ChezCour­bet, on­trie­le­sar­naques

TMC, 18 h 35. L’ani­ma­teur- pro­duc­teur de « Sans au­cun doute » et ses équipes épluchent plus de200­cas li­ti­gieux chaque jour.

Le Parisien (Paris) - - Loisirsetspectacles - CARINE DI­DIER

« J’aime bien ce pre­mier cas, il est très vi­suel. Le deuxième est plus lourd, gar­dons- le pour la fin. » Dans le pa­tio meu­blé de bu­reaux, siège pa­ri­sien de sa so­cié­té de pro­duc­tion la Con­cep­te­ria, Ju­lien Cour­bet donne le « la » en or­ches­trant le conduc­teur d’un pro­chain nu­mé­ro de « Sans au­cun doute » . « On a aus­si cette his­toire : une dame va chez des amis dont le chien lui ar­rache le nez. Les pro­prié­taires de l’ani­mal sont res­pon­sables » , lui ré­sume Ka­ren El­krief, la ré­dac­trice en chef de la quo­ti­dienne de TMC ( 18 h 35). A cô­té, Maxime, jour­na­liste qui a fait quatre an­nées de droit, planche sur le té­moi­gnage d’un mon­sieur qui a por­té plainte contre son ex pour non- pré­sen­ta­tion d’en­fants. « Pour l’heure, on ne peut pas va­li­der ce cas. Il faut vé­ri­fier pour­quoi il ne s’est rien pas­sé de­puis sep­tembre 2013, s’il y a un cer­ti­fi­cat de non- ap­pel, tranche l’avo­cate de l’émis­sion, Syl­vie Noa­cho­vitch, spé­cia­liste du droit de la fa­mille et pé­nal. C’est un prin­cipe : nous ne trai­tons que les dos­siers où il y a eu un ju­ge­ment dé­fi­ni­tif et nous ne contes­tons ja­mais une dé­ci­sion de jus­tice. »

Chaque jour, l’équipe de « Sans au­cun doute » re­çoit en­vi­ron 200 sol­li­ci­ta­tions. Les in­jus­tices les plus ré­cur­rentes ? Les pro­blèmes de lo­ge­ment ( in­sa­lu­bri­té, vices ca­chés), les es­cro­que­ries sur In­ter­net, les im­payés, les gardes d’en­fants, voire les in­ter­ven­tions chi­rur­gi­cales mal réa­li­sées.

nUne

tren­taine d’ex­perts dé­cor­tiquent les dos­siers

Sur les tables, les dos­siers s’em­pilent : une ma­riée dont la robe li­vrée la veille des noces ne cor­res­pon­dait pas au mo­dèle ache­té à 380 € ; les ri­ve­rains d’une route dé­par­te­men­ta- le me­na­cés par les ac­ci­dents à ré­pé­ti­tion faute de li­mi­ta­tion de vi­tesse ; une femme qui, après avoir ver­sé 85 000 € à un en­tre­pre­neur, at­tend tou­jours sa mai­son…

« Avec la crise, il y a plus en plus d’ar­naques à la construc­tion, constate Ju­lien Cour­bet. Des gens qui ne sont pas des pro­fes­sion­nels du bâ­ti­ment — on a eu un fleu­riste et un spé­cia­liste de la na­vi­ga­tion flu­viale —, pro­posent des de­vis pour des tra­vaux, en­caissent l’ar­gent et par- tent avec sans fi­nir en lais­sant des fa­milles déses­pé­rées et sans rien. » Sou­vent, les ar­na­queurs « prennent le temps de mettre en confiance leur vic­time, de de­ve­nir ami avant de la plu­mer » , ajoute sa ré­dac­trice en chef.

Une tren­taine d’ex­perts épluchent les dos­siers et mènent l’en­quête d’une à quatre se­maines afin de vé­ri­fier les dires, le sé­rieux des do­cu­ments sou­mis. « On a plu­sieurs filtres, dont nos ju­ristes et ceux de la chaîne, in­siste le pré­sen­ta­teur- pro­duc­teur. On doit être justes. La règle d’or est d’avoir la par­tie ad­verse. Si elle ne s’ex­prime pas en pla­teau, on peut re­ti­rer le su­jet. Par­fois, nous re­par­tons tour­ner en ca­mé­ra ca­chée pour consta­ter ce qui se passe. »

Pas ques­tion en re­vanche d’abor­der les li­tiges trop com­plexes, ceux à conno­ta­tion ra­ciste et les af­faires de pé­do­phi­lie. « A 19 heures, il ne faut pas heur­ter des en­fants, jus­ti­fie Ju­lien Cour­bet. On reste dans une émis­sion d’ac­cueil, et les su­jets doivent être fa­ciles d’ac­cès. »

Quitte par­fois à émou­voir, à lan­cer un ap­pel à la so­li­da­ri­té pour sau­ver de la faillite un ar­ti­san vic­time d’im­payés. Une belle his­toire par­mi les 85 % de cas ré­so­lus grâce au pro­gramme, le reste étant plai­dé de­vant les tri­bu­naux ou ré­glé sur la du­rée.

Chaque jour, Ju­lien Cour­bet et son équipe de « Sans au­cun doute » vé­ri­fient le sé­rieux des do­cu­ments re­mis par les té­lé­spec­ta­teurs qui se disent vic­times d’une in­jus­tice.

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