Le pa­tron de BPCE de­vant le juge

Fran­çois Pé­rol se­ra en­ten­du­pro­chai­ne­ment par la jus­tice. Il risque une mise enexa­men.

Le Parisien (Paris) - - Economie - JAN­NICK ALI­MI

Fran­çois Pé­rol, le pré­sident de BPCE, le groupe ban­caire is­su de la fu­sion des Caisses d’épargne et des Banques po­pu­laires, doit voir­la semaine s’ou­vrir avec ap­pré­hen­sion. Se­lon nos in­for­ma­tions, c’est pro­ba­ble­ment jeu­di — ou au plus tard la semaine pro­chaine — que ce puis­sant et in­fluent pa­tron doit être en­ten­du par le juge d’ins­truc­tion Le Loire. A la clé, une pos­sible mise en exa­men. Une pers­pec­tive qu’on re­fuse de com­men­ter au sein de la banque. Cette au­di­tion prend place dans le cadre d’une en­quête ouverte en juin 2012 pour prise illé­gale d’in­té­rêts. nL’en­quête s’ac­cé­lère A l’ori­gine, une plainte dé­po­sée par les syn­di­cats SUD et CGT qui re­prochent à Fran­çois Pé­rol d’avoir joué un rôle dans le rap­pro­che­ment des Banques po­pu­laires et des Caisses d’épargne alors qu’il était se­cré­taire gé­né­ral ad­joint de l’Ely­sée, sous Ni­co­las Sar­ko­zy. Le fait d’avoir pris, en 2009, la di­rec­tion de ce qui est de­ve­nu BPCE consti­tue, se­lon eux, une prise illé­gale d’in­té­rêts, pu­nie jus­qu’à cinq ans d’em­pri­son­ne­ment et 75000 € d’amende. La loi in­ter­dit aux fonc­tion­naires d’être em­bau­chés par des en­tre­prises sur les­quelles ils exercent une au­to­ri­té di­recte.

De­puis quelques mois, l’en­quête s’ac­cé­lère. En mars, le do­mi­cile de Fran­çois Pé­rol avait été per­qui­si­tion­né par les po­li­ciers de la di­vi­sion d’in­ves­ti­ga­tions fi­nan­cières et fis­cales. « Au- de­là des mo­tifs stric­te­ment ju­ri­diques, ce nou­veau tem­po s’ex- plique ai­sé­ment, pense savoir un cadre du groupe. Fran­çois Pé­rol agace beau­coup de monde de­puis qu’il a ma­ni­fes­té ses am­bi­tions de dé­ve­lop­pe­ment dans l’as­su­rance vie. »

De­puis le prin­temps der­nier, Fran­çois Pé­rol ne ca­chait plus ses in­ten­tions de mettre fin, à terme, au contrat his­to­rique qui le lie à la CNP ( lire ci- des­sous). Or ce pro­jet, of­fi­cia­li­sé en no­vembre, va à l’en­contre des in­té­rêts pe­sants et tré­bu­chants de la Caisse des dé­pôts, le pre­mier ac­tion­naire de la CNP, et de son di­rec­teur gé­né­ral, Jean- Pierre Jouyet, ami de jeu­nesse de Fran­çois Hol­lande.

Un bras de fer fi­nan­cier et ju­di­ciai- re — of­fi­ciel­le­ment, il n’y a bien sûr au­cun lien entre l’en­quête et la vo­lon­té de dé­ve­lop­pe­ment de BPCE dans l’as­su­rance vie — qui risque, se­lon cer­tains au sein du groupe, de fra­gi­li­ser la banque. En cas de mise en exa­men, tou­te­fois, rien ne contrain­drait Fran­çois Pé­rol à dé­mis­sion­ner. Dans la même si­tua­tion, mais dans le dos­sier Ta­pie, Sté­phane Ri­chard, le pa­tron d’Orange, est res­té aux com­mandes et semble même es­pé­rer être re­con­duit à la tête de l’opé­ra­teur té­lé­pho­nique dans quelques mois. Fran­çois Pé­rol table aus­si sur un bi­lan plu­tôt flat­teur pour for­ti­fier ses po­si­tions.

Fran­çois Pé­rol, ex- se­cré­taire gé­né­ral ad­joint de l’Ely­sée sous l’ère Sar­ko­zy, fait l’ob­jet d’une en­quête après que deux syn­di­cats ont dé­po­sé plainte pour prise illé­gale d’in­té­rêts.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.