Un­bra­queur­tra­hi­par­sa­bise

Le Parisien (Paris) - - Faitsdivers - STÉ­PHANE SELLAMI

Son geste de com­pas­sion lui a été fa­tal. Un homme soup­çon­né d’avoir par­ti­ci­pé à une vio­lente sé­ques­tra­tion, sui­vie d’un cam­brio­lage dans une bi­jou­te­rie pa­ri­sienne, vient d’être confon­du par les po­li­ciers du 2e dis­trict de po­lice ju­di­ciaire ( DPJ). Le ra­vis­seur pré­su­mé a été tra­hi par… un bi­sou dé­po­sé sur la joue de sa vic­time.

Les faits re­montent au 27 avril 2013. Vers 19 h 30, la gé­rante d’une bi­jou­te­rie du XXe ar­ron­dis­se­ment re­gagne son do­mi­cile. Ar­ri­vée sur son pa­lier, deux hommes en­ca­gou­lés la sur­prennent avant de la for­cer à en­trer chez elle. So­li­de­ment at­ta­chée sur une chaise, Anne*, âgée de 56 ans, ter­ro­ri­sée, voit alors un de ses agres­seurs s’em­pa­rer d’une bou­teille et lui en dé­ver­ser le conte­nu sur la tête. L’homme lui pré­cise qu’il vient de l’as­per­ger d’es­sence et qu’il n’hé­si­te­ra pas à en­flam­mer le car­bu­rant si elle ne se montre pas co­opé­ra­tive. « Elle a fi­na­le­ment four­ni les codes du sys­tème d’alarme et ceux des coffres de sa bou­tique, confie une source proche de l’af­faire. Un des deux agres­seurs s’y est en­suite ren­du pour y dé­ro­ber ar­gent et bi­joux. »

nL’ADN

iso­lé... sur la joue de la vic­time

Sé­ques­trée pen­dant près de quatre heures, Anne est fi­na­le­ment li­bé­rée par un de ses kid­nap­peurs, qui com­met alors une er­reur. « Ce mal­frat a em­bras­sé sa vic­time sur la joue, semble- t- il, en signe de com­pas­sion après le cal­vaire qu’il ve­nait de lui faire en­du­rer, pour­suit la même source. Une fois libre, la vic­time a aus­si­tôt aler­té la po­lice. »

Entrent alors en scène les spé­cia­listes de la po­lice scien­ti­fique. Ces der­niers ef­fec­tuent un pré­lè­ve­ment au ni­veau de la joue de la bi­jou­tière. « Un es­poir exis­tait de pou­voir y iso­ler l’em­preinte gé­né­tique de son agres­seur, ajoute la même source. Un ADN a pu être ef­fec­ti­ve­ment iso­lé. Il a en­suite été en­re­gis­tré dans le Fi­chier na­tio­nal au­to­ma­ti­sé des em­preintes gé­né­tiques ( FNAEG) » . Quelques mois plus tard, les en­quê­teurs du 2e DPJ ap­prennent que cette em­preinte a « mat­ché » avec un ADN dé­jà en­re­gis­tré, cor­res­pon­dant à un cer­tain Pierre G.

La trace de cet homme, âgé de 20 ans, mène les po­li­ciers du cô­té de Nîmes ( Gard). Le 22 jan­vier, il est fi­na­le­ment re­trou­vé dans une cel­lule de la pri­son de la ville où il vient d’être in­car­cé­ré pour d’autres faits. Pla­cé en garde à vue, il nie les faits dans un pre­mier temps, ar­guant avoir sim­ple­ment ser­vi de « guet­teur » à ses com­plices, avant de pas­ser aux aveux. Pierre G. re­con­naît de­vant les po­li­ciers avoir bel et bien em­bras­sé sa vic­time pour « at­té­nuer son trau­ma­tisme » . Les in­ves­ti­ga­tions se pour­suivent pour re­trou­ver ses com­plices. * Le pré­nom a été chan­gé.

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