Dis­pa­ri­tion.

Hol­ly­woo­da­per­duun­grand In­con­tour­nable dans le ci­né­ma amé­ri­cain de­puis les an­nées 1990, Phi­lip Sey­mourHoff­man, 46ans, a été trou­vé­mort, hier, chez lui àNewYork.

Le Parisien (Paris) - - Loisirsetspectacles - RE­NAUD BARONIAN

Son nom était moins connu que son phy­sique : le co­mé­dien Phi­lip Sey­mour Hoff­man a été re­trou­vé hier dans son ap­par­te­ment new- yor­kais de Green­wich Village, à Man­hat­tan. Il avait 46 ans. « Il semble qu’il s’agisse d’une over­dose » , a dé­cla­ré un por­te­pa­role de la po­lice, qui, aler­té par un ami qui n’ar­ri­vait pas à joindre l’ac­teur, a dé­cou­vert vers 11 h 30 ( 16 h 30, heure fran­çaise) son corps sur le sol de sa salle de bain, pré­ci­sant qu’une se­ringue avait été re­trou­vée dans un bras de l’ac­teur avec, à proxi­mi­té, une en­ve­loppe conte­nant de l’hé­roïne. Plu­sieurs mé­dias amé­ri­cains rap­pe­laient qu’il avait ad­mis par le pas­sé être hé­roï­no­mane, et, su­bi une cure de dés­in­toxi­ca­tion l’an der­nier.

Très cé­lèbre aux Etats- Unis, un peu moins en France, Phi­lip Sey­mour Hoff­man au­ra connu une car­rière ex­cep­tion­nelle. Il avait sé­duit de nom­breux grands ci­néastes et met­teurs en scène de théâtre amé­ri­cains avec son phy­sique ron­douillard, son vi­sage pou­pin d’ado­les­cent, sa voix à la fois fluette et éraillée, et sur­tout son jeu épous­tou­flant. Par­mi ses nom­breux rôles, le plus mar- quant res­te­ra « Tru­man Ca­pote » , de Ben­nett Miller, en 2005, qui lui avait va­lu de dé­cro­cher l’Os­car du meilleur ac­teur l’an­née sui­vante. Il y in­ter­pré­tait l’écri­vain Tru­man Ca­pote au som­met de sa gloire.

Né en 1967 à Fair­port ( Etat de New York), Phi­lip Sey­mour Hoff­man prend des cours de théâtre dès le ly­cée. Il dé­bute en 1991 dans des films in­dé­pen­dants puis de­vient in­con­tour­nable à Hol­ly­wood à par­tir de 1997 et son rôle de chef opé­ra­teur de films por­nos dans « Boo­gie Nights » , de Paul Tho­mas An­der­son, avec qui il tour­ne­ra beau­coup d’autres films ( « Ma­gno­lia » , « The Mas­ter » … ). nUn Il a en­suite su adroi­te­ment gé­rer sa car­rière, al­ter­nant films in­dé­pen­dants et block­bus­ters : le thril­ler « Dragon rouge » , le film d’ac­tion « Mis­sion : Im­pos­sible 3 » , l’in­clas­sable « The Big Le­bows­ki » , la co­mé­die rock « Good Mor­ning En­gland » ou le ré­cent film fan­tas­tique « Hun­ger Games : l’Em­bra­se­ment » . Hoff­man était pas­sé der­rière la ca­mé­ra en 2010 pour réa­li­ser « Ren­dez- vous l’été pro­chain » . Dans le mi­lieu du ci­né­ma, il avait la ré­pu­ta­tion d’un

gentleman

grand pro­fes­sion­nel dou­blé d’un gentleman. A ce titre, on se sou­vient de son pas­sage à Pa­ris, dans les an­nées 1990, pour la pro­mo­tion d’un film. Epui­sé par la grippe, il avait te­nu à ho­no­rer toutes ses in­ter­views contre l’avis des at­ta­chés de presse et nous avait re­çus, fé­brile et boîte de mou­choirs à por­tée de main, ré­pon­dant obli­geam­ment à nos ques­tions.

Mais même si c’est au ci­né­ma qu’on se sou­vien­dra de lui de ce cô­té de l’At­lan­tique, il avait réus­si, aux Etats- Unis, à éga­le­ment mar­quer les planches de son em­preinte. Il y avait joué de grands clas­siques comme « la Mouette » , de Tche­khov, « Othel­lo » , de Sha­kes­peare, ou « Mort d’un com­mis voya­geur » , d’Arthur Miller, en 2012. En­fin, si Phi­lip Sey­mour Hoff­man n’ai­mait pas évo­quer sa vie pri­vée, on sait qu’il vi­vait avec la cos­tu­mière Mi­mi O’Don­nell, avec qui il avait trois en­fants. Une fa­mille qui s’est dite hier soir « ef­fon­drée » par cette « perte tra­gique » . Pour lui rendre d’ul­times hom­mages, il ne res­te­ra plus qu’à al­ler le voir en salles dans l’un des quatre films qu’il a tour­nés avant sa mort et qui de­vraient sor­tir cette an­née…

( AFP/ Ro­byn Beck.)

Phi­lip Sey­mour Hoff­man avait re­çu l’Os­car de meilleur ac­teur en 2006 pour son in­ter­pré­ta­tion ex­cep­tion­nelle de Tru­man Ca­pote dans le film du même nom.

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