Pro­cèsd’une­sur­do­se­mor­tel­le­chez­le­di­plo­mate

Le Parisien (Paris) - - Faitsdivers - GEOF­FROY TOMASOVITCH

Une jeune femme est morte chez lui, tuée par la drogue qu’il avait fi­nan­cé, mais cet homme ne se­ra pas ju­gé cet après­mi­di de­vant la 15e chambre cor­rec­tion­nelle de Pa­ris. L’ab­sence d’An­drew s’ex­plique. Il a échap­pé à des pour­suites ju­di­ciaires en rai­son de son im­mu­ni­té di­plo­ma­tique.

A l’époque des faits, en 2012, il oc­cu­pait le poste de pre­mier se­cré­taire à l’am­bas­sade d’Afrique du Sud à Pa­ris. « Il a sim­ple­ment été en­ten­du par les po­li­ciers et puis ça s’est ar­rê­té là » , in­dique Me Da­niel Fel­lous, avo­cat de Geof­frey, l’un des cinq pré­ve­nus, dont trois com­pa­raissent pour « ho­mi­cide in­vo­lon­taire » après cette sur­dose mor­telle.

La nuit du 31 août au 1er sep­tembre 2012, le di­plo­mate sud- afri­cain ra­mène plu­sieurs per­sonnes dans son grand ap­par­te­ment du VIIIe ar­ron­dis­se­ment après quelques heures pas­sées en dis­co­thèque. Par­mi elles, Victoria, étu­diante de 26 ans, Yous­sef et Geof­frey, con­som­ma­teurs de stu­pé­fiants. Et chez le di­plo­mate, la drogue n’est pas ta­boue. Payée par lui, se­lon les in­vi­tés.

cock­tail d’hé­roïne et de co­caïne se­ra fa­tal à l’étu­diante

nLe Dans la nuit, Léo­pold, un dea­leur pré­su­mé sur­nom­mé Al­li­ga­tor, livre de la co­caïne. Puis Yous­sef et Geof­frey vont en ache­ter à un in­ter­mé­diaire à Saint- De­nis ( Seine- Saint- De­nis). Une coke « par­ti­cu­lière » qui « anes­thé­sie la bouche » , di­ra l’un d’eux. Les pro­duits sont consom­més dans l’ap­par­te­ment. Victoria est as­sise sur une chaise quand sou­dain sa tête tombe sur le cô­té. Ses amis la croient en­dor­mie et l’al­longe dans une chambre. Ils tentent de la ré­veiller vers 21 heures, en vain. Les pom­piers sont ap­pe­lés. Mais l’étu­diante suc­com­be­ra à un oe­dème pul­mo­naire mas­sif. Un cock­tail d’hé­roïne et de co­caïne fa­tal, se­lon l’au­top­sie.

Après ce drame, le par­quet ouvre une in­for­ma­tion ju­di­ciaire qui iden­ti­fie­ra les ac­ti­vi­tés de pe­tit dea­leur de Léo­pold et de deux autres tra­fi­quants pré­su­més, condam­nés à dix ans de pri­son en 2007 et 2008. Outre l’in­frac­tion à la lé­gis­la­tion sur les stu­pé­fiants, Léo­pold se­ra ju­gé pour avoir « re­ven­du de la co­caïne, pro­duit illé­gal et mor­ti­fère » et « in­vo­lon­tai­re­ment cau­sé la mort de Victoria » . Lui plaide non cou­pable, pré­ci­sant qu’il ne cou­pait pas ses pro­duits. Yous­sef et Geof­frey sont éga­le­ment pour­sui­vis pour ho­mi­cide in­vo­lon­taire.

« Mon client, qui a aus­si pris de cette drogue, en a su­bi les ef­fets et n’avait pas tout son dis­cer­ne­ment » , sou­tient Me Fel­lous, qui conteste les pour­suites pour ho­mi­cide in­vo­lon­taire. Quant au Sud- Afri­cain, il pour­suit sa car­rière de di­plo­mate.

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