LeGe­no­pole in­vente la­mé­de­cine du­fu­tur

En quinze ans, ce site unique a ré­vo­lu­tion­né la re­cherche. Gros plan sur quatre in­no­va­tions pro­met­teuses.

Le Parisien (Paris) - - Lerendez- Vous - ÉVRY ( ES­SONNE) JU­LIEN HEYLIGEN

Os ar­ti­fi­ciel, créa­tion d’épi­derme hu­main, es­poir d’un vac­cin contre le si­da, dé­tec­tion pré­coce de l’au­tisme… Le Ge­no­pole, pre­mier site de re­cherche en France dé­dié aux bio­tech­no­lo­gies, si­tué à Evry ( Es­sonne), fête en 2014 ses 15 ans et an­nonce à cette oc­ca­sion le vi­sage de la san­té de de­main. « Anos dé­buts, le mot clé était l’étude du gé­nome. C’est de­ve­nu ba­nal. Nous sommes à l’aube d’une nou­velle mé­de­cine » , ex­plique le di­rec­teur gé­né­ral du Ge­no­pole, Pierre Tam­bou­rin. Une mé­de­cine non plus ba­sée, comme de­puis des siècles, sur les or­ganes mais sur les cel­lules.

Le Ge­no­pole, c’est une aven­ture unique qui a bou­le­ver­sé la science fran­çaise et mon­diale. Ses ra­cines prennent vie dans l’his­toire de Gé­né­thon, le la­bo­ra­toire fi­nan­cé par le Té­lé­thon et au­teur des pre­mières cartes du gé­nome hu­main dans les an­nées 1990. L’idée est de bâ­tir au­tour de ce lieu de re­cherche d’avant­garde un vaste cam­pus à l’amé­ri­caine. Le suc­cès se­ra ful­gu­rant. En quinze ans, le Ge­no­pole passe d’un unique la­bo­ra­toire à vingt et un, et de trois en­tre­prises à soixante et onze, mul­ti­pliant les pre­mières mon­diales.

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piste pro­met­teuse des cel­lules souches

Le site est au­jourd’hui à la pointe du pro­grès en ma­tière de thé­ra­pie gé­nique. En ré­su­mé, il s’agit d’as­so­cier un gène sain et un vec­teur qui lui per­met­tra de pé­né­trer les cel­lules ma­lades et de res­tau­rer leur bon fonc­tion­ne­ment. Deux es­sais cli­niques sont en cours pour trai­ter deux dé­fi­cits im­mu­ni­taires et un test est pro­gram­mé pour la fin de l’an­née concer­nant la myo­pa­thie de Du­chenne. « Nous avons pour am­bi­tion d’ap­por­ter d’ici à 2025 des so­lu­tions thé­ra­peu­tiques au trai­te­ment de la plu­part des ma­la­dies gé­né­tiques rares » , pré­voit Pierre Tam­bou­rin.

L’autre piste creu­sée est celle de la mé­de­cine ré­gé­né­ra­tive avec l’étude des cel­lules souches. Ces cel­lules, dites plu­ri­po­tentes, sont ca­pables de de­ve­nir un foie, de la peau, un coeur… « Là, l’ho­ri­zon est in­fi­ni. Cer­tains spé­cia­listes pensent qu’il se­ra pos­sible de vivre 1 000 ans » , pré­dit Pierre Tam­bou­rin.

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