Un­mot­qui­fâ­cheA­pha­tie

Le Parisien (Paris) - - Télévision Etmédias - HÉ­LÈNE BRY

S’il y a un su­jet qui agace JeanMi­chel Apha­tie, c’est bien ce­lui des ac­cents des uns et des autres à la té­lé et à la ra­dio. Et en par­ti­cu­lier du sien, hé­ri­té de ses ori­gines basques. Le jour­na­liste po­li­tique de RTL ( le ma­tin, 7 h 50), éga­le­ment chro­ni­queur au « Grand Jour­nal » de Ca­nal +, est pour­tant un des rares, dans le cé­nacle très se­lect des in­ter­vie­weurs et édi­to­ria­listes po­li­tiques, à par­ler avec un ac­cent pro­non­cé… Ou plu­tôt, à ne pas par­ler avec l’ac­cent pa­ri­sien do­mi­nant… « Ma ma­nière de par­ler ne m’a ja­mais po­sé au­cun pro­blème » , af­firme ce na­tif du Pays basque qui a dé­mar­ré en presse écrite. « Quand Jean- Luc Hees m’a em­bau­ché à France In­ter en 1999, il ne m’a ja­mais dit : Il faut que tu gommes ton ac­cent. Et après, à RTL, on ne m’en a ja­mais par­lé non plus. Per­sonne ne m’a ja­mais dit : Avec ton ac­cent, tu ne peux quand même pas al­ler voir le mi­nistre » .

Apha­tie ré­fute donc l’idée même des in­to­na­tions ré­gio­nales. Pour ap­puyer son rai­son­ne­ment, il en­fonce le clou : « Je n’ai pas d’ac­cent. Vous, vous avez un ac­cent. Moi, je n’en ai pas. L’ac­cent, c’est tou­jours un point de vue dif­fé­rent du sien. Vous, vous êtes né à un autre en­droit que moi. Vous n’avez pas la même ma­nière de par­ler. Mais c’est vous qui avez un ac­cent, pas moi. Dire que quel­qu’un a un ac­cent, c’est du ra­cisme. C’est une ma­nière de stig­ma­ti­ser les gens, et c’est scan­da­leux… Ou alors tout le monde en a un. » Ce qui hor­ri­pile le jour­na­liste ? Le sno­bisme pa­ri­sien se­lon le­quel « par­ler po­li­tique avec un ac­cent du Sud est une hé­ré­sie » . Il ajoute : « Dans la po­li­tique, il faut par­ler pa­ri­sien. Il faut mon­trer qu’on a lu des livres, qu’on est in­tel­li­gent, culti­vé, qu’on est un être dé­li­cat, élé­gant. Et quand vous avez un ac­cent du Sud, vous ne pou­vez pas être comme ça. Vous êtes ri­go­lo, sym­pa­thique, vous res­pi­rez la joie de vivre, le so­leil, la pé­tanque… Vous pou­vez par­ler de mé­téo ou de rug­by, mais la po­li­tique, non ! Ce sont des sté­réo­types mi­nables… C’est une forme d’in­to­lé­rance ter­rible. »

L’ac­cent, c’est tou­jours un point de vue dif­fé­rent

du sien”

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