L’ac­cor­déo­nis­te­se­bat pour­res­te­rauSa­cré- Coeur

El­le­joueàMont­mar­tre­de­puis­plus­de­ving­tans

Le Parisien (Paris) - - Paris - ALEXANDRE ARLOT

nSé­ve­rine

Un mime, en­tiè­re­ment re­cou­vert d’ar­gent, sa­lue Sé­ve­rine et s’éloigne du Sa­cré- Coeur par la rue Azaïs ( XVIIIe). « Il n’a pas d’au­to­ri­sa­tion, il a dû voir la po­lice, in­dique Sé­ve­rine, toute de fleurs vê­tue. Pour­tant, il est gen­til et ne dé­range per­sonne. » Cette ac­cor­déo­niste, qui gagne sa vie en jouant de son ins­tru­ment, est ins­tal­lée à Mont­martre de­puis 21 ans. L’his­toire entre Sé­ve­rine et le Sa­cré- coeur, com­me­celle du har­piste Hu­go et d’autres ar­tistes de la Butte, s’écrit pour­tant en poin­tillés.

joue dé­sor­mais sans au­to­ri­sa­tion

« En 2012, comme chaque an­née, j’ai de­man­dé le re­nou­vel­le­ment de mon au­to­ri­sa­tion à la pré­fec­ture de po­lice de Pa­ris, ex­plique celle qui est aus­si dan­seuse. On m’a ré­pon­du qu’entre l’élec­tion pré­si­den­tielle et le chan­ge­ment de pré­fet, c’était com­pli­qué. » Sé­ve­rine en­voie alors cour­rier sur cour­rier et passe de nom­breux ap­pels. D’abord au ser­vice de la pré­fec­ture concer­né, la Di­rec­tion des trans­ports et de la pro­tec­tion du pu­blic ( DTPP). En­suite au com­mis­sa­riat de po­lice, vers qui elle est ren­voyée. « Là, une per­sonne m’a fait sa­voir que si je n’étais pas contente, je pou­vais chan­ger d’en­droit » , s’of­fusque la jeune femme, qui s’ima­gine mal pas­ser du Sa­cré- Coeur au quar­tier des Halles comme ce­la lui a été pro­po­sé.

Sé­ve­rine se re­trouve donc à faire son tra­vail sans en avoir l’au­to­ri­sa­tion. « Je n’ai ja­mais vu ça en plus de 20 ans de tra­vail, af­firme- t- elle. On nous traite comme des moins que rien. » Elle re­con­naît sans mal que les so­nos des dan­seurs de break­dance et les joueurs de tam- tam qui se font en­tendre sur le par­vis pro­voquent « beau­coup de ba­zar » . « Mais nous, nous res­pec­tons nos em­pla­ce­ments et nous ne gê­nons pas les ri­ve­rains » , pour­suit- elle en se fai­sant la porte- pa­role des ar­tistes « his­to­riques » du site.

Hu­go, qui joue de la harpe dans les jar­dins en contre­bas du Sa­cré- Coeur, est dans la même si­tua­tion que Sé­ve­rine, tan­dis que l’au­to­ri­sa­tion ac­cor­dée à Fa­bio et Cé­line, un couple de mime, prend fin dans les jours qui viennent.

Reste un mo­tif d’es­poir : en 2004, ils s’étaient dé­jà tous mo­bi­li­sés après avoir ap­pris le non- re­nou­vel­le­ment de leurs au­to­ri­sa­tions. Dix ans plus tard, ils sont tou­jours là à jouer les par­ti­tions du folk­lore pa­ri­sien en at­ten­dant que leur dos­sier se dé­bloque à nou­veau…

( LP/ A. A.)

Rue Azaïs ( XVIIIe), sa­me­di. Sé­ve­rine La­vaux joue de l’ac­cor­déon à Mont­martre de­puis 21 ans. Et veut de­meu­rer à proxi­mi­té du Sa­cré- Coeur pour pré­ser­ver le « folk­lore » .

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.