Les pom­piers font face à la flam­bée des ap­pels

La ligne d’ur­gence des sa­peurs de Pa­ris a été contac­tée plus de 2,1 mil­lions de fois en 2013. Une équipe spéciale fait face aux « ap­pels de poche » .

Le Parisien (Paris) - - Jeux - BE­NOÎT HASSE

« Ur­gence pom­piers, j’écoute… » Cette phrase d’ac­cueil, les opé­ra­teurs de la BSPP ( bri­gade des sa­peurs- pom­piers de Pa­ris) l’ont pro­non­cé 2,1 mil­lions de fois en 2013. Soit 200 000 fois de plus qu’en 2012 et 600 000 de plus qu’en 2011 ! Comme le re­dou­tait l’état- ma­jor, le nombre d’ap­pels d’ur­gence pas­sés au 18 ou au 112 ( le nu­mé­ro d’ur­gence eu­ro­péen) a conti­nué à s’en­vo­ler l’an­née der­nière.

Cette hausse est d’au­tant plus in­quié­tante que le nombre d’in­ter­ven­tions réa­li­sées à Pa­ris et dans les 3 dé­par­te­ments de pe­tite cou­ronne ( la zone de com­pé­tence de la BSPP) reste, lui, re­la­ti­ve­ment stable. Aux alen­tours d’un de­mi- mil­lion de sor­ties chaque an­née.

Trop nom­breux mal­gré nos cam­pagnes de sen­si­bi­li­sa­tion”

Lieu­te­nant- co­lo­nel Sa­muel Ber­nès

Se­lon le lieu­te­nant- co­lo­nel Sa­muel Ber­nès, porte- pa­role de la BSPP, cette flam­bée des sol­li­ci­ta­tions au stan­dard est due à deux phé­no­mènes dis­tincts. « Il y a d’une part les ap­pels abu­sifs ( pour l’ou­ver­ture d’une porte, une fuite d’eau, un dé­pan­nage…) en­core trop nom­breux mal­gré nos cam­pagnes de sen­si­bi­li­sa­tion. Et il y a d’autre part ce que nous ap­pe­lons la pol­lu­tion so­nore ou en­core les ap­pels de poche cau­sés par les smart­phones qui se dé­clenchent par in­ad­ver­tance. »

Un fléau pour les « stan­dar­distes de l’ur­gence » qui dé­crochent et en­tendent… le bruit du mé­tro ou une conver­sa­tion pri­vée. La hausse de ces ap­pels in­tem­pes­tifs ( près de 700 000 l’an der­nier) est al­lée de pair avec la mon­tée en puis­sance du 112.

Ce nu­mé­ro in­ter­na­tio­nal peut se com­po­ser par la pres­sion d’une seule touche sur cer­tains mo­dèles de por­tables dis­po­sant de rac­cour­cis cla­vier. Pis : ur­gence oblige, le nu­mé­ro peut se com­po­ser, bien que la carte SIM du por­table soit ver­rouillée.

Dif­fi­cile de lut­ter contre les ap­pels abu­sifs au­tre­ment qu’en ap­pe­lant au bon sens. « Comme pour cette dame qui a ré­cem­ment de­man­dé la grande échelle pour des­cendre son vieux ré­fri­gé­ra­teur que le li­vreur n’avait pas em­por­té » , sou­pire un pom­pier.

Pour lut­ter contre les « ap­pels de poche » , la BSPP teste en re­vanche, de­puis le dé­but de l’an­née, un sys­tè- me d’ai­guillage au centre opé­ra­tion­nel de la ca­serne de Cham­per­ret. Une cel­lule de « dé­brui­tage » dans le jar­gon des mi­li­taires. Dé­sor­mais, 10 % des ef­fec­tifs pré­sents au stan­dard sont char­gés de trai­ter ex­clu­si­ve­ment les ap­pels du 112. « Les autres opé­ra­teurs ( ceux qui traitent le 18) ne se­ront plus pol­lués par ces ap­pels ac­ci­den­tels et in­vo­lon­taires. Ils pour­ront mieux gé­rer l’ur­gence » , es­pè­ret- on à la BSPP.

( LP/ Olivier Aran­del.)

Ca­serne de Cham­per­ret ( XVIIe). Alors que le nombre d’in­ter­ven­tions est res­té stable en 2013, le stan­dard des ur­gences a lui re­çu quelques 200 000 ap­pels de plus qu’en 2012.

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