« On n’apa­sen­vied ’être­re­gar­dé comme un condamn é àmort »

Pier­reGos­nat, mai­rePCd’Ivry, at­teint d’une­tu­meur au pou­mon

Le Parisien (Paris) - - Société - Pro­pos re­cueillis par C. M.

Ma­lade tout en étant di­ri­geant po­li­tique, une as­so­cia­tion que les prin­ci­paux in­té­res­sés avaient plu­tôt ten­dance à ca­cher. Ce n’est plus le cas. Après la mi­nistre dé­lé­guée à la Fa­mille, Do­mi­nique Ber­ti­not­ti, plu­sieurs élus ont ré­vé­lé souf­frir d’un cancer, comme Oli­vier Leon­hardt, maire so­cia­liste de Sain­teGe­ne­viève- des- Bois ( Es­sonne), ou Jacques Salvatore ( PS), l’édile d’Au­ber­vil­liers ( Seine- Saint- De­nis). Pierre Gos­nat, maire com­mu­niste d’Ivry- sur- Seine ( Val- deMarne), can­di­dat à sa suc­ces­sion, l’a an­non­cé en dé­cembre à ses ad­mi­nis­trés. Pour­quoi avoir par­lé de votre cancer des pou­mons ? PIERRE GOS­NAT. Je suis un op­ti­miste de na­ture. C’est sé­rieux, mais ça se soigne. Puis lorsque mes che­veux ont com­men­cé à tom­ber à la suite du trai­te­ment, je trou­vais plus ju­di­cieux de le faire savoir à tout le monde, y com­pris à la po­pu­la­tion d’Ivry. Les ha­bi­tants ont d’ailleurs très bien ré­agi. Ils m’ont té­moi­gné de leur so­li­da­ri­té et m’en­cou­ragent à conti­nuer. Mis à part mes che­veux, je n’ai pas de signes d’af­fai­blis­se­ment. Tou­te­fois, je ne veux pas faire culpa­bi­li­ser les ma­lades qui ne peuvent pas pour­suivre leur ac­ti­vi­té et qui sont trop sou­vent vic­times de sanc­tions sur le plan éco­no­mique, écar­tés des pro­mo­tions et qui souffrent aus­si du manque de re­con­nais­sance dans le monde de l’en­tre­prise. Il semble plus fa­cile d’en par­ler au­jourd’hui… Nous avons tous connu des gens dans notre en­tou­rage qui sont dé­cé­dés des suites d’un cancer. Lors- que l’on par­lait de cette ma­la­die, il y a en­core quelques an­nées, ce­lui qui en souf­frait était re­gar­dé comme un condam­né à mort. Alors, for­cé­ment, on n’a pas en­vie d’être re­gar­dé comme ça. Au­jourd’hui, avec les avan­cées thé­ra­peu­tiques, les ma­lades ne sont plus consi­dé­rés comme les por­teurs d’un mal in­cu­rable, comme des pes­ti­fé­rés. Ce­la a nor­ma­li­sé les choses. Y com­pris dans le monde po­li­tique ? Le fait d’être en­ga­gé est aus­si, pour moi, une aide pour vaincre la ma­la­die. Lorsque je sors de l’hô­pi­tal, j’ai hâte de re­trou­ver mon bu­reau et mes col­la­bo­ra­teurs. Et, de­puis que j’en ai par­lé, je suis très éton­né par le nombre de per­sonnes qui viennent me voir pour me dire qu’ils sont aus­si pas­sés par là, qui me donnent des conseils ami­caux. Oui, que des hommes et des femmes po­li­tiques en parlent contri­bue cer­tai­ne­ment à une cer­taine ba­na­li­sa­tion.

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