Les en­jeux du nou­veau plan

Le Parisien (Paris) - - Société - CLAU­DINE PROUST

Ré­duire les in­éga­li­tés. Ce doit être un axe fort des me­sures que dé­voi­le­ra Fran­çois Hol­lande ce ma­tin à la Mu­tua­li­té, se­lon la feuille de route qu’il avait lui- même éta­blie en dé­cembre 2012, an­non­çant le lan­ce­ment d’un nou­veau plan Cancer pour cette an­née. Voi­ci quelques pistes re­com­man­dées par le pro­fes­seur Jean- Claude Ver­nant à qui le pré­sident en avait confié la co­or­di­na­tion. nP­ré­ven­tion. 40 % des can­cers pour­raient être évi­tés dans la me­sure où ils sont liés à des com­por­te­ments hu­mains mo­di­fiables. En tête : le ta­ba­gisme, en cause dans un tiers de tous les can­cers. Pour sti­mu­ler l’ar­rêt en le met­tant à la por­tée de tous, le rap­port Ver­nant sug­gé­rait l’idée d’un rem­bour­se­ment intégral des sub­sti­tuts ni­co­ti­niques pour trois es­sais d’ar­rêt. Des ob­jec­tifs de vac­ci­na­tion pour­raient être fixés : contre l’hépatite B, fac­teur de risque des can­cers du foie, et contre le pa­pil­lo­ma­vi­rus chez les jeunes filles. nDé­pis­tage. Les cam­pagnes de dé­pis­tage or­ga­ni­sé ont per­mis des pro­grès mais mon­tré leurs li­mites. Con­trai­re­ment aux Scan­di­naves qui s’y plient sans faillir, le Fran­çais re­nâcle face au coer­ci­tif ob­serve l’IN­CA, qui penche pour plus d’in­ci­ta­tif, avec une meilleure édu­ca­tion à la san­té, dès le plus jeune âge. Une consul­ta­tion de pré­ven­tion, où cha­cun se ver­rait ex­pli­quer l’in­té­rêt des dé­pis­tages pour­rait être créée. nVivre pen­dant et après. Sa­chant que 3 mil­lions de per­sonnes vivent au­jourd’hui avec le cancer, le plan doit veiller à ce que cha­cun puisse avoir ac­cès aux in­no­va­tions thé­ra­peu­tiques. Le rap­port Ver­nant sug­gé­rait aus­si d’in­ter­dire aux sec­teurs li­bé­raux et pu­blics de fac­tu­rer un reste à charge aux pa­tients. 60 % des ma­lades ac­tifs avant ac­cusent en ef­fet une baisse de re­ve­nus lors du trai­te­ment et après, re­lève la Ligue contre le cancer. Comme le pre­mier plan avait for­ma­li­sé la consul­ta­tion d’an­nonce, le troi­sième doit ins­tau­rer la consul­ta­tion de fin de trai­te­ment, réunis­sant on­co­logue, in­fir­mier co­or­don­na­teur psy et médecin trai­tant. Ce der­nier est ap­pe­lé à de­ve­nir pi­vot de l’après- cancer, pour que les ma­lades ne se re­trouvent plus dans un trou noir, une fois la phase lourde de trai­te­ments ter­mi­nés.

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