pa­tro­nat eu­ro­péen » , ce­lui de la baisse des charges, « alors que les pa­trons, eux, n’ont pas in­ves­ti dans la ré­no­va­tion de l’ou­til in­dus­triel » . Un pa­vé dans la mare.

( AFP/ Ken­zo Tri­bouillard.)

Laurent Fa­bius ( Af­faires étran­gères), Jean- Marc Ay­rault ( Pre­mier mi­nistre), Jean- Yves Le Drian ( Dé­fense) et Ma­nuel Valls ( In­té­rieur) sont par­mi les huit mi­nistres que Fran­çois Hol­lande va re­ce­voir jus­qu’à jeu­di à l’Ely­sée.

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