Ber­ba­tov, un­sa­cré­nu­mé­ro

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Le Parisien (Paris) - - Sports - MO­NA­CO De notre cor­res­pon­dant FLO­RIAN FIESCHI

Di­mi­tar Ber­ba­tov, l’at­ta­quant aux mille vies, aux mille fa­cé­ties. Comme si le des­tin du bu­teur avait épou­sé l’ima­gi­na­tion des plus grands écri­vains d’Eu­rope de l’Est pour des­si­ner les contours d’une in­trigue in­croyable. Ce ré­cit com­mence d’em­blée par une drôle d’his­toire. Une de celles que l’an­cien de Ful­ham ne peut ou­blier. Ce­la se passe le 19 août 1999. Un en­traî­ne­ment ap­pa­rem­ment comme les autres pour le jeune no 9 du CSKA So­fia. Mais cette séance, l’élé­gant Ber­ba­tov ne l’achè­ve­ra ja­mais. Il est en ef­fet kid­nap­pé par des proches du ma­fieux Geor­gi Iliev, éga­le­ment pré­sident du club ri­val de Kyus­ten­dil. Iliev veut tout sim­ple­ment s’ac­ca­pa­rer les ta­lents du pro­dige par les armes. Même si le joueur se­ra li­bé­ré un peu plus tard, la nou­velle re­crue de l’ASM garde en mé­moire cette mésa­ven­ture : « Ce­la m’a per­mis de de­ve­nir l e joueur que je suis, confiait le prin­ci­pal in­té­res­sé à la presse bri­tan­nique. Très tôt, j’ai in­té­gré que le foot­ball était plus qu’un mé­tier. Cet évé­ne­ment m’a trans­for­mé en quel­qu’un de spé­cial. »

Tout au long de sa car­rière, le Bul­gare vou­dra d’ailleurs dé­mon­trer qu’il est un joueur à part. A Tot­ten­ham, ce lon­gi­ligne at­ta­quant ( 1,89 m) marque les es­prits comme ja­mais. Ques­tion de style. Et de classe aus­si. « Pour les fans des Spurs, il reste une lé­gende, dé­crit John Ben­nett, re­por­ter pour la BBC. Dans ce club, on n’avait pas l’ha­bi­tude de voir pa­reil phé­no­mène. Il était si élé­gant. » A tel point que Man­ches­ter Uni­ted l’en­ga- ge dans la fou­lée pour un mon­tant de 38 M€. Alex Fer­gu­son ne le trouve pas as­sez tra­vailleur et le laisse sou­vent sur le banc. Las, quatre ans plus tard, Ber­ba­tov s’en­vole vers Ful­ham. « Lorsque je suis par­ti, je n’ai pas dit au re­voir à Fer­gu­son. Il ne le mé­ri­tait pas » , ex­plique- t- il pour jus­ti­fier son trans­fert.

A l’ins­tar de Zla­tan Ibra­hi­mo­vic, ce­lui qui compte 48 buts pour 78 sé­lec­tions avec l’équipe de Bul­ga­rie, est donc un sa­cré nu­mé­ro. Un homme ca­rac­té­riel qui peut mettre en pé­ril un col­lec­tif dé­jà consti­tué. « Il n’y au­ra pas de sou­ci à Mo­na­co, souffle Jean- Luc Et­to­ri, an­cien por­tier de la mai­son asé­miste. Même si Di­mi­tar Ber­ba­tov a un ca­rac­tère bien trem­pé, Clau­dio Ra­nie­ri sait te­nir un groupe. Et puis il y a éga­le­ment Eric Abi­dal, que je connais, et il n’hé­si­te­ra pas à le re­mettre à sa place. » Mais alors qu’il a i ns­crit 4 buts seule­ment cette sai­son, peu­ton ima­gi­ner Ber­ba­tov ( 33 ans) comme l’atout num é r o u n d e l’ASM ? « Son ar­ri­vée, c’est tout bé­nef, re­prend Et­to­ri. En plus, on sait qu’avec lui, c’est une oc­ca­sion, un but. En ça, il res­semble à Fal­cao. »

« Cette sai­son, il n’a pas mar­qué beau­coup parce que l’équipe ne se re­po­sait pas sur ses qua­li­tés, es­time Steve Wyeth, jour­na­liste an­glais. Mais avec des jeunes joueurs de l’ASM qui courent par­tout, Ber­ba­tov va ra­pi­de­ment re­trou­ver le che­min des fi­lets. Pour­quoi ? Parce que c’est un bu­teur ré­gu­lier. » En Pre­mier League, l’an­cien de MU to­ta­lise 95 buts. A quand le pre­mier en Ligue 1 ?

Même si Ber­ba­tov a un ca­rac­tère bien trem­pé, Abi­dal n’hé­si­te­ra pas à le re­mettre

à sa place”

Jean- Luc Et­to­ri, an­cien gar­dien de Mo­na­co

( ici avec le maillot de Ful­ham),

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