L’en­traî­neur­de­ten­nis­re­ju­gé­pour­viols

Le Parisien (Paris) - - Faitsdivers - TIMOTHÉE BOUTRY

Après un pre­mier pro­cès éprou­vant fin 2012, la jus­tice va à nou­veau se plon­ger dans l’at­mo­sphère sor­dide du centre des Marres de Saint- Tropez ( Var), cette fa­brique à cham­pionnes de tennis sur la­quelle ré­gnait en maître Ré­gis de Ca­ma­ret dans les an­nées 19701980. Une aca­dé­mie dont, au gré de la ving­taine de té­moi­gnages d’an­ciennes pen­sion­naires li­vrés à la barre, on avait sur­tout ex­plo­ré le lo­cal à balles, ce ca­gi­bi pous­sié­reux dans le­quel l’édu­ca­teur se li­vrait à des viols, mais aus­si les chambres à cou­cher où, la nuit ve­nue, il im­po­sait ses ca­resses in­ter­dites.

En no­vembre, la cour d’as­sises du Rhône a condam­né Ré­gis de Ca­ma­ret à huit ans de ré­clu­sion cri­mi­nel- le, après l’avoir re­con­nu cou­pable du viol de deux an­ciennes joueuses mi­neures, les seuls cas non pres­crits re­cen­sés par l’en­quête. nIl Le pro­cès en ap­pel de cet homme de 71 ans s’ouvre au­jourd’hui à Dra­gui­gnan ( Var). Un match re­tour qui ver­ra une nou­velle fois dé­fi­ler ses ac­cu­sa­trices, à com­men­cer par l’ex­cham­pionne Isa­belle De­mon­geot, dont la plainte en 2005 a tout dé­clen­ché. En pre­mière ins­tance, les nom­breux té­moi­gnages gla­çants avait ma­ni­fes­te­ment re­mué les ju­rés, mais pas Ré­gis de Ca­ma­ret qui n’avait ja­mais dé­vié de sa ligne : nier les faits.

L’an der­nier, de­vant la cour, l’en-

in­voque un com­plot

traî­neur était res­té im­pas­sible, ré­pé­tant après chaque té­moi­gnage qu’il n’avait « rien fait du tout » . Tout juste avait- il re­con­nu avoir « failli à [ son] rôle d’en­sei­gnant » en­vers Sté­pha­nie Car­rou­get, l’une des deux par­ties ci­viles. Et cet homme dé­crit comme un gou­rou d’in­vo­quer la piste d’un com­plot fo­men­té par des joueuses ai­gries pour ex­pli­quer sem­blable suc­ces­sion de ré­cits ac­ca­blants. Comme en pre­mière ins­tance, Ré­gis de Ca­ma­ret de­vrait à nou­veau re­ce­voir le sou­tien de l’ex­joueuse ve­dette Na­tha­lie Tau­ziat, qui n’a ja­mais lâ­ché ce­lui qu’elle consi­dère comme un se­cond père.

Dans une si­tua­tion dé­li­cate, l’ac­cu­sé a cette fois- ci fait ap­pel à MeE­ric Du­pond- Mo­ret­ti. La per­son- na­li­té du cham­pion de l’ac­quit­te­ment de­vrait don­ner une to­na­li­té dif­fé­rente aux dé­bats. On ima­gine en ef­fet mal le cé­lèbre pé­na­liste res­ter sans ré­ac­tion face à toutes ces femmes dont les ac­cu­sa­tions ont été écar­tées par la pres­crip­tion.

Pour les par­ties ci­viles, la pers­pec­tive de ce nou­veau pro­cès est dou­lou­reuse. « Mais elles vont af­fron­ter cette épreuve en connais­sance de cause, car elles savent dé­sor­mais ce qu’est un pro­cès d’as­sises, confie Me Bau­douin Du­bel­loy, l’avo­cat de Ka­rine Po­mares, la se­conde par­tie ci­vile. Elles sont dé­ter­mi­nées, mais elles ont sur­tout en­vie que toute cette his­toire soit en­fin der­rière elles. » Le ver­dict est at­ten­du le 12 fé­vrier.

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