Chan­son.

Le Parisien (Paris) - - Loisirsetspectacles - ÉRIC BU­REAU

Le suc­cès n’a pas tou­jours été au ren­dez- vous, mais son étoile n’a ja­mais ces­sé de briller. Trente ans que l’Amé­ri­caine Su­zanne Ve­ga nous ra­conte des his­toires, de celle de « Lu­ka » , un en­fant bat­tu que plus per­sonne n’ignore, à « Tales From The Realm of the Queen of Pen­tacles » ( « Contes du royaume de la reine des pen­tacles » ) , ma­gni­fique hui­tième al­bum pro­duit par sa propre mai­son de disques et qui sort au­jourd’hui. Sept an­nées le séparent du pré­cé­dent, un sep­ten­nat pen­dant le­quel la chan­teuse et com­po­si­trice folk la plus douée de sa gé­né­ra­tion — elle a 52 ans — a ré­en­re­gis­tré et re­joué en tour­née ses vieilles chan­sons pour les faire dé­cou­vrir aux plus jeunes et vé­cu elle aus­si de belles his­toires. De pas­sage à Pa­ris, elle nous en a li­vré quelques- unes. nLes con­seils de Paul Si­mon. Su­zanne Ve­ga échange ré­gu­liè­re­ment des mails avec la moi­tié de Si­mon & Gar- fun­kel. « Il m’a en­voyé ré­cem­ment un ma­gni­fique mes­sage pour m’en­cou­ra­ger à écrire des chan­sons joyeuses, sou­rit- elle. Il m’a dit de ne pas en avoir peur, moi qui suis de na­ture si mé­lan­co­lique et sombre. J’ai pen­sé à lui en écri­vant la chan­son Ho­ri­zon, en hom­mage à Vá­clav Ha­vel. Je res­sen­tais mê­me­sa pré­sence à mes cô­tés. » nL’in­fluence des rap­peurs. Sam­plée par de nom­breux rap­peurs, no­tam­ment sa chan­son « Tom’s Di­ner » , la chan­teuse leur ren­voie l’as­cen­seur dans le titre « Don’t Un­cork What You Can’t Con­tain » . Elle sample « Can­dy Shop » de 50 Cent et cite le rap­peur Ma­ckel­more, qui a rem­por­té quatre Gram­my Awards. « J’aime son lan­gage, sa poé­sie, son in­tel­li­gence et son in­dé­pen­dance dans le suc­cès, s’en­thou­siasme- t- elle. Par­mi les nou­veaux ar­tistes, j’ai­me­rais col­la­bo­rer avec Tay­lor Swift, Lau­ra Mar­ling, Mum­ford and Sons, Adele… » nLa chan­son in­ache­vée d’Adele. La chan­teuse an­glaise le lui rend bien. Elle est l’une des plus grandes fans de Su­zanne Ve­ga et elle lui a fait sa­voir il y a quelques an­nées. « Je ne l’ai pas ren­con­trée, mais j’aime tout chez elle, sa voix, son émo­tion. J’ai une chan­son gos­pel qui lui irait bien et que j’ai­me­rais lui pro­po­ser un jour. En­core faut- il que je la fi­nisse… » nLes tex­tos de Lou Reed. « De­puis trente ans, j’ai eu le pri­vi­lège de ren­con­trer mes hé­ros, com­meLou Reed, que je vé­nère de­puis l’âge de 19 ans. Ces der­nières an­nées, je l’ai fré­quen­té un peu plus in­ti­me­ment avec sa femme Lau­rie An­der­son, et dé­cou­vert une autre fa­cette de lui, sym­pa, ou­verte. Il était plus abor­dable, m’en­voyait même des tex­tos… Je vou­lais lui faire écou­ter lors d’un concert à New York ma chan­son « I Ne­ver Wear White » , qui lui cor­res­pond bien, mais il s’est en­dor­mi chez lui. Il est mal­heu­reu­se­ment par­ti avant que nous puis­sions tra­vailler en­semble. » nLes mails de Vá­clav Ha­vel. La der­nière chan­son de l’al­bum, « Ho­ri­zon ( There Is a Road) » est dé­diée à l’an­cien pré­sident de la Ré­pu­blique tchèque, dé­cé­dé en dé­cembre 2011. « Il m’avait in­vi­té à jouer à Prague avec Joan Baez et Lou Reed pour le 20e an­ni­ver­saire de la ré­vo­lu­tion de Ve­lours, ra­conte Su­zanne Ve­ga. Après, nous avons sou­vent échan­gé des mails, dans les­quels il me par­lait de ses com­bats. Ses lettres écrites en pri­son m’ont bou­le­ver­sée. Son mes­sage d’amour, son ab­sence to­tale de haine, comme Nel­son Man­de­la, sont des le­çons pour chaque jour de notre vie. »

Ecou­tez son nou­vel al­bum

( LP/ Olivier Le­jeune.)

Pa­ris, mar­di. Après avoir ré­en­re­gis­tré et re­joué en tour­née ses vieilles chan­sons pour les faire dé­cou­vrir aux plus jeunes pen­dant sept ans, Su­zanne Ve­ga sort au­jourd’hui son hui­tième al­bum.

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