L’ours­met­lesPy­ré­nées­sur­les­dents

Des spé­cia­listes duMu­séum­pré­co­nisent la ré­in­tro­duc­tion d’au­mi­ni­mum­six fe­melles dans les Py­ré­nées. Une hé­ré­sie pour les re­pré­sen­tantsdes éle­veurs, qui en fon­tun­ca­sus bel­li.

Le Parisien (Paris) - - Société - JU­LIE RIMBERT

C’est un rap­port qui ra­vive la guerre entre les dé­fen­seurs et les op­po­sants à la ré­in­tro­duc­tion de l’ours dans les Py­ré­nées. Ren­dues pu­bliques jeu­di, les conclu­sions du rap­port com­man­dé par le mi­nis­tère de l’Eco­lo­gie au Mu­séum na­tio­nal d’his­toire na­tu­relle de Pa­ris pré­co­nisent le lâ­cher à court terme de six ourses dans le mas­sif : quatre fe­melles en Py­ré­nées oc­ci­den­tales et deux fe­melles pleines en Py­ré­nées cen­trales. L’étude sou­ligne éga­le­ment que « tout re­tard né­ces­si­te­ra une pro­ba­bi­li­té d’in­ter­ven­tion ul­té­rieure beau­coup plus im­por­tante » . nBa­taille Au­jourd’hui, au moins 22 ours sont re­cen­sés dans les Py­ré­nées fran­çaises et es­pa­gnoles. « C’est une énième étude qui rap­pelle la si­tua­tion alar­mante de l’ours dans les Py­ré­nées et l’ur­gence du gou­ver­ne­ment à don­ner des pers­pec­tives pour sau­ver cette es­pèce. Il est peu pro­bable que des lâ­chers aient lieu cette an­née vu la pré­pa­ra­tion d’une telle opé­ra­tion » , ex­plique Alain Reynes, le di­rec­teur de l’as­so­cia­tion Pays de l’Ours- Adet. Les six pre­miers lâ­chers pré­co­ni­sés par le Mu­séum per­met­traient de conso­li­der le noyau py­ré­néen, mais ces ex­perts plaident

de chiffres

même pour une autre vague de 17 ré­in­tro­duc­tions à long terme.

Pour l’As­so­cia­tion pour la sau­ve­garde du pa­tri­moine Ariège- Py­ré­nées ( As­pap), en­ga­gée de­puis long­temps contre la ré­in­tro­duc­tion de l’ani­mal dans le mas­sif, cette étude ne change rien à sa dé­ter­mi­na­tion. Elle es­time que les pré­cé­dentes ré­in­tro­duc­tions ont eu lieu « sur un men­songe d’Etat » . « Les res­pon­sables de ce dos­sier ont igno­ré l’op­po­si­tion lo­cale pour faire pas­ser leur pro­jet ve­nu de Pa­ris, s’in­surge Bru­no Besche- Com­menge, porte- pa­role de l’As­pap. Les éle­veurs et les mon­ta­gnards ne vou­laient pas de l’ours slo­vène et n’en veulent pas plus de­main. Ce n’est pas six nou­veaux lâ­chers qui vont sau­ver l’es­pèce. » Les op­po­sants s’ap­puient, eux, sur une étude es­pa­gnole qui es­time qu’une po­pu­la­tion de 250 ours est né­ces­saire à court terme pour as­su­rer la via­bi­li­té de l’es­pèce.

En at­ten­dant que le mi­nis­tère de l’Eco­lo­gie n’ar­bitre cette ba­taille de chiffres, les as­so­cia­tions de dé­fense de l’ours main­tiennent leur pro­po­si­tion de deux lâ­chers, à leurs frais. « Une po­pu­la­tion de 50 in­di­vi­dus via­bi­li­se­rait son main­tien par el­le­mê­me­dans le mas­sif, donc il ne faut plus at­tendre, pré­vient Alain Reynes. Le gou­ver­ne­ment ne peut plus lais­ser pour­rir cette si­tua­tion qui crée des ten­sions avec les op­po­sants. » En cas de nou­velles ré­in­tro­duc­tions, l’As­pap as­sure dé­jà qu’elle « met­tra le feu au mas­sif py­ré­néen » . Un ul­ti­ma­tum en règle.

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